mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2024, Mme A B, représentée par Me Grenier, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision, en date du 24 juillet 2024, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a mis fin à sa prise en charge au titre du dispositif d'hébergement d'urgence à compter du 5 août 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de l'admettre, de nouveau, au bénéfice de l'hébergement d'urgence en lui proposant un hébergement et une prise en charge adaptés à sa situation et à celle de son fils mineur, dans les vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinq cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'elle se trouve dans une situation de grande vulnérabilité, avec un enfant mineur atteint de troubles autistiques, et sans perspective d'admission au sein du dispositif de préparation au retour, dont le bénéfice est subordonné, de fait, à l'acceptation de l'aide au retour ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité interne de la décision attaquée, laquelle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles, compte tenu de sa situation de détresse sociale, sans que soient opposables l'existence du dispositif de préparation au retour, auquel elle ne peut de toute façon accéder, non plus que l'éventuelle saturation du dispositif d'hébergement d'urgence au titre de la veille sociale ;
- il est fait état, subsidiairement, de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité externe de la décision attaquée, laquelle :
•est insuffisamment motivée ;
•a été prise sans qu'ait été observée la procédure contradictoire préalable imposée par les articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.
La requête a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2402839, enregistrée le 21 août 2024.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffier d'audience,
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Grenier, pour Mme B, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire introductif d'instance.
L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née en 1972 et de nationalité albanaise, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision, en date du 24 juillet 2024, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a mis fin à sa prise en charge au titre du dispositif d'hébergement d'urgence à compter du 5 août 2024
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.
Sur la demande de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
5. Mme B vit actuellement dans le plus grand dénuement, sans autre solution d'hébergement, durant la nuit, que le secours ponctuel de compatriotes. Elle est accompagnée de son fils, âgé de dix-sept ans, qui présente un retard mental important et un grave trouble du spectre autistique à l'origine de réactions potentiellement violentes, notamment face aux situations d'imprévu. Si la décision attaquée mentionne qu'elle jouit de la possibilité de bénéficier du dispositif de préparation au retour (" DPAR "), lequel comporte en tant que de besoin, outre un accompagnement social, l'accueil dans une structure d'hébergement, cette aide au retour est en réalité réservée, en vertu du dernier alinéa de l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à " l'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ". Or, si Mme B s'est vu notifier une telle mesure d'éloignement, elle a formé à son encontre un recours contentieux qui demeure actuellement pendant devant le tribunal et qui a par lui-même pour effet d'en suspendre l'exécution. Dans ces circonstances particulières, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
6. En second lieu, les moyens tirés du défaut de motivation en droit et de l'erreur d'appréciation quant à la situation de détresse médicale, psychique ou sociale de Mme B, au sens de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles, sont de nature à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que, les conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, Mme B est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision du préfet de la Côte-d'Or du 24 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. La présente ordonnance implique nécessairement que le préfet de la Côte-d'Or procure à Mme B et à son fils, à titre provisoire, une solution d'hébergement d'urgence au titre de la veille sociale instituée par les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles. Il y a lieu, en conséquence, de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir, pour y satisfaire, un délai de huit jours. Cette mesure d'exécution n'a pas en revanche à être assortie d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du préfet de la Côte-d'Or du 24 juillet 2024 est suspendue.
Article 3 : Il est fait injonction au préfet de la Côte-d'Or de procurer à Mme B et à son fils, à titre provisoire, une solution d'hébergement au titre de la veille sociale, dans les huit jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Grenier.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon, le 3 septembre 2024.
Le président du tribunal, juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026