jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402475 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RIQUET-MICHEL ADRIENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire, un mémoire ampliatif et un nouveau mémoire, enregistrés les 23 juillet, 6 août et 25 octobre 2024, M. B E, représenté par Me Riquet Michel, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024, par lequel le préfet de la Côte-d'Or a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il sollicite qu'il soit fait injonction à l'administration, avant dire droit, de communiquer l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen préalable de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice de procédure au regard des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'aucune mention n'est faite du certificat médical initial établi par le médecin qui le suit habituellement, ni de l'éventuelle convocation à fin de procéder à des examens ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son état de santé nécessite une prise en charge, que le défaut de soins aurait pour lui des conséquences graves et qu'il ne pourra bénéficier de soins appropriés en Tunisie ;
- le préfet n'a pas examiné sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, enregistrée le 16 octobre 2023, de sorte que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et a été prise en violation de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conditions de cette décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive, dès lors qu'elle a été enregistrée le 23 juillet 2024 et que l'arrêté en litige a été notifié le 22 juin 2024 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration, a produit, le 8 octobre 2024, à la demande du tribunal, le dossier médical de M. E, qui a été communiqué.
Par un mémoire, enregistré le 10 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des observations.
Il soutient que les traitements suivis par M. E sont disponibles en Tunisie.
Les parties ont été informées par une lettre du 29 octobre 2024 que cette affaire était susceptible, à compter du 18 novembre 2024, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 2 décembre 2024 par ordonnance du même jour.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hugez,
- et les observations de Me Riquet Michel, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, ressortissant tunisien, né en 1989 à Sfax en Tunisie, est entré régulièrement en France le 13 novembre 2018 et s'est vu délivrer des titres de séjour en qualité d'étudiant du 16 octobre 2019 au 20 décembre 2023. Il a formé le 19 octobre 2023 une demande de titre de séjour au titre de son état de santé. Par un arrêté du 19 juin 2024, le préfet de la Côte-d'Or a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. M. E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions tendant l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté litigieux que les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont motivées en droit par le visa de l'article L. 425-9 et du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en fait par les circonstances selon lesquelles l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale, un défaut de prise en charge peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, son état de santé peut lui permettre de voyager sans risques vers son pays d'origine, il n'apporte aucun autre élément relatif à son état de santé permettant de porter une appréciation différente de celle du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, il ne remplit en conséquence pas les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire au titre de son état de santé, il est célibataire et sans enfant, il n'établit pas être dépourvu de tout lien dans son pays d'origine, l'intensité, la stabilité et l'ancienneté de ses liens personnels en France et ses conditions d'existence ne sont pas telles qu'un refus de séjour puisse porter une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. De la même manière, les autres décisions contenues dans l'arrêté en litige comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté litigieux, qui manque en fait, doit, pour ce motif être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort une nouvelle fois des termes mêmes de l'arrêté litigieux que le préfet a successivement et notamment examiné la situation administrative de l'intéressé, la nature de la demande de titre qu'il a formée, les conclusions de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le concernant, les éléments médicaux portés à sa connaissance, sa situation personnelle et familiale et les liens de l'intéressé en France et en Tunisie. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. E ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, M. E soutient lui-même avoir été mis en possession d'une attestation de décision favorable sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 17 janvier au 15 juillet 2024 et l'autorisant à travailler à titre accessoire et produit lui-même cette attestation dans la présente instance. Les seules circonstances que cette attestation ne soit pas mentionnée dans l'arrêté en litige et que le préfet n'ait ni mentionné sa demande de renouvellement de ce titre ni l'octroi de ce titre ne sauraient, par elles-mêmes révéler un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors que l'arrêté en litige porte, non sur une demande de titre de séjour en qualité d'étudiant ou de renouvellement de ce titre, mais sur une demande de titre de séjour au titre de l'état de santé. En outre, la circonstance que M. E n'ait pas été mis en possession de ce titre de séjour en qualité d'étudiant est sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen soulevé tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa demande doit être écarté.
7. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est, en l'espèce, inopérant, dès lors que l'arrêté en litige ne statue pas sur une demande de titre fondée sur ces dispositions et, au surplus, dépourvu des précisions permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé.
