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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402366

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402366

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402366
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Renoux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or d'effectuer les démarches nécessaires, notamment de mise à jour de son dossier de permis de conduire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de procéder aux démarches administratives nécessaires dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la conduite sans permis constitue une infraction pénale et qu'il n'a toujours pas été destinataire du titre de permis de conduire qui devait lui être restitué ;

- cette mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors que par un jugement n° 0600143 du 27 juillet 2006, le tribunal administratif a annulé la décision du préfet de la Côte d'Or en date du 6 janvier 2006 lui enjoignant de restituer son permis de conduire ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors que depuis 2006, aucune rectification de ses données personnelles n'a été réalisée par les services compétents, la consultation de son relevé intégral d'information faisant toujours apparaître un permis invalide ; il n'a été informé de cette situation qu'à l'occasion d'un récent contrôle routier ; aucune demande en ligne auprès de l'agence nationale des titres sécurisés (ANTS) ne pourra être réalisée tant que le préfet n'aura pas modifié son relevé d'information intégral.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 521-3 du code de justice administrative dispose : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. M. B saisit le juge des référés des difficultés qu'il rencontre pour voir rectifier la mention relative à l'annulation de son permis de conduire figurant sur son relevé d'information intégral (RII) alors même que, par un jugement du 27 juillet 2006, le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision du préfet de la Côte-d'Or lui enjoignant de restituer ledit permis devenu nul pour défaut de point.

4. D'une part, M. B argue d'une situation d'urgence en raison de ce que la conduite sans permis constitue une infraction pénale et qu'il ne saurait être victime de l'inertie de l'administration. Cependant, si le requérant allègue n'avoir été informé de sa situation administrative qu'à l'occasion d'un récent contrôle routier, il résulte des informations portées sur le relevé d'information intégral produit que, compte tenu des nombreuses infractions dont il a fait l'objet depuis 2006, l'intéressé pouvait difficilement ignorer cette situation administrative. En outre, M. B ne produit aucun élément justifiant que la condition d'urgence est effectivement remplie au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. D'autre part, en raison du nombre d'infractions commises par l'intéressé, la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse au sens des dispositions précitées.

6. Enfin, sous couvert de son conseil, M. B a demandé au préfet de la Côte-d'Or, par courrier du 14 mars 2024, de procéder aux rectifications matérielles présentes sur le relevé d'information intégral et d'en tirer toutes les conséquences administratives, notamment en rétablissant la validité de son permis de conduire. Or, la mesure sollicitée ferait également obstacle à l'exécution de la décision implicite de refus de faire droit à cette demande née du silence gardé par le préfet de la Côte-d'Or pendant plus de deux mois.

7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est manifestement pas fondé à solliciter l'intervention du juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Sa requête, y compris sa demande accessoire relative aux frais du litige, doit être rejetée selon la modalité définie par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Côte-d'Or.

Fait à Dijon, le 22 juillet 2024.

La juge des référés,

N. ACH

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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