mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BREY CÉLINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, et un mémoire en réplique, enregistré le 18 septembre 2024, la Sarl L'Aurore, représentée par Me Brey, avocate, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 août 2024 par lequel le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a abrogé l'arrêté 2016-DEF du 1er avril 2016 ainsi que l'arrêté 2022-DEF-023 le modifiant et a fermé définitivement l'établissement d'accueil de jeunes enfants de catégorie " micro-crèche " L'Aurore, en application de l'article L.2324-3 du code de la santé publique, à compter du 12 août 2024 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
La Sarl L'Aurore soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'exécution de la décision attaquée aura des conséquences irréversibles sur sa situation financière et sur la pérennité de sa structure, en ce qu'elle va devoir mettre fin aux contrats conclus avec les salariés et à ceux conclus avec les familles lesquelles ne vont pas avoir d'autres choix que de trouver un autre mode de garde ;
- il peut justifier de l'existence de moyens sérieux, et tenant à ce que :
o à titre subsidiaire, il y a insuffisance de motivation ;
o il y a méconnaissance de la procédure contradictoire ;
o le signataire de la décision était incompétent ;
o à titre principal, il y a inexactitude matérielle des faits, erreur manifeste d'appréciation et erreur de droit en ce que, s'agissant de l'injonction n° 1,e elle a effectué toutes les démarches possibles en vue du recrutement d'un référent santé accueil inclusif ; s'agissant de l'injonction n° 2, le taux d'encadrement requis et la présence d'agents qualifiés auprès des enfants sont bien respectés ; s'agissant de l'injonction n° 3, les documents sollicités ont bien été transmis dans les délais, et les risques relevés dans le courrier du 19 juillet 2024 ne sont pas établis ;
o il y a méconnaissance des dispositions de l'article L.2324-3 du code de la santé publique et disproportion de la décision attaquée, le délai des injonctions délivrées par le département par courrier du 25 juin 2024 n'apparaissant pas raisonnable ni adapté à l'objectif recherché ; elle apparait de particulière bonne foi, et procède à ce qu'on lui demande de faire lorsque les demandes sont précises ;
o il y a méconnaissance du principe de non-rétroactivité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie, et que la société requérante ne fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2403003, enregistrée le 3 septembre 2024, tendant à l'annulation de la décision susvisée du 12 août 2024 ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 11 janvier 2024, désigné M. A pour exercer les fonctions de juge des référés au titre du livre V du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 18 septembre 2024 en présence de Mme Lelong, greffière, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Brey, pour la Sarl L'Aurore, et de Mme B pour le département de Saône-et-Loire.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er avril 2016, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a autorisé la Sarl L'Aurore à ouvrir une micro-crèche à compter du 4 avril 2016 pour une capacité d'accueil de dix enfants âgés de 10 semaines à 6 ans. Par un arrêté modificatif de 2022, la capacité autorisée d'accueil était portée à douze enfants. Cependant, par courrier du 27 juin 2024, le département adressait trois injonctions à la Sarl L'Aurore en vue de remédier à divers dysfonctionnements. Estimant que la Sarl l'Aurore n'avait pas justifié de mesures qui auraient pu être mises en place pour remédier aux défaillances qui lui étaient reprochées, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire, par un arrêté du 12 août 2024, a abrogé l'arrêté 2016-DEF du 1er avril 2016 ainsi que l'arrêté 2022-DEF-023 le modifiant et prononcé la fermeture définitive de l'établissement d'accueil de jeune enfant, en application de l'article L.2324-3 du code de la santé publique, à compter du 12 août 2024. Par une requête n° 2403003, la Sarl l'Aurore demande l'annulation de la décision susmentionnée du 12 août 2024. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions en suspension de l'exécution de la décision du 12 août 2024 du président du département de Saône-et-Loire :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant et aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. L'activité de micro-crèche est l'unique activité de la Sarl L'Aurore, dont elle tire l'ensemble de ses revenus. Quand bien même la société requérante ne se prévaut, à l'appui de ses dires, que d'une attestation de son expert-comptable, la décision de fermeture définitive met ainsi nécessairement en péril la pérennité de la structure, qui devra procéder au licenciement de ses salariés, demander aux parents des enfants accueillis de trouver un autre mode de garde, et sera dépourvue de revenus pour faire face à ses charges. Eu égard aux injonctions, en les admettant fondées, adressées à la société requérante, qui concerne le recrutement d'un référent santé accueil inclusif pour une durée de 10 heures par an, au respect du taux d'encadrement requis et d'agents qualifiés auprès des enfants lors de leur accueil et de leur départ, et à la transmission du projet d'établissement et du règlement de fonctionnement finalisés ainsi que les différents protocoles, aucun impératif d'ordre public, susceptible de retirer à la requête de la Sarl L'Aurore son caractère d'urgence n'est suffisamment caractérisé. Dès lors, l'existence de la condition d'urgence au sens de la disposition visée au point 2 doit être reconnue.
En ce qui concerne l'existence de moyens sérieux d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ". Et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". En application de ces dispositions, il est constant que la décision attaquée doit être motivée. Si la motivation en droit n'est pas contestée, la motivation en fait se limite à la référence à un courrier adressé antérieurement à la société requérante, non joint à la décision attaquée, dont la teneur n'est pas reprise dans la décision attaquée, et dont, au surplus, la date n'est pas indiquée et la référence numérotée est entachée d'une erreur de plume. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation apparait, en l'état du dossier, de nature à entrainer l'annulation de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que la Sarl L'Aurore est fondée à demander la suspension de la décision susvisées du 12 août 2024, par laquelle le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a prononcé sa fermeture définitive. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de prononcer la suspension de ladite décision.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du département de Saône-et-Loire la somme de 1 000 euros à verser à la Sarl L'Aurore, au titre des frais liés au litige.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté susvisé du 12 août 2024 du président du conseil départemental de Saône-et-Loire est suspendue.
Article 2 : Il est mis à la charge du département de Saône-et-Loire la somme de 1 000 euros au titre des frais liés à l'instance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Sarl L'Aurore et au président du département de Saône-et-Loire. Copie en sera adressée au préfet de Saône-et-Loire.
Fait à Dijon le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. A
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026