vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | BIGARNET VALENTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Bigarnet, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 7 juillet 2024 par lesquels le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- la décision portant assignation à résidence est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
Des pièces, enregistrées le 10 juillet 2024, ont été produites par le préfet de la Côte-d'Or.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Zancanaro en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 11 juillet 2024 à 14 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, en présence de Mme Kieffer, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Zancanaro, première conseillère,
- les observations de Me Bigarnet, représentant M. A, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans sa requête, y ajoutant que :
* la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et a été prise en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans procède d'une erreur d'appréciation ;
- les observations de M. C, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a précisé que les moyens nouveaux soulevés à l'audience ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant kosovare né le 16 mai 1995 à Dragash, est entré irrégulièrement en France le 7 août 2018. Le 7 juillet 2024, toujours présent en France malgré deux précédentes mesures d'éloignement des 26 août 2020 et 6 septembre 2022, non exécutées, l'intéressé a fait l'objet d'un contrôle d'identité des services de gendarmerie de Messigny et Vantoux. A la suite de son audition réalisée le même jour par les services de gendarmerie, le préfet de la Côte-d'Or l'a, par des arrêtés du 7 juillet 2024, obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. A en demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté du 18 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 22 janvier suivant, du reste visé par la décision en litige et aisément consultable en ligne, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme Ghayou, secrétaire générale adjointe, lors des permanences de week-ends, de jours fériés et de jours chômés, pour l'ensemble du département et en fonction du tour de permanence préétabli, à l'effet de signer les actes en toutes matières à l'exception de ceux au nombre desquels ne figure pas l'acte en litige. Le requérant ne conteste pas que cette situation fût effectivement constituée à la date de la décision attaquée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est entré irrégulièrement en France en 2018, a déposé une demande d'asile le 14 août 2018, puis a sollicité le réexamen de sa demande d'asile le 25 août 2020 ainsi qu'un second réexamen le 2 mars 2021. A la suite des rejets successifs de ses demandes d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et en dépit de deux mesures d'éloignement prises à son encontre en 2020 et 2022, M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. En outre, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, dispose d'attaches anciennes, intenses et stables en France. Il n'apporte aucun élément de nature à justifier qu'il serait isolé dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans et où résident ses parents. Enfin, la promesse d'embauche produite ne peut être regardée comme un gage suffisant d'insertion dans la société française. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. En troisième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'impliquant pas que M. A soit éloigné à destination du pays de réadmission ou de son pays d'origine, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en raison des risques de mauvais traitement dans le pays de renvoi, est inopérant à l'encontre de la décision contestée et doit, par suite, être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
7. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, M. A n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la légalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, M. A n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
9. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :
10. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision obligeant M. A à quitter territoire français n'est pas entachée de l'illégalité alléguée. Par suite, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre l'arrêté portant assignation à résidence, ne peut qu'être écartée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 7 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Bigarnet.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée,
V. ZancanaroLa greffière,
S. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2402227
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026