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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2401607

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2401607

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2401607
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU
Avocat requérantDESPRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 mai et 26 juin 2024, M. F A représenté par Me Desprat demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 23 avril 2024 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de procéder à un nouvel examen de sa situation et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son avocat au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même si l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordée.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions :

- les décisions sont entachées d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier et complet de sa situation.

En ce qui concerne la décision refusant de l'autoriser à résider en France au titre de

l'asile :

- elle méconnait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- il était en droit de se maintenir sur le territoire français à la date à laquelle a été prise la décision attaquée dès lors que le préfet ne rapporte pas la preuve que la décision de la Cour nationale du droit d'asile rejetant sa demande d'asile lui a été notifiée ;

- son droit à être entendu a été méconnu ;

- la décision méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision fixant le pays de renvoi méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Des pièces, enregistrées le 29 mai 2024, ont été versées à l'instance par le préfet de la Côte-d'Or.

Par une décision du 17 juin 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D ;

- les observations de M. E, représentant le préfet de la Côte-d'Or qui, après avoir pris connaissance du mémoire de M. A enregistré le 26 juin 2024 mais communiqué tardivement en raison d'un dysfonctionnement de l'application Télérecours, conclut au rejet de la requête ; il fait valoir que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soulevé à l'encontre des décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français est inopérant ; la recevabilité de la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade déposée par le requérant sur le site de l'ANEF n'a pas encore été examinée et ne lui ouvre par conséquent aucun droit au maintien sur le territoire français ; le requérant aurait dû déposer cette demande, pour qu'elle soit recevable, dans les trois mois suivant l'enregistrement de sa demande d'asile ; en tout état de cause, il n'établit pas que l'interruption de sa prise en charge médicale, qui n'est du reste plus justifiée après le mois d'août 2023, l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité et ne pourrait pas être assurée dans son pays d'origine ; les autres moyens invoqués seront écartés comme non fondés ;

- M. A n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant de la République du Congo né le 28 septembre 1968 est entré en France le 21 janvier 2023 et y a sollicité l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 6 juillet 2023, notifiée le

7 juillet 2023 et confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 11 avril 2024. Par la présente requête M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Par une décision du 17 juin 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions :

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 8 avril 2024, régulièrement publié le 10 avril 2024 au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme C, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, pour signer les décisions contestées en cas d'absence ou d'empêchement du délégataire de premier rang, M. B. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

6. En l'espèce l'arrêté attaqué vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 424-1, L. 424-9, le 4° de l'article L. 611-1 et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a également précisé l'état civil du requérant, les modalités de son entrée sur le territoire français, le rejet de sa demande d'asile ainsi que sa situation personnelle et familiale. Enfin, il a relevé qu'aucune circonstance ne justifiait que l'intéressé ne puisse pas poursuivre sa vie personnelle et familiale dans son pays d'origine. Il s'ensuit que l'arrêté attaqué, alors même qu'il ne fait pas état de la pathologie de l'intéressé, énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui le fonde pour mettre M. A en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

7. En troisième lieu, alors que le requérant n'apporte pas la moindre précision sur les risques de persécutions auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine et n'établit pas, par les pièces qu'il verse à l'instance, que l'interruption de la prise en charge médicale dont il bénéficiait au mois d'août 2023 l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité et ne pourrait pas être assurée au Congo, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de la Côte-d'Or, qui n'avait pas à énoncer de manière exhaustive l'intégralité des éléments caractérisant la situation de

M. A, aurait négligé, au vu des informations portées à sa connaissance, de procéder à un examen particulier et complet de la situation de ce dernier.

En ce qui concerne la légalité de la décision refusant l'autorisation de séjourner en France au titre de l'asile :

8. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

9. M. A soutient qu'en refusant de l'autoriser à séjourner en France, le préfet de la Côte-d'Or a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il est exposé à des persécutions en cas de retour au Congo, qu'il a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade justifiée par une prise en charge médicale dont l'interruption l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il a tissé sur le territoire français des liens amicaux. Toutefois, le risque de mauvais traitements ne saurait être utilement invoqué pour contester la légalité d'une décision de refus de séjour qui n'a pas, par

