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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402324

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402324

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402324
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. A, qui demandait l’octroi de congés bonifiés pour 2025 et des dommages-intérêts pour le refus de ceux-ci en 2024. Les conclusions à fin d’injonction ont été jugées manifestement irrecevables, car le juge ne peut adresser d’injonctions à titre principal en dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. Les conclusions indemnitaires ont également été rejetées pour irrecevabilité, faute pour le requérant d’avoir produit la décision administrative préalable exigée par les articles R. 421-1 et R. 412-1 du même code, malgré une demande de régularisation. La requête a donc été rejetée sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) de condamner l'administration pénitentiaire à lui accorder des congés bonifiés entre mi-juillet et début septembre 2025 ;

2°) de condamner l'administration pénitentiaire à lui verser des dommages intérêts en réparation du préjudice résultant de son refus de lui accorder des congés bonifiés en 2024.

Par un courrier du greffe du 17 juillet 2024, M. A a été invité à régulariser ses conclusions indemnitaires en communiquant la décision prise par l'administration sur sa réclamation préalable ou, en l'absence d'une telle décision, la justification avec date certaine du dépôt de cette réclamation.

Par un mémoire enregistré le 26 juillet 2024 M. A informe le tribunal qu'il n'est pas en mesure de régulariser ses conclusions indemnitaires en produisant les pièces demandées par le courrier du greffe du 17 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. () ".".

Sur les conclusions à fin d'injonction :

2. En dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, le juge administratif ne peut adresser des injonctions à titre principal à l'administration.

3. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de lui accorder des congés bonifiés entre mi-juillet et début septembre 2025. De telles conclusions d'injonction formées à titre principal sont manifestement irrecevables.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (). ". Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée () ".

5. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 17 juillet 2024, M. A n'a pas produit la décision par laquelle sa demande indemnitaire préalable aurait été rejetée et n'a pas davantage justifié de l'impossibilité de produire une telle décision ni avoir formulé une telle demande. Il s'ensuit que ses conclusions indemnitaires tendant à ce que l'Etat soit condamné à réparer le préjudice que lui aurait causé l'administration pénitentiaire en refusant de lui accorder des congés bonifiés en 2024, sont manifestement irrecevables.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête présentée par M. A est manifestement irrecevable et peut dès lors être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A

Fait à Dijon, le 10 septembre 2024.

Le président,

O. Rousset

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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