mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL DU PARC CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Brey, avocate, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 août 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Côte d'Or a refusé de renouveler son contrat jeune majeur dans le cadre d'un accueil provisoire jeune majeur ;
2°) d'enjoindre au président du département de la Côte d'Or de procéder au renouvellement de son contrat jeune majeur jusqu'à ses 21 ans et de lui proposer dans ce cadre un accompagnement comportant notamment l'accès à une solution d'hébergement compatible avec sa scolarité et la prise en charge de ses besoins alimentaires, sanitaires et éducatifs sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir en application des dispositions de l'article L.911-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- la condition d'urgence est en principe présumée dans le cas de l'espèce ; elle est en outre remplie dès lors qu'il n'a que des revenus très modestes correspondant à ses salaires d'apprenti, qui risquent de prendre fin à défaut d'autorisation de travail, et qu'il lui est impossible de pouvoir louer un appartement et subvenir à ses besoins élémentaires ; la décision risque de mettre en péril sa scolarité et de créer des difficultés ; il doit en outre impérativement pouvoir répondre aux sollicitations de la préfecture lors de l'instruction de sa demande de titre de séjour, ce qu'il est incapable de faire seul ; il est privé de famille sur le territoire français ;
- il peut justifier de l'existence de moyens sérieux, et tenant à ce que :
o à titre principal, il y a violation des dispositions de l'article L.222-5 du code l'action sociale et des familles et erreur de droit, erreur manifeste d'appréciation et erreur de fait, en ce que le conseil départemental n'a aucun pouvoir d'appréciation pour maintenir ou non la prise en charge d'un jeune majeur dès lors qu'il remplit les conditions prévues par la loi, à savoir, ayant été confié à l'ASE avant la majorité, et ne pas bénéficier de ressources ou d'un soutien familial suffisant ; un manque d'investissement et un mauvais comportement pour l'application des dispositions de l'article L.222-5 du code de l'action sociale et des familles ne sauraient justifier qu'il soit mis fin à la prise en charge par l'aide sociale à l'enfance ; en outre, il a toujours adhéré au suivi éducatif proposé ; il ne dispose pas de ressources suffisantes pour s'assumer financièrement ; la prétendue autonomie dans les démarches ne saurait légalement fonder un refus de prise en charge ; en tout état de cause, il n'est pas autonome et a besoin d'un important soutien pour effectuer l'ensemble des démarches qu'il doit entreprendre que cela soit dans le cadre de sa scolarité ou dans le cadre de sa demande de titre de séjour ;
o à titre subsidiaire, la décision est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne contient aucune considération de droit et que la motivation de fait apparait bien insuffisante pour qu'il puisse la comprendre à sa seule lecture.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, le département de la Côte d'Or, représenté par Me Dandon, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie, et que le requérant ne fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Trois nouvelles pièces ont été communiquées pour le requérant et enregistrées le 18 septembre 2024
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2402966, enregistrée le 2 septembre 2024, tendant à l'annulation de la décision susvisée du 5 août 2024 ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 11 janvier 2024, désigné M. C pour exercer les fonctions de juge des référés au titre du livre V du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 18 septembre 2024 en présence de Mme Lelong, greffière, M. C a lu son rapport et entendu les observations de Me Brey, pour M. A, et de Me Dandon pour le département de la Côte d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est entré irrégulièrement en France en 2020 à l'âge de 15 ans, selon ses déclarations. Suite à une ordonnance de placement provisoire prononcée par le procureur de la République de Pontoise le 20 septembre 2020, sa prise en charge a été attribuée au département de la Côte d'Or, et un contrat d'action à domicile jeune majeur a été conclu le 15 mai 2024, pour le dernier en date, pour une durée de trois mois. Par une décision du 5 août 2024, le président du conseil départemental de la Côte d'Or a refusé de renouveler ce contrat jeune majeur Par une requête n° 2402966, enregistrée le 2 septembre 2024, M. A a demandé l'annulation de cette décision. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. La présente requête présente les caractéristiques de l'urgence prévue par les dispositions citées au point 2. Il y a dès lors lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 5 août 2024 du président du conseil départemental de la Côte d'Or :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant et aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. En l'espèce, il est constant que M. A est titulaire d'un contrat d'apprentissage, qui lui procure un revenu mensuel net de 906.56 euros. S'il soutient que ce revenu est susceptible de prendre fin en fonction des aléas de sa demande de titre de séjour et de son autorisation de travail, il lui appartiendra de tirer les conséquences en temps utile de tels évènements futurs et hypothétiques. Par ailleurs, il apparait que M. A est capable de faire preuve de beaucoup d'autonomie, privilégiant, pour ses démarches administratives, le suivi par diverses associations de préférence au suivi éducatif proposé par le département. Dans ces conditions, aucune situation d'urgence à suspendre la décision attaquée n'est caractérisée.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 5 août 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Côte d'Or a refusé de renouveler son contrat jeune majeur dans le cadre d'un accueil provisoire jeune majeur. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au président du conseil général de Côte d'Or. Copie en sera adressée au préfet de Côte d'Or et au bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. C
La République mande et ordonne au préfet de Côte d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
N°2402965
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026