elle-même, pour objet de le renvoyer dans son pays d'origine. En tout état de cause, aucune pièce versée à l'instance ne permet d'établir la réalité du risque allégué alors, au surplus, que la demande d'asile de M. A a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. Par ailleurs, le dépôt le 15 avril 2024 sur le site de l'ANEF d'une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade n'ouvre à l'intéressé aucun droit au maintien sur le territoire français. En tout état de cause, il n'établit pas par le seul certificat médical daté du 21 août 2023 versé à l'instance indiquant qu'il bénéficiait de séances d'hémodialyse au centre hospitalier universitaire de Dijon, que l'interruption de ce traitement l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni qu'il ne pourrait pas être soigné à l'hôpital de Brazzaville qui, ainsi que cela ressort de la littérature scientifique produite par le requérant, prend en charge les patients souffrant d'insuffisance rénale. Enfin il est constant que M. A résidait en France depuis moins de deux ans à la date de la décision attaquée et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où réside son épouse et où il a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-cinq ans. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, M. A qui n'établit ni avoir fixé le centre de ses intérêt privés et familiaux en France, ni être inséré socialement ou professionnellement à la société française, n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet doit être également écarté.

10. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant dès lors que la décision refusant d'autoriser M. A à séjourner en France au titre de l'asile n'a pas, par elle-même, pour objet de le renvoyer dans son pays d'origine.

11. En dernier lieu, M. A ne saurait se prévaloir des dispositions du 9° de l'article

L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont plus en vigueur depuis le 29 janvier 2024.

En ce qui concerne la légalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance ".

13. Il résulte des dispositions précitées qu'à compter de la lecture en audience publique ou, s'il est statué par ordonnance, à compter de la notification d'une décision de rejet par la Cour nationale du droit d'asile, l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Ainsi, les décisions prises par la Cour nationale du droit d'asile, qui ne sont pas en l'espèce susceptibles d'un recours suspensif d'exécution, doivent être regardées comme revêtant un caractère définitif au sens et pour l'application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des données issues de l'application informatique TelemOfpra, qui en vertu de l'article R. 531-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font foi jusqu'à preuve du contraire, que la décision rejetant la demande d'asile de M. A a été lue en audience publique de la Cour nationale du droit d'asile le

11 avril 2024. A la date d'édiction de la décision litigieuse, le 23 avril 2024, M. A ne bénéficiait donc plus du droit de se maintenir sur le territoire français.

14. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

15. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-1, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande d'asile.

16. En l'espèce, lors de la présentation de sa demande d'asile, M. A a été mis à même de présenter toutes les observations pertinentes sur sa situation personnelle. Il n'avait donc pas à être spécifiquement invité à formuler de nouvelles observations avant l'édiction de la mesure d'éloignement. De surcroît, le requérant n'établit pas avoir été empêché de faire état auprès de l'autorité préfectorale de nouveaux éléments de nature à influer sur le sens de la décision entre le rejet de sa demande d'asile et l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français en litige. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (). ".

18. Ainsi que cela a été exposé au point 9 du jugement, si M. A soutient qu'il doit demeurer en France afin de bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé et qu'il a déposé une demande de titre de séjour dans ce but, il se borne à produire un certificat médical rédigé le 21 août 2023, soit près de huit mois avant la décision attaquée, qui indique qu'il bénéficiait de séances d'hémodialyse au centre hospitalier universitaire de Dijon sans toutefois préciser que l'interruption de ce traitement l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, le requérant, qui verse lui-même à l'instance des articles issus de revues scientifiques mentionnant que les patients souffrant d'insuffisance rénale sont pris en charge à l'hôpital de Brazzaville, n'établit pas que les traitements adaptés à sa pathologie seraient indisponibles dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

19. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet, de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du non respect des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés pour les mêmes motifs qu'exposés, respectivement, aux points 9, 10 et 11 du jugement.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

20. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les persécutions ou menaces de persécutions prises en compte dans la reconnaissance de la qualité de réfugié et les atteintes graves ou menaces d'atteintes graves pouvant donner lieu au bénéfice de la protection subsidiaire peuvent être le fait des autorités de l'Etat, de partis ou d'organisations qui contrôlent l'Etat ou une partie substantielle du territoire de l'Etat, ou d'acteurs non étatiques dans les cas où les autorités définies au premier alinéa de l'article L. 513-3 refusent ou ne sont pas en mesure d'offrir une protection. "

21. M. A soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait exposé à des persécutions. Toutefois, l'intéressé n'apporte pas le moindre commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Sa demande d'asile a, au demeurant, été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant la République du Congo comme pays de renvoi.

22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 23 avril 2024 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'autoriser à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire présentées par M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, au préfet de la Côte-d'Or et à

Me Desprat.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

O. D La greffière,

M. G

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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