jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | DESPRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, M. A D représenté par
Me Desprat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 1er février 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire n°830338 délivré le 23 décembre 2015 à Bamako contre un permis de conduire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange de permis de conduire sollicité ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son avocat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même si l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordée.
Il soutient que :
- la décision est signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision, motivée par une prétendue falsification de son permis de conduire malien, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 août 2024 la clôture de l'instruction a été fixée au
5 septembre 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Rousset et les observations de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a sollicité le 21 octobre 2023, l'échange de son permis de conduire malien délivré le 23 décembre 2015 à Bamako sous le n°830338, contre un permis de conduire français. Par une décision du 1er février 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande au motif que le permis de conduire analysé est une contrefaçon. L'intéressé a formulé un recours gracieux le 15 février 2024 qui a fait l'objet d'un rejet implicite. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler la décision du 1er février 2024 lui refusant l'échange de son permis de conduire.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. D, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
4. En premier lieu, la décision contestée a été signée, pour le préfet de la Loire-Atlantique, par Mme B C, directrice du centre d'expertise et de ressources titres échange de permis de conduire étrangers de la préfecture de la Loire-Atlantique, qui disposait, à cet effet, d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 10 janvier 2024 régulièrement publié le 11 janvier 2024 au recueil des actes administratifs de la préfecture et dont la portée est suffisamment précise. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En vertu de l'article
L. 211-5 du même code, la motivation doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.
6. En l'espèce, la décision du 1er février 2024 indique que le refus d'échange de titre en litige est opposé sur le fondement de l'article R. 222-3 du code de la route et de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen. La décision précise également que le permis de conduire de M. D présente de nombreuses différences avec le document authentique et que ce document est une contrefaçon. Si le préfet a, de manière inexacte, mentionné sur la décision litigieuse le Niger au lieu du Mali comme pays de délivrance du permis de conduire, cette erreur de plume est sans incidence sur la légalité de la décision. Par suite, l'arrêté du 1er février 2024, est suffisamment motivé.
7. En troisième lieu, il résulte des dispositions du C de l'article 7 de l'arrêté du
12 janvier 2012 susvisé que le titre de conduite étranger ne peut être échangé contre un permis de conduire français que si son authenticité est établie. L'intéressé peut, lors de l'instruction de sa demande par l'administration comme à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision refusant l'échange pour absence d'authenticité du titre, apporter la preuve de son authenticité par tout moyen présentant des garanties suffisantes.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'examen technique du
17 janvier 2024, dont les résultats ont été confirmés par un second rapport d'examen technique du 23 juillet 2024, réalisé par un analyste en fraude documentaire que le permis de conduire malien n°830338, numéro de support 268198.D, produit par M. D à l'appui de sa demande présente, d'une part, des mentions fixes réalisées en impression jet d'encre alors que pour le document authentique, l'impression est en matricielle à impact, et, d'autre part, au recto comme au verso du document, un fond d'impression et des mentions préimprimées également réalisés en impression jet d'encre, au lieu d'une impression offset. Ces deux rapports concluent à l'existence d'une contrefaçon. Ainsi, et alors que, M. D n'apporte aucun élément permettant d'expliquer les anomalies relevées, le préfet de la Loire-Atlantique a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation opposer l'absence d'authenticité du permis malien qui lui était présenté pour refuser de procéder à l'échange sollicité. Le moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
9. En dernier lieu, si M. D soutient que la décision viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, cette allégation est dépourvue de toute justification circonstanciée dans ses écritures et n'est étayée par aucune pièce versée à l'instance. Dès lors le moyen ne peut qu'être écarté comme manifestement non assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il ressort de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées et, par voie de conséquence, les conclusions qu'il forme à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. D ou à son conseil de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au ministre de l'intérieur et à Me Desprat.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique et au bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
O. RoussetLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026