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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402191

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402191

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402191
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. C, qui demandait l'annulation de la décision du préfet de l'Yonne refusant le regroupement familial pour son épouse. Le tribunal a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur d'appréciation, car les ressources de M. C sur la période de référence (mai 2022 à mai 2023) étaient inférieures au SMIC mensuel moyen. Cette solution est fondée sur les articles L. 434-7, L. 434-8 et R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 28 mai 2024 par laquelle le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse.

M. C soutient que le préfet de l'Yonne a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet de l'Yonne soutient que le moyen invoqué par M. C n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boissy,

- et les observations de Me Reis substituant Me Rannou, représentant le préfet de l'Yonne.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant marocain titulaire d'une carte de résident en France valable jusqu'au 25 janvier 2034, a présenté le 23 juin 2023 une demande de regroupement familial au profit de son épouse. Par une décision du 28 mai 2024, dont M. C demande l'annulation, le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ". L'article L. 434-8 du même code dispose que : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte (). Ces ressources doivent atteindre un montant () qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Enfin, aux termes de l'article R. 434-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".

3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédent le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période.

4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'enquête conduite par les services de la direction territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 15 septembre 2023 que, durant la période de référence de douze mois, comprise entre les mois de mai 2022 à mai 2023, M. C n'a pas justifié d'un revenu mensuel moyen au moins égal au salaire minimum de croissance. Le préfet de l'Yonne n'a dès lors pas entaché sa décision du 28 mai 2024 d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Sa requête doit par suite être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de l'Yonne.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 29 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. Boissy

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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