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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402798

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402798

samedi 17 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402798
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSI HASSEN MYRIAM

Résumé IA

**Sujet principal :** Demande de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour par une ressortissante marocaine en situation de précarité administrative. **Juridiction :** Tribunal administratif de Dijon (juge des référés). **Solution retenue :** Rejet de la requête pour défaut d’urgence caractérisée justifiant l’intervention du juge des référés dans un délai de 48 heures, la requérante n’établissant pas que l’absence de récépissé compromettait à très bref délai ses études, sa bourse ou son emploi. **Textes appliqués :** Article L. 521-2 du code de justice administrative (référé liberté) et articles R. 431-12 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 août 2024, Mme B C, représentée par Me Si Hassen, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie, dès lors qu'elle est placée dans une situation de précarité administrative et financière, ne pouvant plus faire de demande de bourse pour poursuivre ses études, ni exercer l'activité professionnelle annexe lui permettant de subvenir à ses besoins, ni poursuivre ses démarches d'inscription à l'institut régional supérieur du travail éducatif et social de Dijon et qu'elle est dépourvue de tout récépissé de demande de titre de séjour, alors même qu'aucune suite n'a été donnée à sa demande de titre de séjour ; l'urgence est présumée ;

- sa situation constitue une atteinte portée à sa liberté d'aller et venir et à sa liberté de travailler ;

- la délivrance d'un récépissé est expressément prévue aux articles R. 431-12 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A, en qualité de juge des référés, en vertu des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par une décision du 1er septembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante marocaine, née en 2003 à Fès, était titulaire d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiante, l'autorisant à travailler à titre accessoire, valable du 5 août 2023 au 4 août 2024. Elle a formé le 5 juin 2024 une demande de renouvellement de ce titre de séjour. Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer, dans un délai de quarante-huit heures, un récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, Mme C soutient qu'elle est dépourvue de récépissé de demande de titre de séjour depuis le 5 août 2024, qu'elle ne peut plus faire de demande de bourse et qu'elle ne peut poursuivre son activité professionnelle à titre accessoire ni ses démarches d'inscription à l'Institut régional supérieur du travail éducatif et social de Dijon. Toutefois, elle n'établit ni que son inscription dans cet institut n'aurait pu être réalisée, ni qu'elle serait compromise en l'absence de l'obtention, dans un délai très bref, du récépissé qu'elle sollicite, ni que l'obtention de la bourse qu'elle a sollicitée serait également rendue impossible en l'absence de ce récépissé, alors, au contraire, que le document qu'elle produit lui imposait seulement de justifier du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quinze jours venant à échéance en juin 2024, ni enfin qu'elle encourrait à très bref délai une mesure d'éviction de son emploi, alors que le contrat de travail produit avec l'association L'essentiel-le, qui est le seul des contrats produits ayant donné lieu à un bulletin de salaire contemporain de la présente ordonnance, est un contrat à durée indéterminée intermittent mentionnant qu'il est suspendu pendant les périodes de vacances scolaires. Ainsi, les circonstances alléguées ne sont pas de nature, eu égard également à la possibilité pour la requérante si elle s'y croit fondée, de former un recours selon les modalités prévues aux articles L. 521-1 ou L. 521-3 du code de justice administrative, à caractériser une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure ordonnée par le juge des référés dans un délai de quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C doivent être rejetées, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance. Il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter ses conclusions à fin d'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à Me Myriam Si Hassen.

Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Fait à Dijon, le 17 août 2024.

Le juge des référés,

I. A

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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