mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401962 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | PINTO ALICE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, M. E G A, représenté par Me Pinto, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, conformément aux dispositions de l'article L.614-16 du CESEDA et de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation, par son conseil, du bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou sur la seule base de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français, il appartiendra au préfet de produire l'arrêté attaqué, à défaut celui-ci sera entaché d'un défaut de motivation ;
- le signataire de l'arrêté était incompétent ;
- il y a insuffisance de motivation et défaut d'examen de sa situation ;
- sans la preuve d'une notification régulière de la décision de la cour nationale du droit d'asile, il bénéficie d'un droit au maintien sur le territoire ;
- il y a violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il y a erreur manifeste d'appréciation ;
- en ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire, elle est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par la voie de l'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination, elle est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par la voie de l'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il y a violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de la Côte-d'Or a produit sept pièces au dossier le 25 juin 2024.
Vu :
- la décision du 1er juillet 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à M. A ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. D, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Mme B, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant bangladais, entré irrégulièrement en France le 8 novembre 2022, a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 octobre 2023, puis par la cour nationale du droit d'asile le 15 avril 2024. Par un arrêté du 24 mai 2024, produite au dossier par ses soins, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. C'est la décision attaquée dans la présente requête.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 24 mai 2024 :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été produit par le préfet de la Côte-d'Or, conformément aux termes de l'article L. 776-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de ce que l'arrêté ne serait pas motivé dans l'hypothèse où celui-ci ne serait pas produit par l'administration ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, par un arrêté du 8 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département le 10 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme C, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes au nombre desquels figurent les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur et du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué retrace le parcours de M. A devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, fait état des éléments de sa vie privée et familiale, précise qu'aucune circonstance de l'espèce ne justifie qu'il ne puisse poursuivre sa vie privée et familiale dans son pays d'origine, où il n'établit pas qu'il serait isolé en cas de retour. Il est ainsi suffisamment motivé. Pour les mêmes raisons, il ne ressort pas plus des pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 532-57 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire ". Il ressort des pièces du dossier que le recours formé par M. A devant la cour nationale du droit d'asile a été rejeté par une décision du 15 avril 2024, notifiée le 15 mai 2024, ainsi qu'en atteste, sauf preuve contraire non rapportée en l'espèce, la fiche TelemOfpra produite par le préfet. Il s'ensuit que M. A ne soutient pas utilement qu'il ne pouvait être éloigné du territoire français en l'absence de la preuve de la notification d'une décision de la cour nationale du droit d'asile
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". La décision portant obligation de quitter le territoire français n'impliquant pas par elle-même que M. A quitte le territoire à destination d'un pays déterminé, le moyen soulevé à l'encontre de cette décision et tiré de la violation de ces stipulations est inopérant.
7. En sixième lieu, la seule circonstance alléguée, et tiré de ce que M. A a été embauché à compter du 3 janvier 2024 en qualité de salarié dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée n'est pas de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
8. Il résulte des points 2 à 6 ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen tiré de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de cette décision, ne peut par suite qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, il résulte des points 2 à 6 ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen tiré de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de cette décision, ne peut par suite qu'être écarté.
10. En second lieu, à l'appui de son moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. A, dont les demandes devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile ont été rejetées, ne se prévaut que de considérations générales sur la situation au Bangladesh. Le moyen doit ainsi être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête de M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E G A, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Pinto. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
P. D La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026