vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402426 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | KHANIFAR |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 juillet 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a renvoyé au tribunal administratif de Dijon les requêtes, enregistrées le 18 juillet 2024 sous les n° 2402426 et 2402427, par lesquelles M. A B, représentée par Me Khanifar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence avec l'obligation de se présenter quotidiennement aux services de police et lui a enjoint de remettre ses documents d'identité ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Des pièces, enregistrées le 19 juillet 2024 et le 22 juillet 2024, ont été produites par le préfet de Saône-et-Loire dans les dossiers n° 2402426 et 2402427.
M. B, représenté par Me Khanifar, a présenté le 31 juillet 2024 des mémoires complémentaires dans les dossiers n° 2402426 et 2402427, par lequel il conclut aux mêmes fins que ses requêtes.
M. B soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
- il n'est pas établi que la signataire bénéficie d'une délégation de signature ;
- elle est entaché d'un défaut d'examen ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entaché d'un défaut d'examen ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et inscription aux fins de non admission dans le système Schengen :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entaché d'un défaut d'examen ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant assignation à résidence, obligation de présentation aux services de police et de remise des documents de voyage :
- il n'est pas établi que la signataire bénéficie d'une délégation de signature ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entaché d'un défaut d'examen ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Desseix en application des dispositions des articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Desseix, magistrate désignée, a présenté son rapport lors de l'audience publique, en présence de Mme Kieffer, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 6 juillet 1996, déclare être entré irrégulièrement en France en juin 2020. Par un arrêté du 16 juillet 2024, le préfet du Puy-de-Dôme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Chalon-sur-Saône pour une durée de 45 jours, et lui a fait obligation de se présenter quotidiennement aux services de police et de remettre ses documents d'identité. Par ses requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés du 16 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signée par M. Jean-Paul Vicat, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 5 avril 2024, régulièrement publié le même jour, portant délégation de signature à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Puy-de-Dôme se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. B préalablement à l'édiction l'arrêté du 16 juillet 2024.
4. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
5. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
6. En second lieu, les moyens tirés du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et inscription aux fins de non admission dans le système Schengen :
7. En premier lieu, la décision du préfet du Puy-de-Dôme portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
9. M. B ne fait état d'aucune circonstance humanitaire pouvant justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Par ailleurs, il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire pendant plusieurs années sans chercher à régulariser sa situation, il ne fait état d'aucune attache personnelle ou familiale ou d'intégration professionnelle. Dans ces conditions, et alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, le préfet n'a, en l'espèce, pas commis d'erreur d'appréciation en décidant de prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
10. En troisième lieu, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence, obligation de présentation aux services de police et de remise des documents de voyage :
11. En premier lieu, par un arrêté du préfet du Saône-et-Loire du 7 mai 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à M. C, chef de la section d'éloignement, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.
12. En deuxième lieu, la décision du préfet du Puy-de-Dôme portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
13. En troisième lieu, M. B fait valoir qu'il ne réside plus à Chalon-sur-Saône mais à Aulnat dans le département du Puy-de-Dôme et qu'il travaille depuis peu en tant qu'intérimaire dans le secteur du BTP à Clermont-Ferrand. Toutefois, il ne produit, à l'appui de ses allégations, aucun justificatif permettant d'identifier un domicile dans le département du Puy-de-Dôme. En outre, il ressort des termes de la décision que le préfet de Saône-et-Loire a pris en compte l'adresse dont le requérant avait justifié auprès des services de polices aux frontières de Clermont-Ferrand lors de son placement en retenue administrative. Dès lors, en assignant à résidence M. B dans l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, le préfet n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen de la situation de l'intéressé.
14. Enfin, la circonstance que M. B aurait perdu ses documents d'identité et de voyage est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Puy-de-Dôme, au préfet de Saône-et-Loire.
Copie sera transmise, pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Dijon le 2 août 2024.
La magistrate désignée,
M. DesseixLa greffière,
S. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire et au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
2 et 2402427
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026