lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402552 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | MANHOULI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, M. B C, représenté par Me Manhouli, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 22 juillet 2024, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir, à son profit, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard.
Il soutient que :
- sa situation n'a fait l'objet d'aucun examen préalable ;
- la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a commis une erreur d'appréciation en ne prenant pas en compte sa situation de vulnérabilité, dès lors qu'il ne peut plus marcher sans douleurs aiguës, eu égard à la pathologie dont il souffre et que son état de santé l'empêche de chercher un logement et de déménager ses effets personnels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 12 août 2024 à 10 heures 15 minutes.
L'audience a été suspendu pendant environ dix minutes afin de permettre au conseil de la requérante de prendre connaissance du mémoire en défense de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez ;
- les observations de Me Manhouli, représentant M. B C, qui reprend la teneur de sa requête et des pièces qui l'accompagnaient, et qui insiste sur le dernier certificat médical qui a été produit, sur la limitation de la marche qui en résulte, l'absence de caractère probant des documents produits par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et sur la situation de particulière vulnérabilité qui en résulte.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 30 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant kino-congolais, né en 2005 en République démocratique du Congo, qui s'est vu refuser le bénéfice de l'asile sollicité le 26 juin 2023, a formé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du 22 juillet 2024, qui lui a été notifiée le même jour et dont il demande l'annulation au juge de l'excès de pouvoir, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 531-41 de ce code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. ".
5. Les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile. Dans le cas où elle envisage de refuser les conditions matérielles d'accueil sur le fondement de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité compétente de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'apprécier la situation particulière du demandeur au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il devait déférer pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil.
6. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que l'autorité compétente de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen préalable de la situation de M. C. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C souffre d'une tuméfaction douloureuse du pied gauche. Il produit un compte rendu échographique, antérieur d'environ un mois à la décision attaquée, mentionnant une " masse ovalaire () richement vascularisée, évoquant en premier lieu une malformation vasculaire à flux rapide ", un justificatif de rendez-vous en vue d'un examen d'imagerie par résonance magnétique et un certificat médical, manifestement établi pour les besoins de la cause, mentionnant le caractère probable de soins chirurgicaux à venir et de limitation des mouvements à ce moment, et la limitation de la marche sans douleur à une distance de 500 mètres actuellement. Toutefois, d'une part, si M. C soutient que cette pathologie l'empêcherait de rechercher un hébergement et de déménager ses effets personnels, il n'en justifie pas, par les seuls éléments médicaux qu'il produit à l'instance, alors au demeurant qu'il ressort également des pièces du dossier que M. C présente les symptômes qui viennent d'être décrits depuis longtemps. D'autre part, s'il se prévaut d'une opération possible à la suite de l'examen qu'il doit subir le 30 octobre 2024, il n'en justifie pas davantage, alors qu'il présente lui-même une telle intervention comme une éventualité, et ne justifie pas qu'elle puisse être programmée à court terme. Ainsi, les pièces produites par M. C ne permettent pas d'établir la particulière gravité de cette pathologie ni le caractère imminent de l'opération qu'il doit subir, ni la situation de particulière vulnérabilité qu'il allègue. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et le moyen soulevé doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 juillet 2024, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Ses conclusions à fin d'annulation, et par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Karima Manhouli.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon et au préfet de la Côte-d'Or.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2024.
Le magistrat désigné,
I. A
La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026