LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402827

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402827

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402827
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme B et M. F, qui contestaient le refus d’autorisation d’instruction dans la famille pour leur fils A. Les requérants invoquaient notamment une erreur de droit et une atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant. Le tribunal a jugé que la décision de la commission académique était fondée sur les articles L. 131-5 et R. 131-11-5 du code de l’éducation, et que les moyens soulevés n’étaient pas établis. La solution retenue confirme la légalité du refus et l’obligation de scolarisation de l’enfant dans un établissement public ou privé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 août 2024 et un mémoire enregistré le

18 novembre 2024, Mme E B et M. D F demandent au tribunal d'annuler la décision du 21 juin 2024 par laquelle la commission académique de Dijon a rejeté leur recours préalable formé à l'encontre de la décision de la directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire du 17 mai 2024 ayant refusé la demande d'une autorisation d'instruction dans la famille présentée pour leur fils A au titre de l'année scolaire 2024-2025 et ordonné la scolarisation de l'enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé au titre de cette année scolaire.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit, dès lors que les articles L. 131-5 et R. 131-11-5 du code de l'éducation n'exigent pas explicitement que chaque domaine du socle commun soit formellement représenté dans l'emploi du temps et que la commission académique a repris les mêmes motifs de refus que la directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire sans examiner le nouvel emploi du temps complété joint à leur recours préalable ;

- la décision ne respecte pas les principes de motivation et de prise en compte de la situation propre de leur enfant ;

- la décision est arbitraire et porte atteinte à l'égalité de traitement ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle porte préjudice à leur fils.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2024, la rectrice de l'académie de Dijon conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision n° 2021-823 DC du Conseil constitutionnel du 13 août 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et M. F, demandent l'annulation de la décision, en date du

21 juin 2024, par laquelle la commission de l'académie de Dijon compétente en matière d'instruction dans la famille a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de la directrice académique des services de l'éducation nationale de

Saône-et-Loire du 17 mai 2024 refusant l'autorisation d'instruction dans la famille pour leur fils A, âgé de sept ans, au titre de l'année scolaire 2024-2025.

2. Aux termes de l'article L. 131-5 du code de l'éducation : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. () / La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : / () 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille. () Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités de délivrance de cette autorisation. () ". Aux termes de l'article R. 131-11-5 de ce code : " Lorsque la demande d'autorisation est motivée par l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, elle comprend : / 1° Une présentation écrite du projet éducatif comportant les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de l'enfant, à savoir notamment : / a) Une description de la démarche et des méthodes pédagogiques mises en œuvre pour permettre à l'enfant d'acquérir les connaissances et les compétences dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ; / b) Les ressources et supports éducatifs utilisés ; / c) L'organisation du temps de l'enfant (rythme et durée des activités) ; / d) Le cas échéant, l'identité de tout organisme d'enseignement à distance participant aux apprentissages de l'enfant et une description de la teneur de sa contribution ; / 2° Toutes pièces utiles justifiant de la disponibilité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant ; / 3° Une copie du diplôme du baccalauréat ou de son équivalent de la personne chargée d'instruire l'enfant. Le directeur académique des services de l'éducation nationale peut autoriser une personne pourvue d'un titre ou diplôme étranger à assurer l'instruction dans la famille, si ce titre ou diplôme étranger est comparable à un diplôme de niveau 4 du cadre national des certifications professionnelles ; / 4° Une déclaration sur l'honneur de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ".

3. Pour la mise en œuvre de ces dispositions, dont il résulte que les enfants soumis à l'obligation scolaire sont, en principe, instruits dans un établissement d'enseignement public ou privé, il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à ce que l'instruction d'un enfant dans la famille soit, à titre dérogatoire, autorisée, de rechercher, au vu de la situation de cet enfant, quels sont les avantages et les inconvénients pour lui de son instruction, d'une part dans un établissement d'enseignement, d'autre part, dans la famille selon les modalités exposées par la demande et, à l'issue de cet examen, de retenir la forme d'instruction la plus conforme à son intérêt.

4. En l'espèce, la décision en litige indique que " la situation propre de l'enfant, qui procède d'une volonté de poursuite d'instruction en famille, est recevable " mais que toutefois, " le projet pédagogique qui s'inscrit en regard n'est pas suffisant pour répondre aux besoins d'instruction de l'enfant ". Si dans son mémoire en défense, la rectrice de l'académie de Dijon fait valoir que les requérants ne justifient pas d'une situation propre à leur enfant, la décision attaquée n'est pour sa part fondée que sur les seules insuffisances du projet pédagogique, au sujet duquel la commission a indiqué que ce projet " ne met en valeur aucune plage consacrée explicitement aux différents domaines du socle commun ".

5. En premier lieu, il ne ressort pas de la motivation de la décision attaquée, qui est suffisante, que la commission aurait commis une erreur de droit en exigeant des éléments étrangers à ceux mentionnés aux articles L. 131-5 et R.131-11-5 du code de l'éducation, ni qu'elle aurait pris sa décision en se fondant sur des considérations étrangères à celles résultant de ces dispositions. Il n'apparait pas davantage, d'une part, qu'elle n'aurait pas procédé à un examen particulier de leur demande, au vu notamment des précisions apportées à l'appui de leur recours préalable et, d'autre part, qu'elle n'aurait pas apprécié l'adéquation du projet pédagogique à la situation propre de leur enfant, dès lors que c'est précisément l'insuffisance de ce projet qui motive son refus.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'emploi du temps joint par les requérants à leur recours auprès de la commission ne comporte aucune référence explicite aux connaissances et compétences des domaines de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture correspondant au cycle d'enseignement primaire dont relève A, mais se borne à mentionner des activités telles que " Promenade en nature ", " Ramasser et marquer la date sur les œufs ", " Bricolage ", " Activités diverses " " Préparation des fêtes saisonnières " etc, sans référence à des apprentissages ou enseignements précis. Si certaines activités telles que " Lundi on pétrit " " Mardi on écrit " " Mercredi on fait de l'acrobatie " " Jeudi on fait de la peinture ", outre une heure de musique quotidienne, peuvent se rattacher plus clairement à des modules d'apprentissage ou d'enseignement, il n'en demeure pas moins qu'en dépit des compléments apportés par les requérants à l'appui de leur recours préalable, le projet pédagogique qu'ils ont construit ne permet pas de s'assurer de la présence des éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de leur enfant, ni, dès lors, d'apprécier l'importance accordée à chacun de ces éléments. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 131-5 et R.131-11-5 du code de l'éducation.

7. En troisième lieu, les requérants ne démontrent pas en quoi la décision attaquée, qui se fonde sur les insuffisances de leur projet pédagogique, porterait atteinte à l'intérêt supérieur de leur fils, protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

8. En dernier lieu, si les requérants invoquent une atteinte au principe d'égalité de traitement, ils n'assortissent pas ce moyen de précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme B et

M. F doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B et M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et

M. D F et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Dijon.

Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.

La rapporteure,

M.-E. C

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions