mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402841 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2024, Mme A B, représentée par Me Grenier, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision, en date du 24 juillet 2024, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a mis fin à sa prise en charge au titre du dispositif d'hébergement d'urgence à compter du 5 août 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de l'admettre, de nouveau, au bénéfice de l'hébergement d'urgence en lui proposant un hébergement et une prise en charge adaptés à sa situation et à celle de ses enfants, dans les vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinq cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'elle se trouve dans une situation de grande vulnérabilité, avec trois enfants mineurs et sans perspective d'admission au sein du dispositif de préparation au retour, dont le bénéfice est subordonné, de fait, à l'acceptation de l'aide au retour ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité interne de la décision attaquée, laquelle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles, compte tenu de sa situation de détresse sociale, sans que soient opposables l'existence du dispositif de préparation au retour, auquel elle ne peut de toute façon accéder, non plus que l'éventuelle saturation du dispositif d'hébergement d'urgence au titre de la veille sociale ;
- il est fait état, subsidiairement, de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité externe de la décision attaquée, laquelle :
•est insuffisamment motivée ;
•a été prise sans qu'ait été observée la procédure contradictoire préalable imposée par les articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.
La requête a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2402792, enregistrée le 16 août 2024.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffier d'audience,
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Grenier, pour Mme B, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire introductif d'instance.
L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née en 1982 et de nationalité congolaise, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision, en date du 24 juillet 2024, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a mis fin à sa prise en charge au titre du dispositif d'hébergement d'urgence à compter du 5 août 2024
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
5. Mme B fait valoir qu'elle est isolée, dépourvue de toute ressource et de toute solution d'hébergement, avec ses trois enfants mineurs, âgés de quatorze, neuf et huit ans. Toutefois, il est constant que, déboutée de sa demande d'asile, elle a en outre fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français devenue définitive. En raison de cette mesure d'éloignement demeurée pleinement exécutoire, elle n'a pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence prévu au titre de la veille sociale instituée par les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles. Elle a en revanche accès, comme l'indique la décision attaquée, à l'aide au retour volontaire prévue par l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et donc au dispositif de préparation au retour (" DPAR "), lequel procure en tant que de besoin, outre un accompagnement social, une solution d'hébergement dont il n'est pas démontré qu'elle serait de moindre qualité que l'abri de nuit auquel la décision attaquée met fin. Selon l'instruction du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 9 mai 2022 relative à la gestion du parc de places d'hébergement en dispositif de préparation au retour, ces places, quoique prioritairement réservées aux étrangers qui ont sollicité l'aide au retour volontaire ou manifesté l'intention de le faire, peuvent également être attribuées, à titre exceptionnel, à des étrangers en situation irrégulière non volontaires au retour aidé et sans domicile personnel. La requérante, il est vrai, produit l'attestation d'une personne indiquant l'avoir accompagnée dans ses démarches et assisté à son entretien avec le responsable du service DPAR, lequel, en dépit des termes de l'instruction ministérielle rappelée ci-dessus, aurait conditionné son accueil à l'acceptation de l'aide au retour volontaire, en dépit des termes de l'instruction ministérielle rappelée ci-dessus. Toutefois, la situation ainsi créée résulte, non de la décision attaquée, mais du propre choix de Mme B ne pas solliciter l'aide au retour et, de fait, de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Dans ces conditions, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision du préfet de la Côte-d'Or du 5 août 2024. Ses conclusions en ce sens doivent donc être rejetées et il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions en injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme B elle-même ou à son avocate, par combinaison avec l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, la somme réclamée en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à Me Grenier.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon, le 3 septembre 2024.
Le président du tribunal, juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026