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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402692

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402692

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402692
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationREFERE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé, rejette la requête de M. C, ressortissant albanais, qui contestait son assignation à résidence dans l'arrondissement d'Autun. Le tribunal estime que le préfet de Saône-et-Loire a légalement fondé sa décision sur les articles L. 730-1 et L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. C n'ayant pas exécuté une précédente obligation de quitter le territoire français. Les arguments du requérant, notamment son changement d'adresse allégué et les difficultés à respecter les obligations de présentation, sont écartés faute de preuves suffisantes. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 22 août 2024, M. A C, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement d'Autun pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable une fois.

Il soutient que :

- lui et son épouse ont fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français contre laquelle une requête a été déposée ; une nouvelle demande de titre de séjour a été déposée par courrier mi-juillet ;

- Emmaüs Montceau a mis fin à leur compagnonnage ; ils logent chez sa sœur dans la Drôme ; ils souhaitent reprendre leur vie à Montceau-les-Mines ce qui sera possible dès qu'ils auront un titre de séjour ;

- sa famille ne peut pas pointer chaque jour à Montceau-les-Mines ;

- sa famille ne présente aucun danger ; ils sont totalement intégrés dans la vie quotidienne et souhaitent simplement rester en France, à Montceau-les-Mines ; ils ont occupé plusieurs emplois en qualité d'ouvriers viticoles, d'ouvrier dans le bâtiment, d'employée d'hôtellerie, ainsi que dans le secteur de l'aide à la personne et souhaitent travailler de nouveau ; ils vivent en France depuis sept ans.

La requête a été communiquée au préfet de Saône-et-Loire, qui n'a pas produit de mémoire de défense mais qui a produit des pièces, enregistrées les 7 et 8 août 2024, qui ont été communiquées.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, par une décision du 22 juillet 2024, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 22 août 2024 à 15 heures 15 minutes.

A été entendu au cours de l'audience publique, qui s'est tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience, le rapport de M. Hamza Cherief.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant albanais, né en 1982 en Albanie, soutient être entré sur le territoire français en 2017, sans établir la régularité de son entrée. Il a fait l'objet, le 19 septembre 2023, d'un arrêté du préfet de Saône-et-Loire lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. C n'ayant pas exécuté cette mesure d'éloignement dans le délai qui lui était imparti, le préfet de Saône-et-Loire l'a, par un arrêté du 18 juillet 2024, assigné à résidence dans l'arrondissement d'Autun pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable une fois. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. / La décision d'assignation à résidence peut être prise pour l'étranger accompagné d'un mineur. ". Aux termes du 1° de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; () ".

3. En premier lieu, M. C fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'il ne réside plus à Montceau-les-Mines mais à Bourg-lès-Valence dans le département de la Drôme, chez sa sœur, après qu'Emmaüs ait mis fin à son compagnonnage. Toutefois, les attestations produites par le requérant ne permettent pas, à elles seules, d'établir qu'Emmaüs aurait mis fin à son hébergement et qu'il résiderait effectivement dans le département de la Drôme, ainsi qu'il le fait valoir, l'intéressé ne démontrant pas, en outre, avoir effectué les diligences nécessaires, à la date de l'arrêté en litige, pour informer le préfet de son changement supposé d'adresse. Il n'établit pas non plus être dans l'impossibilité de respecter les obligations de présentation aux services de police prévues par l'arrêté attaqué, ni même que leur exécution serait incompatible avec sa situation personnelle ou celle de sa famille. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et de ce que sa famille ne peut pointer chaque jour à Montceau-les-Mines doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, l'intéressé n'établit pas qu'il aurait formé une requête à l'encontre de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 19 septembre 2023 et à l'exécution de laquelle il est constant qu'il s'est soustrait. Par ailleurs, et alors que M. C n'établit pas que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable, la triple circonstance que l'intéressé ait sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour, qu'il réside, avec sa famille, en France depuis sept ans ou ils sont bien intégrés, notamment sur le plan professionnel, et que sa famille ne présente aucun danger est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Dès lors l'ensemble de ces moyens doivent être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'assignation à résidence dont il fait l'objet.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de Saône-et-Loire.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.

Le magistrat désigné,

H. B

La greffière,

L. Lelong

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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