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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402592

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402592

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402592
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme A contestant la suspension de sa rémunération pour service non fait. La requête a été jugée manifestement irrecevable car introduite après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois, le recours gracieux tardif n'ayant pu proroger ce délai. La décision attaquée du 28 février 2024, notifiée le 29 février 2024, mentionnait les voies et délais de recours, rendant la requête du 31 juillet 2024 tardive. Le tribunal s'est fondé sur les articles R. 222-1 (4°), R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024, Mme B A :

1°) conteste la décision du 28 février 2024 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique a suspendu pour service non fait sa rémunération pour la période du 13 au 16 octobre 2023 et la décision du 29 juillet 2024 rejetant son recours gracieux du 4 juillet 2024 ;

2°) demande que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ;() ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 28 février 2024 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique a suspendu pour service non fait sa rémunération pour la période du 13 au 16 octobre 2023, ensemble, la décision du 29 juillet 2024 rejetant son recours gracieux du 4 juillet 2024. Toutefois, il est constant que la décision du 28 février 2024, qui comportait la mention des voies et délais de recours, a été notifiée à l'intéressée le 29 février 2024. Ainsi le délai de recours contentieux expirait le 30 avril 2024 à minuit sans que le recours gracieux de la requérante, adressé le 4 juillet 2024 à l'administration, n'ait pu avoir pour effet, de proroger ce délai. Si Mme A soutient que son état de santé la plaçait dans l'impossibilité d'exercer un recours dans le délai de deux mois qui lui était imparti, elle ne l'établit par aucune des pièces qu'elle verse à l'instance. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 28 février 2024, enregistrées au greffe du tribunal le 31 juillet 2024, ont été présentées après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois et sont, par suite, tardives. La décision du 29 juillet 2024 rejetant le recours gracieux formé par Mme A le 4 juillet 2024 a pour sa part le caractère d'une décision confirmative qui n'est en tout état de cause pas susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux.

4. Il résulte de ce qui précède que ces conclusions d'annulation, qui sont manifestement irrecevables, doivent être rejetées selon la procédure prévue au 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Enfin les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que réclame Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Dijon, le 2 septembre 2024.

Le président,

O. Rousset

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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