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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402670

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402670

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402670
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. B contestant un certificat d'urbanisme négatif. Ce certificat, délivré par le maire de Saint-Germain-Chassenay, interdisait la construction d'une habitation sur son terrain au motif qu'il se situait en dehors de la partie actuellement urbanisée de la commune. Le juge a estimé que le moyen soulevé par M. B était manifestement insusceptible de venir au soutien de sa demande, la parcelle étant isolée et sans construction à proximité. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 111-3 et L. 410-1 du code de l'urbanisme, ainsi que sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2024, M. A B conteste le certificat d'urbanisme négatif délivré le 9 juin 2024 au nom de l'Etat par lequel le maire de Saint-Germain-Chassenay a certifié que le terrain situé 13 bis route de Saint-Loup lieudit La Tuilerie lui appartenant, ne pouvait pas être utilisé pour la construction d'une habitation.

Il soutient que rien ne s'oppose à la construction d'une maison individuelle sur ce terrain à usage de pré.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. ". Aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".

3. Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées " en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune ", soit en dehors des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par ces dispositions, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre l'urbanisation de la commune à des parties encore non urbanisées. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.

4. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme négatif délivré le 9 juin 2024 au nom de l'Etat par lequel le maire de Saint-Germain-Chassenay a certifié que le terrain situé 13 bis route de Saint-Loup lieudit La Tuilerie lui appartenant, ne pouvait pas être utilisé pour la construction d'une habitation au motif qu'il était situé en dehors de la partie actuellement urbanisée de la commune.

5. A supposer que M. B ait entendu contester le motif qui fonde la décision en litige, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait de plan cadastral et des photographies qu'il a versés à l'instance, que sa parcelle située en lisière de forêt au sein d'un compartiment ne comportant aucune construction, ne peut être regardée comme comprise au sein d'une partie urbanisée de la commune.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, qui ne comporte qu'un moyen assorti de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien, peut être rejetée par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B

Fait à Dijon, le 8 octobre 2024.

Le président,

O. Rousset

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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