LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402211

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402211

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402211
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 1 JU
Avocat requérantSI HASSEN MYRIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2024, Mme G A B représentée par Me Si Hassen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'autoriser à séjourner en France au titre de l'asile, a abrogé son attestation de demande d'asile, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour, ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles sont insuffisamment motivées.

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

- elle a été prise sans examen particulier de sa situation ;

- elle a été prise en violation des articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'abrogation de l'attestation de demande d'asile :

- elle doit être annulée en ce qu'elle procède de la décision de refus de titre de séjour

elle-même illégale.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle doit être annulée en ce qu'elle procède de la décision de refus de titre de séjour,

elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et a été prise en violation de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle doit être annulée en ce qu'elle procède de la décision d'éloignement elle-même illégale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante une somme de

500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 1er juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative, en vigueur jusqu'au 15 juillet 2024, pour statuer sur les requêtes prévues à l'article L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 4 septembre 2024.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- les observations de Me Si Hassen représentant Mme A B, présente également, qui a repris les moyens et conclusions de sa requête, et de M. E représentant le préfet de la

Côte-d'Or, qui s'en remet aux écritures en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G A B ressortissante colombienne née le 16 juin 2005 est entrée en France en décembre 2022, en compagnie de son père, pour y solliciter l'asile. Sa demande a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) du

8 août 2023, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 15 mai 2024. Par arrêté du 14 juin 2024, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens soulevés contre l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, par un arrêté du 8 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département le 10 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme D, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes au nombre desquels figurent les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur et du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions dont il fait application, notamment les dispositions des articles L. 424-1, L.424-9 ; L.542-1, L. 611-1 4°, L.612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il retrace le parcours de Mme A B devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, et fait état des éléments de sa vie privée et familiale. Il est ainsi suffisamment motivé.

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

4. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de la requérant afin de prendre cette décision. Le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit par suite être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Mme A B aurait déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 422-1, L. 423-23 ou L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. En tout état de cause, elle ne justifie pas trouver dans une situation lui ouvrant un droit au séjour en tant qu'étudiante, dès lors qu'il ressort des informations qu'elle a elle-même communiquées qu'elle est entrée en France alors qu'elle était âgée de plus de

16 ans, qu'elle a achevé sa formation en fin d'année scolaire 2024 sans justifier d'une inscription dans un cycle d'études supérieures, et qu'elle ne dispose pas de moyens d'existence suffisants. Elle est entrée en France il y a moins de deux ans, et n'y dispose pas d'autres liens familiaux que ceux entretenus avec son père, qui ne justifie lui-même d'aucun droit au séjour en France. Si elle a réussi à s'intégrer de façon très satisfaisante dans le système scolaire, grâce à ses efforts pour apprendre le français et son assiduité, ce qui lui a permis de suivre un cycle de formation professionnelle " accompagnant grand âge ", sa situation ne relève pas pour autant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni d'une situation justifiant une régularisation à titre exceptionnel. Les moyens tirés de la violation des articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent par suite être écartés.

En ce qui concerne les autres décisions :

6. Il résulte de ce qui précède que la décision de refus de séjour n'est pas illégale. Par suite, les moyens tirés de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevés contre la décision d'abrogation de l'attestation de demandeur d'asile et contre la décision d'éloignement, ne peuvent qu'être écartés.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. "

8. Il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or aurait négligé de procéder à un examen attentif et complet de la situation de Mme A B, laquelle, ainsi qu'il a été dit au point 5., ne justifie pas se trouver dans une situation lui ouvrant droit au séjour. Les moyens tirés du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et de la violation de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent par suite être écartés.

9. En troisième lieu, si elle bénéficie du soutien du proviseur de l'établissement dans laquelle elle a été scolarisée, ainsi que de ses professeurs, Mme A B ne justifie pas de liens privés et familiaux particulièrement stables et intenses, en France, où elle séjourne depuis moins de deux ans. Par suite, la mesure d'éloignement contestée ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive à droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.

10. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision soulevé contre la décision fixant le pays de destination ne peut être accueilli.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du 14 juin 2024 doivent être rejetées.

Sur les conclusions en injonction :

12. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de Mme A B quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le préfet de la

Côte-d'Or, qui au demeurant ne justifie pas avoir exposé pour les besoins de la défense de l'Etat dans le présent litige des dépenses excédant les charges de fonctionnement normales de ses services.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A B, au préfet de la

Côte-d'Or et à Me Si Hassen.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La magistrate désignée,

M-E C

La greffière,

M. F

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

N°2402211

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions