jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HAJI KASEM TAREK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2024, M. B A, représenté par Me Haji Kasem, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner, la suspension de la décision du 11 septembre 2023 par laquelle le préfet de Loire-Atlantique a rejeté sa demande d'échanger, contre un permis de conduire français, son permis de conduire turc ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loire-Atlantique, sous astreinte de cent euros par jour de retard, de délivrer une attestation de dépôt d'une demande d'échange de permis de conduire l'autorisant à conduire jusqu'au jugement de la requête au fond ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'État, à verser à Me Haji Kasem, qui renonce en ce cas expressément au bénéfice de la part contributive de l'Etat, la somme de 2 000 euros hors taxe, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
5°) dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat, à lui verser directement, la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il a signé un contrat de travail avec la société Amazon France, qu'il exerce ses fonctions de salarié sur le site de la société Amazon, situé à Augny, dans le département de la Moselle, qu'il est contraint de résider chez ses parents car il ne dispose pas encore des moyens financiers pour se loger à proximité de son lieu de travail, que la distance importante (d'environ soixante-dix kilomètres) entre son domicile et son lieu de travail rend l'utilisation des transports en commun impraticable en raison de leur insuffisance et de leur fréquence limitée, que l'absence de ce permis crée des obstacles à sa capacité de répondre aux besoins de sa famille et contribue à une détérioration potentielle de l'état de santé de son père et, enfin, qu'il n'est pas capable financièrement de payer les frais d'obtention d'un nouveau permis de conduire ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, le préfet de Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction de la requête de M. A et au rejet du surplus des conclusions.
Il indique que la décision de refus du 11 septembre 2023 a été abrogée et qu'il appartient à M. A de présenter une nouvelle demande.
Par un mémoire, enregistré le 21 août 2024, M. B A, représenté par Me Haji Kasem, déclare maintenir l'intégralité de ses conclusions.
Il soutient que malgré la production de l'intégralité des pièces justificatives requises, notamment celles prouvant sa résidence normale de cent quatre-vingt-cinq jours en Turquie, toutes ses demandes ont été rejetées et qu'il n'avait d'autre choix que de saisir le juge des référés pour obtenir une décision judiciaire contraignant la préfecture à lui délivrer une attestation l'autorisant à conduire jusqu'au jugement sur le fond.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 août 2024 sous le numéro 2402647 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cherief, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience le 22 août 2024 à 10 h 30.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme lelong, greffière d'audience, M. Cherief a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes du premier alinéa l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Eu égard à l'urgence il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction :
3. Il résulte de l'instruction, et il n'est au demeurant pas contesté, que, par une décision du 13 août 2024 postérieure à l'introduction de la présente requête, le préfet de la Loire-Atlantique (CERT) a abrogé la décision litigieuse du 11 septembre 2023 et invité M. A à présenter une nouvelle demande d'échange. Par suite, les conclusions à fin de suspension présentées par M. A sont devenues sans objet ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés à l'instance :
4. L'Etat versera au conseil de M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par M. A.
Article 3 : L'Etat versera au conseil de M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Haji Kasem.
Copie en sera adressée au préfet de Loire-Atlantique et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Dijon, le 22 août 2024.
Le juge des référés,
H. Cherief
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026