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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402271

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402271

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402271
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Grenier, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à venir ;

2°) de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec droit au travail, dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle vit sur le sol français de manière régulière depuis plus de dix ans et qu'elle est mère d'un enfant français qui souffre de graves problèmes de santé et que par ailleurs, l'urgence est présumée en matière de refus de renouvellement de titre de séjour ;

- la situation dans laquelle elle est placée porte atteinte à la liberté d'aller et venir, le droit au travail ainsi qu'au respect de sa vie privée et familiale qui constituent des libertés fondamentales ;

- cette atteinte est grave et manifestement illégale, dès lors qu'elle a produit les documents nécessaires pour se voir renouveler son titre de séjour, en application de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-347 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en qualité de juge des référés, en vertu des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Mme B, née en 1989 à Getachen, en Azerbaïdjan, est entrée en France en 2009 et soutient y avoir vécu régulièrement depuis plus de dix ans, le dernier titre produit à l'instance étant valable du 11 avril 2021 au 10 avril 2023. Pour justifier sa saisine du juge du référé liberté, l'intéressée se prévaut de la décision du 19 février 2024 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour au motif de l'incomplétude des pièces justificatives relatives à sa nationalité, alors même qu'il aurait, " par le passé " considéré qu'elle justifiait précisément de son identité et de sa nationalité en produisant le jugement supplétif d'acte de naissance délivré par le tribunal judiciaire de Chalon-sur-Saône le 18 janvier 2018. Toutefois, les éléments dont se prévaut la requérante qui, d'une part, a attendu le 11 juillet 2024 pour saisir le juge du référé liberté, et, d'autre part, qui dispose d'un hébergement, vit avec son conjoint et leur enfant, et ne verse à l'instance aucun document de nature à apprécier ses conditions de ressources, ne suffit pas à caractériser une situation d'urgence telle que la requiert l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour justifier une intervention à très bref délai du juge des référés impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressé pour information au préfet de Saône-et-Loire.

Fait à Dijon, le 15 juillet 2024.

La juge des référés,

V. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

2402271

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