lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402967 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU REFERE ETRANGERS 15 JOURS |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 11 septembre 2024, M. D, représenté par Me Grenier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 août 2024, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir, à son profit, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir, à son profit, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- à titre principal, la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il est dans une situation d'extrême vulnérabilité, qu'il est sans ressources et sans solution d'hébergement et qu'il est isolé et souffre de problèmes de santé ; il ne peut retourner dans son pays d'origine, au vu de la situation actuelle ; il a formé une demande de réexamen de sa demande d'asile ;
- la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a commis une erreur de droit, dès lors qu'elle lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sans tenir compte de sa situation de vulnérabilité et sans procéder à un examen particulier de sa situation ;
- il appartient à l'administration de justifier qu'un tel examen a eu lieu et de l'assistance d'un interprète dans une langue qu'il comprend.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 16 septembre 2024 à 8 heures 45 minutes.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue en présence de M. A, interprète en langue pachtoune, par téléphone :
- le rapport de M. Irénée Hugez ;
- les observations de Me Grenier, représentant M. C, qui reprend la teneur de la requête, du mémoire produit et des pièces qui les accompagnaient et qui soutient en outre que la circonstance que sa demande de réexamen de sa demande d'asile ait été rejetée comme irrecevable est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, que l'identité de la personne ayant réalisé l'entretien d'évaluation de sa vulnérabilité n'est pas établie, que n'est pas davantage établie sa qualification, que le fait que l'entretien s'est déroulé à Mâcon, à la même date que la décision attaquée, est de nature à laisser penser que l'examen de sa vulnérabilité n'a pas été effectué, que la présence d'un interprète n'est pas davantage établie, qu'il a été ainsi privé d'une garantie et enfin que l'examen de sa vulnérabilité n'a pas été effectué.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 8 heures 53 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant afghan, né le 21 mars 1997 dans la province de Laghman en Afghanistan, a formé une demande d'asile, qui a été rejetée par une décision du 22 décembre 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Son recours, dirigé contre cette décision, a été rejetée par une décision du 13 juin 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. L'intéressé a formé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du 28 août 2024, dont il demande l'annulation au juge de l'excès de pouvoir, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 531-41 de ce code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. ".
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
6. Les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile. Dans le cas où elle envisage de refuser les conditions matérielles d'accueil sur le fondement de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité compétente de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'apprécier la situation particulière du demandeur au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il devait déférer pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil.
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet le 28 août 2024, lors de la présentation de sa demande de réexamen de sa demande d'asile, d'un entretien pour l'évaluation de sa vulnérabilité, par un agent de la direction territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, assisté d'un interprète en langue pachtoune. Contrairement à ce qui a été soutenu à l'audience, l'employeur de l'interprète est mentionné sur le compte rendu de l'entretien. En outre, les dispositions précitées n'imposent pas que soit portée la mention, sur le compte-rendu d'entretien de vulnérabilité, de l'identité de l'agent qui a conduit l'entretien, lequel en l'absence d'élément contraire, doit être regardé comme ayant reçu la formation spécifique mentionnée à l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, l'intéressé ne fait valoir aucune circonstance susceptible d'établir qu'il n'aurait pas été reçu par un agent ayant bénéficié de la formation prévue. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
8. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que l'autorité compétente de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C, ni qu'elle aurait pris sa décision sans tenir compte de la vulnérabilité de l'intéressé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. En troisième lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de sa vulnérabilité et s'il se prévaut en particulier de problèmes de santé, il n'apporte aucun élément dans la présente instance de nature à étayer ses allégations et ne justifie d'aucune situation particulière. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 août 2024, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Ses conclusions à fin d'annulation, et par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Mathilde Grenier.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon et au préfet de Saône-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
I. B
La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026