mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | DESPRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 juin et 8 juillet 2024, M. A F, représenté par Me Desprat, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de réexaminer sa situation administrative, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, en application de l'article L. 911.3 du code justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation, par son conseil, du bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou sur la seule base de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. F soutient que :
- en ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées, le signataire de l'arrêté était incompétent ;
- il y a insuffisance de motivation ;
- il y a défaut d'examen de sa situation ;
- il n'y a pas de preuve de la notification de la décision de rejet de la demande d'asile et de la fin de son droit au maintien sur le territoire ;
- il y a violation de son droit à être entendu ;
- il y a violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et erreur manifeste d'appréciation ;
- il y a violation de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en ce qui concerne plus spécifiquement la décision portant obligation de quitter le territoire français, il y a défaut d'examen de sa situation ;
- il n'y a pas de preuve de la notification de la décision de rejet de la demande d'asile et de la fin de son droit au maintien sur le territoire ;
- il y a violation de son droit à être entendu ;
- en ce qui concerne plus spécifiquement la décision fixant le pays de destination, elle est illégale du fait de l'illégalité, constatée par voie d'exception de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il y a violation de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de la Côte-d'Or a produit six pièces au dossier le 25 juin 2024 et une pièce le 9 juillet 2024.
Vu :
- la décision du 1er juillet 2024 accordant à M. F l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. D, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Desprat, représentant M. F, et de Mme B, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant congolais, entré irrégulièrement en France le 3 juin 2023, a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 octobre 2023, puis par la cour nationale du droit d'asile le 25 avril 2024. Par un arrêté du 23 mai 2024, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. C'est la décision attaquée dans la présente requête.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 23 mai 2024 :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 8 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département le 10 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme C, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes au nombre desquels figurent les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur et du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice d'enregistrement de la demande d'asile de M. F, que celui-ci a été informé de ses droits à formuler une demande d'admission au séjour sur un autre fondement que celui de l'asile, dans une langue qu'il comprend. Le moyen tiré du défaut d'une telle information manque ainsi en fait.
4. En troisième lieu, le préfet de la Côte-d'Or a pu produire la fiche Télémofpra établissant que la décision de la cour nationale du droit d'asile du 25 avril 2024 a été notifiée le 10 mai 2024. Le moyen tiré de l'absence de notification de la décision de la cour nationale du droit d'asile ne peut ainsi qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué retrace le parcours de M. F devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, et fait état des éléments de sa vie privée et familiale. Il est ainsi suffisamment motivé, en des termes qui ne sont nullement stéréotypés.
6. En cinquième lieu, et pour les mêmes raisons qu'au point 5 ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or n'ait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.
7. En sixième lieu, M. F conservait la faculté, pendant la durée d'instruction de son dossier de demande d'asile et avant l'intervention de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, de faire valoir auprès de l'administration tous éléments de nature à influer sur le contenu de ces mesures. Par suite, il n'a pas été privé du droit d'être entendu.
8. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". A l'appui de son moyen, M. F se borne à faire brièvement état de la durée de son séjour en France et de ses attaches familiales. Il invoque également sa participation à des évènements musicaux ou sportifs. Toutefois, alors qu'il n'est entré en France que depuis un an, et qu'il est célibataire et sans enfant, le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Cependant, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'impliquant pas que le requérant quitte le territoire à destination d'un pays déterminé, le moyen est inopérant.
En ce qui concerne le pays de destination :
10. En premier lieu, en admettant même que les moyens examinés aux points 2 à 8 soient également soulevés par voie d'action à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, il y a lieu des les écarter pour les mêmes motifs.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 8 ci-dessus que le moyen tiré de l'illégalité, constaté par voie d'exception, de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En troisième lieu, à l'appui de son moyen tiré de la violation des textes visés au point 9 ci-dessus, M. F s'est borné à soutenir qu'il " est bien évident que la décision [du préfet de la Côte-d'Or] comporterait pour [sa] situation personnelle des conséquences extrêmement graves et qu'elle doit être annulée au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ", sans préciser aucunement la nature de ces conséquences extrêmement graves. Par un mémoire complémentaire, produit quelques heures seulement avant l'audience, il ne se prévaut que de la situation générale au Congo, et d'un avis de recherche qui aurait été émis à son encontre le 6 janvier 2023, dont l'authenticité ne peut être établie. Dans ces conditions, et alors que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis la cour nationale du droit d'asile ont rejeté ses demandes, comme il a été dit au point 1 ci-dessus, le moyen ne peut qu'être également écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête de M. F ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. F doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Desprat. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
P. D La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026