lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL PETIT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Abramowitch, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le maire de Chalon-sur-Saône l'a réintégré au sein du service de propreté urbaine à compter du 1er août 2024 ;
2°) d'enjoindre au maire de Chalon-sur-Saône de le réintégrer provisoirement dans ses fonctions antérieures dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chalon-sur-Saône l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- il ne peut plus exercer son activité antérieure de policier municipal conformément à son cadre d'emplois et ne peut être recruté dans une autre collectivité en l'absence d'évaluation depuis 2019 ;
- sa rémunération mensuelle s'élève à 1 428 euros, alors qu'il percevait antérieurement un montant compris entre 1 800 et 2 100 euros et que ses charges mensuelles s'élèvent à environ 900 euros ;
- aucun intérêt public ne s'oppose à la suspension sollicitée alors que le service de police municipale est en sous-effectif, l'équipe de nuit ne fonctionnant qu'avec quatre agents ;
- cette réaffectation entrave sa promotion au grade de brigadier-chef à laquelle il peut prétendre eu égard à son ancienneté.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle constitue une sanction déguisée qui porte atteinte volontairement à sa situation professionnelle en le privant de son cadre d'emplois de policier municipal, cette réaffectation ayant été décidée dans un but d'humiliation au regard de ses fonctions antérieures en le privant de primes d'un montant mensuel de 700 euros et de perspectives d'avancement ;
- cette décision de reclassement après l'exécution de sa sanction d'exclusion de fonctions d'une durée de deux ans est entachée d'une erreur de fait et de droit au regard des dispositions de l'article L. 826-10 du code général de la fonction publique dès lors que le reclassement dans un autre cadre d'emplois n'est possible qu'en cas de suspension d'agrément, qui a en l'espèce pris fin le 8 septembre 2022, et d'absence de mesure disciplinaire d'éviction du service, dont en l'espèce il a fait l'objet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, la commune de Chalon-sur-Saône, représentée par la Selarl cabinet d'avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, la décision contestée, portant changement d'affectation du requérant dans l'intérêt du service, après exécution de sa sanction disciplinaire, et dépourvue de discrimination, constituant une mesure d'ordre intérieur insusceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2403039 enregistrée le 5 septembre 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience :
- le rapport de M. Nicolet, juge des référés ;
- et les observations de Me Abramowitch pour le requérant, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête, et qui soutient en outre que la requête est recevable dès lors que le reclassement dans un autre cadre d'emplois est une décision qui fait grief et qui constitue en l'espèce une sanction déguisée, et qu'au titre de l'urgence, sa rémunération mensuelle en tant que policier municipal s'élevait à 2 600 euros environ, et il justifie d'une partie de ses charges ;
- et les observations de Me Rubio, pour le compte de la commune de Chalon-sur-Saône, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire en défense, et qui fait notamment valoir, au titre de l'urgence, que l'intérêt du service s'oppose à sa réintégration dans la police municipale au regard de sa condamnation pénale pour usage de faux en écriture dans l'exercice de ses fonctions, inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, qui traduit une atteinte aux devoirs de probité et d'exemplarité exigés d'un policier municipal dont l'honorabilité est nécessaire à la confiance, la fiabilité et le crédit qu'il doit inspirer dans l'exercice de ses fonctions.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été agréé en qualité de gardien de police municipale par un arrêté du préfet du Territoire de Belfort du 21 octobre 2016 et par une décision du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Belfort en date du 13 septembre 2016. Depuis le 1er septembre 2019, il a exercé ses fonctions au sein de la commune de Chalon-sur-Saône. Par un arrêté du 6 juillet 2022, le maire de Chalon-sur-Saône a prononcé à son encontre une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans prenant effet du 1er août 2022 au 31 juillet 2024. Le recours contre cet arrêté a été rejeté par un jugement n° 2201977 du tribunal administratif de Dijon du 20 juillet 2023 dont il a été relevé appel. Par un jugement du 29 janvier 2024, le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône a condamné M. B à cent vingt jours amendes pour usage de faux en écriture commis du 1er au 15 janvier 2022. Par un arrêté du 11 juillet 2024, le maire de Chalon-sur-Saône a réintégré M. B au sein des effectifs de la commune à compter du 1er août 2024, à l'issue de l'exécution de sa sanction, au service de la propreté urbaine. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'exécution de cette décision, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes qui sont tributaires de lui, caractérisent une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. Le requérant n'est pas fondé à soutenir que la situation d'urgence résulterait du caractère humiliant de sa réintégration au service de propreté urbaine au regard de l'exercice antérieur de ses fonctions de policier municipal. Il n'établit pas une situation de précarité financière en ne justifiant pas, par les pièces qu'il produit, du montant mensuel de ses charges estimé à 900 euros, alors que son affectation sur son nouveau poste, au 7iéme échelon du grade d'adjoint technique principal de deuxième classe, correspond à une rémunération mensuelle nette de 1 667 euros. Et si l'intéressé produit des fiches de paie, correspondant à ses fonctions antérieures de policier municipal, d'un montant net d'environ 2 600 euros, une partie importante de cette différence de rémunération provient des conditions d'exécution de ses fonctions, et notamment du nombre d'heures supplémentaires, variables, qui avaient été réalisées la nuit ou durant le week-end. Par ailleurs, l'atteinte portée à la perspective d'une promotion, au choix, au grade de brigadier-chef principal, ne présente pas de caractère suffisamment immédiat, au regard notamment de sa condamnation pénale récente. Et le requérant ne justifie pas davantage du sous-effectif allégué de la police municipale, alors que sa condamnation pénale pour usage de faux en écriture dans l'exercice de ses fonctions, inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, qui traduit une atteinte aux devoirs de probité et d'exemplarité exigés d'un policier municipal dont l'honorabilité est nécessaire à la confiance, la fiabilité et le crédit qu'il doit inspirer dans l'exercice de ses fonctions, porte atteinte à l'intérêt du service. Au regard de l'ensemble de ces circonstances, la condition d'urgence prescrite par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui s'apprécie globalement, n'est en l'espèce pas remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. M. B versera à la commune de Chalon-sur-Saône la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Chalon-sur-Saône la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Chalon-sur-Saône.
Fait à Dijon, le 23 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. Nicolet
La République mande et ordonne au préfet de la Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026