LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402891

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402891

mardi 19 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402891
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantMOUNDOUNGA NTSIGOU SERGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 août 2024, M. E G, représenté par Me Moundounga, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer sa situation, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive, dès lors que le délai de recours a été interrompu par sa demande d'aide juridictionnelle ;

- son intérêt à agir est incontestable ;

- il n'est pas établi que la signataire de la décision attaquée bénéficiait d'une délégation régulière à cet effet ;

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses liens personnels et familiaux et méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est marié avec une ressortissante congolaise en situation régulière et qu'il justifie d'une présence de plus de huit ans sur le territoire français ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée, dès lors qu'une assignation à résidence est une mesure d'éloignement qui doit être assortie d'une motivation spécifique et distincte de celle du refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il justifie d'une longue présence sur le territoire français et de liens personnels et familiaux stables en France ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées par une lettre du 13 septembre 2024 que cette affaire était susceptible, à compter du 4 octobre 2024, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 10 octobre 2024 par ordonnance du même jour.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Hugez.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. E G, ressortissant congolais, né en 1981 à Brazzaville, a déclaré être entré en France irrégulièrement le 25 novembre 2016. Après le rejet de sa demande d'asile, il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement en 2018, demeurée non exécutée. Après son mariage, intervenu le 23 avril 2022 avec une ressortissante congolaise, il a formé, le 31 mars 2023, une demande d'admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté, en date du 14 février 2024, dont il demande l'annulation au juge de l'excès de pouvoir, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Par un arrêté du 3 janvier 2024 référencé 71-2024-01-03-00001, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 71-2024-003 de la préfecture de Saône-et-Loire, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme Anne-Marie Vieille, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes relevant des attributions de ce bureau, au nombre desquels les décisions de refus de titre de séjour, celles portant obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire et celles fixant le pays de renvoi. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué, qui manquent en fait, doivent être, pour ce motif, écartés.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

4. En l'espèce, il est constant que le requérant s'est marié le 23 avril 2022 avec Mme F C, de nationalité congolaise, résidant sur le territoire français de manière régulière depuis au moins le 25 octobre 2021 et titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans. M. G est ainsi au nombre des ressortissants étrangers susceptibles de bénéficier du regroupement familial. Par suite, n'entrant pas dans le champ des dispositions précitées, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, M. G fait état de sa présence sur le territoire français depuis huit années, de son mariage avec Mme D en 2022, de ses liens privés et familiaux en France et de ce qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, la durée de sa présence sur le sol français ne s'explique que par la durée de l'examen de sa demande d'asile et l'inexécution d'une précédente mesure d'éloignement, dès lors que l'intéressé n'a jamais demandé antérieurement de titre de séjour. S'il se prévaut de la présence de nombreux cousins sur le sol français, il n'établit ni l'existence, ni la consistance ni la pérennité des liens qu'il entretiendrait avec eux. Son mariage avec une ressortissante congolaise est récent et l'intéressé n'ignorait pas, lorsqu'il s'est marié, qu'il était susceptible de faire l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement. Il ne conteste pas ne pas être dépourvu de liens personnels et familiaux au Congo, pays dans lequel résident ses quatre enfants, nés d'unions antérieures. Il n'établit, par ailleurs, aucune forme d'insertion dans la société française. Enfin, si sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il n'a jamais exécuté la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet et s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet de Saône-et-Loire n'a ni commis l'erreur manifeste d'appréciation qui lui est reprochée ni porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis.

6. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. ".

8. Alors, contrairement à ce qu'il soutient, que, d'une part, M. G ne fait pas l'objet d'une " assignation à résidence (qui) est une mesure d'éloignement ", et que, d'autre part, une décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, l'intéressé ne conteste pas que la décision relative au séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen soulevé, tiré de l'absence de motivation distincte de la mesure d'éloignement, ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, le préfet de Saône-et-Loire mentionne lui-même, dans l'arrêté litigieux, que l'intéressé déclare être entré en France en novembre 2016 et fait état des attaches familiales dont il se prévaut. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait, qui manque en fait, doit être, pour ce motif, écarté.

10. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement.

11. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est dépourvu de toutes précisions venant à son soutien. Par suite, il ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 février 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de M. G doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. G, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.

Sur les conclusions relatives à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

15. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E G, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Serge Moundounga.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Hugez, premier conseiller,

Mme Hascoët, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.

Le rapporteur,

I. Hugez

Le président,

Ph. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions