vendredi 16 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402791 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2024, Mme B C, représentée par Me Grenier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 24 juillet 2024, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a mis fin à sa prise en charge à l'abri de nuit de Dijon à compter du 5 août 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de l'admettre, de nouveau, au bénéfice de l'hébergement d'urgence, en lui proposant un hébergement et une prise en charge adaptés à sa situation et à celle de ses enfants, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinq cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie, dès lors qu'elle est isolée avec ses trois enfants mineurs, sans hébergement ni ressources depuis le 5 août 2024, en situation de détresse sociale, médicale et psychologique et que son admission au sein du dispositif de préparation au retour a été refusée au motif qu'elle n'entendait pas accepter l'aide au retour ;
- à titre subsidiaire, la décision est insuffisamment motivée ; elle ne mentionne notamment pas les éléments de fait qui permettent de considérer qu'elle ne remplirait plus les conditions de vulnérabilité ;
- à titre subsidiaire, elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- à titre principal, la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ; elle est sans abri, isolée avec ses trois enfants et dépourvue de toute ressource, en situation de détresse sociale ; elle remplit les conditions fixées par l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles pour bénéficier d'un dispositif d'hébergement d'urgence ; la saturation de ces dispositifs, qu'il appartient au préfet d'établir, est sans incidence légale sur l'application de ces dispositions ; aucune évaluation n'a été effectuée en méconnaissance des mêmes dispositions, pour l'orienter vers un dispositif plus adapté ; il ne peut lui être proposé une orientation vers le dispositif de préparation au retour, dès lors qu'elle n'entend pas exercer ce droit et qu'elle ne pourrait, donc, y accéder ; le dispositif de préparation au retour ne constitue pas un hébergement d'urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, en qualité de juge des référés, en vertu des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par une décision du 1er septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante kino-congolaise, née en 1982 en République démocratique du Congo, a déclaré être entrée sur le territoire français en janvier 2020, accompagnée de ses trois enfants mineurs. Comme cela ressort du jugement du 24 mars 2022 du tribunal administratif de Dijon, sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 14 décembre 2020 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et son recours dirigé contre cette décision a été rejeté le 27 août 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 10 décembre 2021, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement du 24 mars 2022, passé en force de chose jugée et devenu définitif, la magistrate désignée du tribunal administratif de Dijon a rejeté son recours dirigé contre cet arrêté. Mme C et ses enfants étaient hébergés depuis une date indéterminée à " l'abri de nuit " de Dijon. Par une lettre du 24 juillet 2024, le directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités de la Côte-d'Or l'a informée qu'elle ne serait plus prise en charge dans cet hébergement à compter du 5 août 2024, dès lors qu'elle ne répond plus " aux critères de vulnérabilité relatifs à (sa) prise en charge sur ce dispositif d'urgence " et l'a invitée à se présenter au service du dispositif de préparation au retour à compter de cette date. Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision et d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de la prendre en charge, avec ses trois filles, au titre du dispositif mentionné aux articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, en leur fournissant un hébergement adapté en dehors du dispositif de préparation au retour.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes qui sont tributaires de lui, caractérisent une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. D'autre part, l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse () ". L'article L. 345-2-2 du même code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". Aux termes de son article L. 345-2-3 : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée () ". Aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " Sont à la charge de l'Etat au titre de l'aide sociale : / () 8° Les mesures d'aide sociale en matière de logement, d'hébergement et de réinsertion, mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 () ".
5. D'une part, eu égard aux circonstances qui ont été rappelées au point 1 de la présente ordonnance, Mme C, qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français devenue définitive et dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, doit quitter le territoire français. Elle n'a, ce faisant, pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence.
6. D'autre part, pour soutenir qu'il y aurait urgence à prononcer la suspension demandée, Mme C se prévaut, par une argumentation générale et dépourvue de tout élément de justification venant à son soutien, de sa situation de femme isolée avec ses trois enfants mineurs, âgés de 6 ans, 9 ans et 14 ans, en situation de détresse sociale, médicale et psychologique et des circonstances selon lesquelles elle est privée de tout logement et de toute ressource et elle a été refusée par le dispositif de préparation au retour. Toutefois, la requérante, contrairement à ce qu'elle soutient, ne fait état d'aucune pathologie de nature à constituer une vulnérabilité particulière et ne produit aucune pièce justificative de nature à étayer l'allégation de détresse médicale. Elle n'apporte à l'instance aucun élément tendant à accréditer la circonstance selon laquelle elle aurait fait l'objet d'un refus par le service du dispositif de préparation au retour, alors même, d'une part, que la décision dont elle demande la suspension de l'exécution, l'invite, au contraire, à s'y présenter pour y être hébergée et, d'autre part, que, contrairement à ce qu'elle soutient, il ressort de l'instruction du 9 mai 2022 du ministre de l'intérieur et des outre-mer relative à la gestion du parc de places d'hébergement en dispositif de préparation au retour que ces places sont susceptibles de bénéficier tout à la fois à des étrangers qui ont manifesté la volonté de bénéficier de l'aide au retour volontaire, à des étrangers qui sont susceptibles d'y adhérer et, à titre exceptionnel, à des étrangers en situation irrégulière, non volontaires au retour aidé et sans domicile personnel, en particulier dans les différentes situations qu'énumère cette instruction de " mobilisation des places de DPAR en dehors du droit commun ", quand bien même ce dispositif de préparation au retour ne constitue pas un dispositif d'hébergement d'urgence.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui vient d'être dit que les circonstances alléguées ne sont pas, à elles seules et par les seuls éléments produits à l'instance, de nature à démontrer une atteinte grave et immédiate à la situation personnelle de la requérante.
8. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence n'étant pas remplie, les conclusions de Mme C tendant à la suspension de l'exécution de la décision contestée doivent être rejetées, dans le cadre de la procédure prévue par L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'admettre la requérante au bénéfice, à titre provisoire, de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à Me Mathilde Grenier.
Copie en sera adressée à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au préfet de la Côte-d'Or et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon, le 16 août 2024.
Le juge des référés,
I. A
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026