vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | BERA EDOUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024, M. A B, représenté par Me Béra, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer une carte de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, à défaut, d'ordonner le réexamen de sa situation en lui délivrant, le temps de cet examen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation, par son conseil, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou sur la seule base de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et sa demande n'a pas fait l'objet d'un examen personnalisé ;
- le préfet s'est placé en situation de compétence liée au regard de la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides et de la cour nationale du droit d'asile ;
- il y a violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il y a violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il y a erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- il y a erreur de droit ou erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a fait l'objet précédemment d'aucune mesure d'éloignement.
Le préfet de la Côte-d'Or a produit 9 pièces, enregistrées le 24 mai 2024, et 3 pièces, enregistrées le 4 juin 2024.
Vu :
- la décision du 21 mai 2024 accordant à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. C, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de M. E, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant kosovare, né le 22 septembre 1995, entré irrégulièrement en France le 2 octobre 2022, a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 décembre 2022, puis par la cour nationale du droit d'asile le 5 septembre 2023. Sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 6 février 2024. Par un arrêté du 23 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 23 avril 2024 :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué rappelle le parcours de M. B devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, fait état de sa situation familiale, de ce qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, et qu'il n'apporte aucun élément de nature à établir que sa vie serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine ou qu'il y serait soumis à un traitement contraire à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ainsi, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé, et ses motifs ne sont ni stéréotypés, ni composés de formules trop générales. Pour les mêmes raisons, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. B n'aurait pas fait l'objet d'un examen personnalisé, alors même que l'arrêté ne fait pas mention d'une personne qui serait le compagnon de M. B.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or, s'il a rappelé le parcours de M. B devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, se serait cru en situation de compétence lié au regard des décisions de ces deux organismes. Au contraire, ainsi qu'il a été dit au point 2, il a examiné par lui-même si la vie du requérant serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine ou s'il y serait soumis à un traitement contraire à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Pour soutenir que ces stipulations ont été méconnues, M. B se borne à énoncer des considérations générales sur la situation des personnes homosexuelles au Kosovo, à se référer à son dossier déposé auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et à des allégations très imprécises sur sa propre situation au Kosovo, sans produire aucune pièce justificative.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". A l'appui de son moyen tiré de la violation de ces stipulations, M. B se borne à alléguer qu'il vit en France avec son compagnon, sans le justifier aucunement. Son moyen ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ". Contrairement à ce que soutient M. B, il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du territoire en date du 16 janvier 2023. Alors même que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, cette circonstance, ainsi que l'absence de circonstances humanitaires, dont le préfet fait état, sont de nature à motiver la décision attaquée, et à la justifier au fond. Les moyens tirés du défaut de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent dès lors qu'être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Béra. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. C La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2401480
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026