LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2401489

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2401489

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2401489
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDJERMOUNE YASSINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Djermoune, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui renouveler le certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui renouveler le certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision de refus de titre de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

S'agissant de la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet ne lui a pas accordé un délai de départ supérieur à trente jours bien qu'elle soit inscrite à l'université de Bourgogne au titre de l'année universitaire 2023-2024 ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont sont entachées les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une décision du 27 mai 2024, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 29 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au

16 août 2024.

Une pièce a été enregistrée le 22 septembre 2024 pour Mme B, après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Ben Hadj Younes, substituant Me Djermoune, pour Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née en 1997, est entrée régulièrement en France en août 2021 munie d'un visa de type D portant la mention " étudiant " et valant certificat de résidence valable jusqu'au 15 octobre 2022. Elle s'est inscrite en Master 1 " Sciences du

langage ", au sein de l'université de Bourgogne. Le 30 septembre 2022, l'intéressée a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par une ordonnance n° 2303342 du 8 décembre 2023, le juge des référés a suspendu la décision implicite née le 30 janvier 2023 par laquelle le préfet de la

Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a enjoint à l'administration de procéder à un nouvel examen de sa demande. Par un arrêté du 8 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a rejeté la demande de renouvellement du titre de séjour présentée par Mme B, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Mme B en demande l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne la légalité de la décision de refus de renouvellement au séjour :

2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. En l'espèce, la décision en litige vise notamment les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le titre III du protocole annexé de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a également précisé l'état civil de la requérante, les modalités de son entrée sur le territoire français, les raisons pour lesquelles il estimait qu'elle n'avait pas fait preuve de sérieux dans les études entreprises ainsi que sa situation personnelle et familiale. Il s'ensuit que la décision en litige énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui la fonde pour mettre Mme B en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la requérante fait valoir qu'en se fondant uniquement sur les données de l'année universitaire 2022-2023, le préfet a entaché sa décision d'un défaut d'examen suffisant de sa situation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des échanges de courriels produits en défense, que l'administration s'est enquise le 29 janvier 2024 auprès de Mme B de son cursus universitaire et qu'en réponse, l'intéressée l'a informée qu'elle était inscrite pour la troisième année consécutive en Master 1 " Sciences du langage " qu'elle n'avait donc pas validé. Par suite la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse n'aurait pas été précédée d'un examen particulier et complet de sa situation personnelle qui a porté sur l'ensemble de son parcours.

5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention "étudiant" ou "stagiaire" () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire présentée par un ressortissant étranger en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.

6. Pour refuser à Mme B le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", le préfet de la Côte-d'Or a relevé que l'intéressée, qui s'est inscrite à l'université de Bourgogne pour l'année universitaire 2021-2022 en première année de Master " Science du langage ", a été défaillante aux examens et qu'elle s'est à nouveau inscrite en première année de Master " Sciences du langage " pour l'année universitaire 2022-2023. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours de cette deuxième année en Master 1, en dépit de son assiduité aux cours, la requérante a été, à nouveau, défaillante aux examens en ne parvenant pas à valider la totalité de ses unités d'enseignement ainsi qu'à terminer son mémoire de recherche, de sorte qu'elle s'est réinscrite, pour la troisième fois, en première année de Master " Science du langage " pour l'année universitaire 2023-2024. Par ailleurs, si Mme B fait valoir, sans du reste l'établir, avoir été suivie par un psychologue au cours de l'année 2002-2023, elle ne démontre pas que ses difficultés psychologiques l'auraient empêchée de suivre normalement son cursus universitaire. Dans ces conditions, le préfet de la Côte-d'Or n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en estimant que le parcours universitaire de Mme B démontrait un manque de sérieux dans les études entreprises et n'a pas méconnu les stipulations précitées du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.

8. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 et 4, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours :

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".

10. La circonstance que Mme B doit rédiger le mémoire lui permettant de valider son année d'enseignement d'ici septembre 2024, ne permet pas d'établir que le préfet aurait commis une erreur manifeste en fixant à trente jours le délai de départ volontaire alors qu'il n'est pas démontré qu'elle ne pourrait entreprendre la rédaction de son mémoire dans son pays d'origine. Surtout, il n'est pas établi, ni même allégué qu'elle a formé une demande tendant au bénéfice d'un délai supérieur au délai de trente jours prévu par les dispositions précitées. Par suite le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

11. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 8 avril 2024. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

14. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or en application des mêmes dispositions doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Djermoune.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La rapporteure,

V. C

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions