vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | SI HASSEN MYRIAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, M. D E, représenté par Me Si Hassen, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, a abrogé l'attestation de demande d'asile en sa possession, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de réexaminer sa situation et de prendre une nouvelle décision dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation, par son conseil, du bénéfice de l'aide juridictionnelle.
M. E soutient que :
- le signataire de l'arrêté était incompétent ;
- il y a insuffisance de motivation ;
- en ce qui concerne la décision de refus de séjour, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- en ce qui concerne la décision portant abrogation de son attestation de demande d'asile, elle est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par la voie de l'exception, de la décision de refus de séjour ;
- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par la voie de l'exception, de la décision de refus de séjour ;
- il y a violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il y a violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination, elle est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par la voie de l'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il y a violation de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de la Côte-d'Or a produit six pièces au dossier le 10 juillet 2024.
Vu :
- la décision du 1er juillet 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à M. E ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. B, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Si Hassen, avocate de M. E, et M. C, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant congolais né le 2 mai 1976, entré irrégulièrement en France le 2 novembre 2023, a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 février 2024, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 5 juin 2024 par une décision devenue définitive. Par un arrêté du 11 juin 2024, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, a abrogé l'attestation de demande d'asile en sa possession, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 11 juin 2024 :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 8 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département le 10 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme A, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes au nombre desquels figurent les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur et du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué retrace le parcours de M. E devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, fait état des éléments de sa vie privée et familiale, précise qu'aucune circonstance de l'espèce ne justifie qu'il ne puisse poursuivre sa vie privée et familiale dans son pays d'origine, où il n'établit pas qu'il serait isolé en cas de retour. Il est ainsi suffisamment motivé, alors même qu'il n'aurait pas repris tous les éléments caractérisant un risque en cas de retour de M. E dans son pays d'origine, et alors qu'il n'est pas établi que l'ensemble de ces éléments aient été portés à la connaissance du préfet.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
4. Pour soutenir qu'il encourrait des risques en cas de retour dans son pays d'origine, M. E se borne à verser au débats une carte d'adhérent à un parti politique, et un document intitulé " avis de recherche ", qui n'a été présenté ni à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ni à la Cour nationale du droit d'asile, bien qu'il leur soit antérieur, sans justifier des circonstances dans lesquelles il lui est parvenu, et des motifs de sa production tardive. Eu égard à la faible valeur probante de ce document, le préfet de la Côte-d'Or n'a entaché son arrêté d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision d'abrogation de l'attestation de demande d'asile :
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen tiré de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de cette décision, ne peut par suite qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen tiré de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de cette décision, ne peut par suite qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". La décision attaquée retient que M. E est célibataire et sans enfant, qu'il a toujours vécu au Congo jusqu'à son arrivé en France à l'âge de 47 ans, et qu'il ne sera pas isolé en cas de retour dans son pays d'origine. Au regard de ses éléments, la seule circonstance, invoquée dans la requête que, entré récemment en France, il se serait " vite intégré " n'est pas de nature à caractériser une violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". La décision portant obligation de quitter le territoire français n'impliquant pas par elle-même que M. E quitte le territoire à destination d'un pays déterminé, le moyen soulevé à l'encontre de cette décision et tiré de la violation de ces stipulations est inopérant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 8 ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen tiré de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de cette décision, ne peut par suite qu'être écarté.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Pour les motifs exposés au point 4 ci-dessus, le moyen tiré de la violation des ces dispositions doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. E tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juin 2024 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. E doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Si Hassen. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
P. B La greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
No 24021940
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026