mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402873 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | BALIMA ROMUALD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 août 2024, M. C A, représenté par Me Balima, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence à Dijon pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à titre subsidiaire au préfet du Doubs de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Balima au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de même que les dépens.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence dès lors qu'il n'est pas justifié d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle suggère un départ amiable alors que l'assignation à résidence a pour objet d'assurer l'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
- les modalités de l'assignation sont disproportionnées.
La requête a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Pauline Hascoët, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 9 h 35.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant tunisien né en 1998, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an par un arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 17 août 2024. Par un deuxième arrêté du 17 août 2024 dont il demande l'annulation, le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence dans le département de la Côte-d'Or, à Dijon, pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 septembre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté 18 janvier 2024, publié le 22 janvier 2024 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet de la Côte-d'Or a délégué sa signature à M. Johann Mougenot, secrétaire général de la préfecture à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de ce que M. D n'était pas compétent pour signer la décision contestée manque en fait et doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée vise le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. A a fait l'objet d'un arrêté du même jour portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour pendant un an, qu'il justifie d'une adresse à Dijon, qu'il présente des garanties propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dans l'attente de son exécution, que cet éloignement demeure une perspective raisonnable mais qu'il ne peut quitter immédiatement le territoire français, étant démuni de documents d'identité et de voyage. Cette décision mentionne ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est par suite suffisamment motivée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté
5. En troisième lieu, l'assignation à résidence a pour objet d'assurer l'exécution forcée par la puissance publique de la mesure d'éloignement qui n'a pas été volontairement exécutée par l'étranger dans le délai qui lui a été imparti pour le départ volontaire et ce au moyen de prérogatives exorbitantes. Cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative rappelle à l'étranger, comme l'a fait en l'espèce le préfet à l'article 4 de l'arrêté attaqué, qu'il lui appartient d'entreprendre les démarches nécessaires en vue de son retour dans le pays dont il a la nationalité ou dans lequel il est légalement admissible. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait pris la mesure d'assignation à résidence dans le seul but de favoriser le départ volontaire de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. En quatrième lieu, M. A soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation quant aux modalités de présentation qu'il prévoit, en qu'il l'oblige à se présenter chaque jour de la semaine au commissariat de Dijon entre 8 heures et 9 heures, sauf dimanches et jours fériés ou chômés, et à demeurer chez lui tous les jours de 6 heures à 7 heures, et ceci pendant quarante-cinq jours. Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément tendant à établir qu'il ne pourrait pas effectuer ces déplacements quotidiens au sein de la commune de Dijon dans laquelle il dispose d'un logement ni que ces déplacements seraient excessivement contraignants. Il n'établit pas plus les raisons pour lesquelles il serait excessivement contraignant de demeurer chez lui de 6 heures à 7 heures chaque jour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la l'arrêté du 17 août 2024 portant assignation à résidence doivent être rejetées. Doivent également être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, celles à fin d'astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Faute de dépens exposés dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Balima et au préfet de la Côte-d'Or.
Copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La magistrate déléguée
P. B
La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026