vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | WEIGEL GRÉGOIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 août 2024, M. E A et
Mme D A, représentés par Me Weigel, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2024 du directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Yonne refusant l'autorisation d'instruction en famille pour leur fille C au titre de l'année scolaire 2024-2025 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard du 2° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, dès lors que l'administration ajoute une condition non prévue par la loi en retenant que l'enseignement musical présenté ne définit pas un profil spécifique et que l'emploi du temps des activités artistiques doit s'adapter au temps d'instruction qui reste la priorité ;
-elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'ils justifient de la pratique artistique intensive de leur fille, dont les prédispositions ont été remarquées ; cette pratique, eu égard au volume horaire et au rythme des apprentissages journaliers, tant au sein du conservatoire qu'au titre du travail personnel, ne peut s'exercer parallèlement à une scolarisation dans un établissement d'enseignement ; l'intérêt de l'enfant réside dans la possibilité que ses parents lui offre est de développer ses talents musicaux tout en garantissant le meilleur niveau d'instruction possible.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2024, le recteur de l'académie de Dijon conclut au non-lieu à statuer sur la requête et à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir qu'il n'y plus lieu de statuer sur la requête, dès lors que le recours préalable des requérants a été rejeté par une décision du 30 août 2024, que les requérants n'ont pas attaquée, et à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une décision du 31 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
18 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision n° 2021-823 DC du Conseil constitutionnel du 13 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont seuls été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B et
les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont sollicité la délivrance d'une autorisation d'instruction en famille pour leur fille C A, née en 2017, au titre de l'année scolaire 2024-2025 en se prévalant d'une pratique artistique intensive. Par décision du 8 juillet 2024, le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Yonne a rejeté cette demande. Par courrier du 5 août 2024, M. et Mme A ont formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Par décision du 30 août 2024, la commission de l'académie de Dijon compétente en matière d'instruction en famille a rejeté ce recours et indiqué que C devra être scolarisée dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé au titre de l'année scolaire 2024-2025. M. et Mme A doivent être regardés comme demandant l'annulation de cette décision du 30 août 2024, qui s'est substituée à la décision du 8 juillet 2024.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 131-5 du code de l'éducation : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. () La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : () 2° La pratique d'activités sportives ou artistiques intensives () ". Aux termes de l'article R. 131-11-3 de ce code : " Lorsque la demande d'autorisation est motivée par la pratique d'activités sportives ou artistiques intensives, elle comprend :1° Une attestation d'inscription auprès d'un organisme sportif ou artistique ;2° Une présentation de l'organisation du temps de l'enfant, de ses engagements et de ses contraintes établissant qu'il ne peut fréquenter assidûment un établissement d'enseignement public ou privé ".
3. En premier lieu, les requérants soutiennent que la décision du 8 juillet 2024 du directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Yonne serait entachée d'erreurs de droit dès lors que l'administration ajoute une condition non prévue par la loi en retenant que l'enseignement musical présenté ne définit pas un profil spécifique et que l'emploi du temps des activités artistiques doit s'adapter au temps d'instruction qui reste la priorité. Toutefois, ce moyen sera écarté comme inopérant, la décision du 30 août 2024 de la commission académique de Dijon, qui s'est substituée à la décision du 8 juillet 2024, n'ayant pas repris de tels motifs.
4. En second lieu, M. et Mme A soutiennent qu'une inscription pour la rentrée scolaire 2024 dans un établissement scolaire public ou privé est incompatible avec la pratique artistique intensive de leur enfant. Ils font valoir que le suivi d'un cursus de formation musicale complet au sein du conservatoire du Grand Sénonais et les séances de travail personnel nécessitent, compte tenu de l'âge de leur fille et de l'éloignement du conservatoire, un aménagement de sa scolarisation. Ils se prévalent de l'accusé de réception de préinscription établi par le directeur du conservatoire du Grand Sénonais faisant état d'un volume horaire total de 3h45 hebdomadaire pour C, de sa participation à un concert par mois avec des répétitions supplémentaires, et de la nécessité de privilégier des cours et ateliers en journée.
5. Toutefois, il ressort de l'emploi du temps élaboré par les requérants que le cours d'orchestre à cordes du mercredi, le cours de chorale du mardi de 17h à 18h et le cours de formation musicale du vendredi de 17h à 18h, se déroulent à des horaires compatibles avec une scolarisation en école primaire. Par ailleurs, il n'est pas établi que le cours de violoncelle du lundi de 16h à 16h30 et les entrainements quotidiens, de deux fois trente minutes, ne pourraient pas être dispensés hors du temps scolaire. Dans ces conditions, il n'apparait pas que C ne pourrait, en raison de sa pratique musicale, dont le rythme et le volume ne révèlent pas, à ce stade, une pratique intensive, fréquenter assidûment un établissement d'enseignement public ou privé, et cela même en tenant compte du temps de trajet pour rejoindre le conservatoire, de quarante minutes aller/retour selon les requérants.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 30 août 2024 par laquelle la commission académique de Dijon a rejeté le recours préalable formé à l'encontre de la décision du directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Yonne du 8 juillet 2024.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme D A et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Dijon.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
La rapporteure,
M.-E. B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026