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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402957

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402957

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402957
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B contestant le refus de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Nièvre de reconnaître sa qualité de travailleur handicapé et de lui délivrer une carte mobilité inclusion. Le juge a constaté que M. B n'avait pas formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par le code de l'action sociale et des familles avant de saisir le tribunal. Bien qu'il ait produit un recours ultérieur, celui-ci avait été envoyé après l'introduction de l'instance, ce qui ne pouvait régulariser la procédure. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 août 2024, M. A B conteste la décision, en date du 4 juillet 2024, par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Nièvre a déclaré irrecevables ses demandes de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ".

Par lettre du 2 septembre 2024, M. B a été invité à justifier de la présentation du recours administratif préalable obligatoire prévu par le code de l'action sociale et des familles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Selon l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

2. Aux termes, d'une part, de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est formé () devant le président du conseil départemental ".

3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail () () ". L'article R. 241-35 du même code dispose : " Le recours contentieux formé à l'encontre des décisions prises par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées au titre des 1° et 2° du I de l'article L. 241-6 à l'égard d'un adulte handicapé dans le domaine de la rééducation professionnelle, du travail adapté ou protégé, et du 4° du I dudit article est précédé d'un recours préalable ". L'article R. 241-39 du même code prévoit que " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées examine le recours préalable obligatoire selon les modalités prévues pour l'examen des demandes initiales prévues à la section 1 du présent

chapitre ".

4. Il résulte des dispositions citées aux points précédents que la personne qui entend contester des décisions relatives à la carte " mobilité inclusion " ou à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé doit obligatoirement, avant de saisir le juge et à peine d'irrecevabilité de sa requête, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. La décision prise à la suite du recours préalable, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être déférée à la censure du tribunal administratif.

5. M. B, qui n'avait annexé à son mémoire introductif d'instance qu'une décision initiale rejetant comme irrecevable ses demandes de carte " mobilité inclusion " mention " stationnement " et de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, a été invité à justifier de la formation du recours administratif préalable obligatoire prévu par les textes cités ci-dessus aux points 2 et 3. Si les pièces qu'il a alors versées au dossier permettent d'établir qu'il a formé un recours administratif devant la maison départementale des personnes handicapées de la Nièvre, il est constant que ce recours n'a été envoyé à cette administration que le 7 septembre 2024, donc postérieurement à la saisine du tribunal. En conséquence, la requête de M. B s'avère manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la modalité définie par l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Dijon, le 25 septembre 2024.

Le président du tribunal,

David Zupan

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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