8. En cinquième lieu, le moyen tiré de la violation des dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant, dès lors que ces dispositions ont été abrogées à la date du 1er mai 2021, par l'effet de l'article premier du décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020. Il ne peut, dès lors, qu'être écarté.
9. En sixième lieu, à supposer même que M. E puisse être regardé comme ayant entendu soulever un moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes duquel, d'une part, " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre " et d'autre part " le médecin de l'office () peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires ", il ressort de l'ensemble des pièces du dossier médical produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, contrairement à ce que soutient l'intéressé, que le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été établi à partir d'un certificat médical du docteur D A, médecin traitant du demandeur, que M. E a été convoqué par le docteur C pour être examiné le 22 décembre 2023, qu'il s'est présenté à cet examen et qu'il n'a pas été convoqué à des examens complémentaires. Le moyen soulevé, qui, au demeurant, se borne à sommer le préfet de justifier du respect de la procédure dont la méconnaissance est invoquée, sans être assorti d'aucune précision utile venant à son soutien, manque en fait et doit, pour ce motif, être écarté.
10. En septième lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".
11. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de ces dispositions, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès.
12. Par son avis du 21 février 2024, sur lequel s'est fondé le préfet de la Côte-d'Or pour prendre l'arrêté en litige, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et enfin qu'au vu des éléments du dossier, son état de santé pouvait lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine.
13. Il ressort des pièces du dossier que M. E souffre d'une vascularite cérébrale traitée depuis 2011 avec hémiparésie flasque gauche séquellaire et de varices ulcérées des membres inférieurs, nécessitant un suivi en médecine interne, en dermatologie et des soins d'infirmerie et de kinésithérapie, ayant pour conséquence une marche avec cannes et déambulateur et l'impossibilité d'exercer pour l'intéressé la pratique professionnelle du piano qui était la sienne. Si M. E soutient qu'il est reconnu handicapé, qu'il bénéficie de diverses aides et prestations, qu'il en a sollicité d'autres, qu'il a fait une évaluation neuropsychologique, qu'il a fait un séjour d'un mois et demi en centre de rééducation, contemporain de la décision attaquée, qu'il justifie de soins, que plusieurs rendez-vous médicaux sont programmés dans l'avenir, ces circonstances ne permettent pas de contester utilement les conclusions du rapport médical du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. S'il soutient qu'il ne pourra pas avoir accès à des structures spécialisées pour la prise en charge du handicap physique et qu'il ne peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, ces allégations, dépourvues de tout élément venant à leur soutien autre que des articles et publications à caractère général, sont contredites par les pièces du dossier, et notamment par les observations de l'Office français de l'immigration et de l'intégration mentionnant au contraire une absence de difficultés à se procurer les médicaments constituant le traitement actuel de M. E, qui ne mentionne pas même laquelle de ces spécialités ne serait, selon lui, disponible que dans une seule pharmacie de Tunisie. S'il soutient encore qu'il ne pourra accéder à un centre spécialisé dans les troubles du spectre autistique, il ne ressort pas des pièces du dossier que de tels troubles auraient été effectivement diagnostiqués, quand bien même l'intéressé souhaite s'engager dans une démarche d'un tel diagnostic. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En huitième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
15. Il ressort des pièces du dossier que M. E est célibataire et sans enfant, qu'il réside en France depuis un peu plus de cinq ans à la date de la décision attaquée, qu'aucun membre de sa famille ne réside en France mais que ses parents résident en Tunisie et sa sœur à New York. S'il soutient, dans ses écritures, qu'il a suivi un cursus universitaire en musicologie en France et qu'il est parfaitement intégré et inséré professionnellement en France, il ressort au contraire des pièces du dossier qu'il soutient lui-même, devant les différents médecins et professionnels de santé qui l'ont examiné, avoir des difficultés d'insertion professionnelle en raison de ses pathologies, qu'il envisage désormais une orientation en établissement ou service d'aide par le travail et qu'il n'établit par les seules pièces versées à l'instance, aucune attache personnelle en France. Dans ces conditions, les décisions attaquées ne portent pas à son droit à une vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, elles ne méconnaissent pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elles ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 juin 2024, par lequel le préfet de la Côte-d'Or a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de la Côte-d'Or, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. E, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les conclusions relatives à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
18. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E la somme demandée par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. E tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Adrienne Riquet Michel.
Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026