jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
| Avocat requérant | BIGARNET VALENTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 30 juillet 2024, enregistrée le 2 août 2024 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 15 juin 2024, M. B C, représenté par Me Bigarnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2024, par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2024, par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été privé du droit d'être informé et de présenter des observations avant l'édiction des décisions en litige, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- le préfet de police n'a pas procédé à un examen individuel et approfondi de sa situation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il est de nationalité française et n'entre donc pas dans le champ de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il est de nationalité française et n'entre donc pas dans le champ de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité ;
S'agissant de la décision portant fixation du pays de destination :
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il est de nationalité française et n'entre donc pas dans le champ de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il est de nationalité française et n'entre donc pas dans le champ de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2024, le préfet de police de Paris, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un arrêté du 14 juin 2024, le préfet de police a maintenu M. C dans les locaux d'un centre de rétention administrative ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour la durée strictement nécessaire à son départ de France.
Par une ordonnance du 16 juin 2024, le juge des libertés et de la détention a prononcé la remise en liberté de M. C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les observations de Me Bigarnet, représentant M. C, qui sollicite le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, qui soutient qu'il dispose de toutes ses attaches familiales en France et d'un logement à Nevers, et qui s'en rapporte à l'instruction écrite pour le surplus.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15 h 14.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né en 2006 à Yaounde au Cameroun, a été interpellé, dans le cadre d'une procédure de flagrant délit, pour vol en réunion avec arme, le 12 juin 2024, à Paris, puis a été placé en garde à vue. Par un arrêté, en date du 14 juin 2024, notifié le même jour à 20 h 12, le préfet de police de Paris a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a décidé de placer l'intéressé dans les locaux du centre de rétention de Paris à compter de la notification de cet arrêté. Par un second arrêté du même jour, notifié simultanément, ce préfet de police a prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler le premier de ces deux arrêtés, en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sans délai et qu'il fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, et le second de ces arrêtés. Par une ordonnance du 16 juin 2024, le juge des libertés et de la détention a prononcé la remise en liberté de M. C au motif de sa nationalité française.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. M. C fait valoir, comme il l'a d'ailleurs fait lors de son audition le 12 juin 2024 par les services de police du dix-septième arrondissement de Paris, sans toutefois l'établir dans la présente instance, qu'il est de nationalité française. Il ressort des termes de l'ordonnance du 16 juin 2014 du juge des libertés et de la détention que M. C était présent à l'audience, à l'issue de laquelle a été rendue cette ordonnance, et que cette juge a constaté que l'intéressé a produit devant elle un passeport français et une carte nationale d'identité française en cours de validité, qu'elle a considérés comme concordants quant à la nationalité française de M. C. Cette juge a, en particulier, constaté que rien n'indiquait, à l'examen des originaux, qu'il s'agisse de manière manifeste de faux documents. Par ailleurs, le préfet de police de Paris, représenté dans la présente instance, qui, au demeurant, présente le requérant dans son exposé des faits, par une erreur de plume manifeste, comme " de nationalité tunisienne ", alors qu'il le présente comme de nationalité camerounaise dans les arrêtés litigieux, n'apporte aucun élément en défense pour répondre aux différents moyens présentés par M. C, tirés de sa nationalité française et de ce qu'il n'entre pas, de ce fait, dans le champ des dispositions des articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fondant les différentes décisions en litige. Il ne soutient pas davantage que le passeport et la carte nationale d'identité présentés devant le juge judiciaire auraient été contrefaits ou qu'ils ne correspondraient pas à l'identité réelle de l'intéressé. Si ce préfet de police produit à l'instance diverses pièces, aucune d'elles ne permet de conclure à l'absence de nationalité française de l'intéressé. En l'absence de toute contestation sérieuse par le préfet de police de Paris de la nationalité française du requérant, eu égard aux constats opérés par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris et en l'état de l'instruction, M. C doit être regardé comme fondé à soutenir, dans la présente instance, qu'il n'entrait dans le champ des dispositions ni de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constituant la base légale de la mesure d'éloignement, ni des articles L. 612-2, L. 721-4 et L. 612-6 du même code fondant les autres mesures de police en litige et, pour ce motif et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2024, par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en tant que cet arrêté porte obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, et l'arrêté du même jour, par lequel ce préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 14 juin 2024, par lequel le préfet de police de Paris a obligé M. C à quitter le territoire français est annulé, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
Article 3 : L'arrêté du 14 juin 2024, par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois est annulé.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de police de Paris et à Me Valentin Bigarnet.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, au préfet de la Nièvre, au préfet de la Seine-Saint-Denis, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nevers et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bobigny.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
I. A
La greffière,
T. Mateos-Jobard
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026