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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402666

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402666

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402666
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 2 JU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de Monsieur B, ressortissant bangladais, contestant l'arrêté préfectoral du 3 juillet 2024 lui refusant l'admission au séjour au titre de l'asile, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté et a jugé que le préfet avait procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Il a également estimé que la décision de refus de séjour n'était pas entachée d'erreur d'appréciation, dès lors que la demande d'asile de l'intéressé avait été définitivement rejetée et qu'il n'établissait pas la réalité des risques personnels en cas de retour au Bangladesh. En conséquence, les décisions d'éloignement et de fixation du pays de renvoi, fondées sur ce refus de séjour, ont été jugées légales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, Monsieur G B, représenté par Me Manhouli, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au titre de l'aide juridiction provisoire ;

2°) d'annuler les décisions, contenues dans l'arrêté du 3 juillet 2024, par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'autoriser à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

En ce qui concerne la décision de refus d'admission au séjour :

- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation du requérant ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

En ce qui concerne les décisions d'obligation de quitter le territoire et fixant le pays de renvoi :

- elles sont illégales du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Nicolet, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Nicolet, magistrat désigné ;

- les observations de Mme D, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a conclu au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Monsieur B, ressortissant bangladais, né le 3 mars 1994, déclare être entré en France le 7 octobre 2023 afin d'y solliciter l'asile. Par une décision du 16 janvier 2024, sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une ordonnance du 31 mai 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions, contenues dans l'arrêté du 3 juillet 2024, par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'autoriser à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence, d'accorder au requérant l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :

3. Les décisions contestées ont été signées par Mme A E, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, investie à cet effet d'une délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F C, directeur de l'immigration et de la nationalité, en vertu d'un arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 8 avril 2024, publié le 10 avril 2024 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, et il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C n'aurait pas été absent ou empêché. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et doit, pour ce motif, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Côte-d'Or se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de l'intéressé avant de prendre à son encontre la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

5. En second lieu, Monsieur B, qui a déclaré être célibataire et ne pas avoir d'enfant, est présent sur le territoire français depuis moins d'un an à la date de la décision attaquée. S'il soutient qu'il risquerait de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour au Bangladesh dès lors qu'il serait recherché par la ligue Awami et qu'il serait accusé de meurtre, il n'établit pas la réalité des risques auxquels il serait exposé actuellement et personnellement en cas de retour dans son pays d'origine alors qu'au demeurant sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de séjour du requérant en France, il n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne les décisions d'obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :

6. La décision portant refus de séjour au titre de l'asile n'encourant pas la censure du tribunal, il est en vain excipé de son illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et, en tout état de cause, contre la décision fixant le pays de renvoi.

7. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête doit être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G B, au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

P. NicoletLa greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

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