vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | RASOAVELOSON JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 9 et 11 septembre 2024, M. F C demande au président du tribunal administratif de Dijon d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 notifié le 9 septembre 2024 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a, par des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, à compter du 15 septembre 2024 et pour une durée de trois mois, interdit de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Parigny-Les-Vaux, fait obligation de se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Varennes-Vauzelles et de déclarer son lieu d'habitation s'il devait en changer et fait interdiction de se trouver en relation, directement ou indirectement, avec M. E.
Il soutient que :
- il regrette les propos menaçants qu'il a proférés par le passé mais il ne représente plus une menace pour la sécurité et l'ordre publics ;
- ces mesures portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et compromettent sa réinsertion professionnelle.
Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 10 septembre 2024, Mme D C demande au président du tribunal administratif de Dijon d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a, par des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, interdit à M. A C de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Parigny-Les-Vaux, lui a fait obligation de se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Varennes-Vauzelles et de déclarer son lieu d'habitation s'il devait en changer et fait interdiction de se trouver en relation, directement ou indirectement, avec M. E.
Elle soutient que :
- son fils ne représente pas une menace pour la sécurité et l'ordre publics ;
- ces mesures portent une atteinte disproportionnée à la vie privée et compromettent la réinsertion professionnelle de son fils qui n'est pas domicilié chez elle à Parigny-Les-Vaux mais à Paris où il a le centre de ses intérêts personnels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, conclut au rejet de la requête et de l'intervention de Mme C.
Il soutient que :
- l'intervention de Mme C, qui ne justifie pas d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige, est irrecevable ;
- sa décision n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation dès lors, d'une part, que le comportement de M. C, délinquant multirécidiviste au profil instable présentant une propension à la violence, constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics, d'autre part, qu'il entretient des relations habituelles avec M. E délinquant pro-djihadiste prosélyte, enfin qu'il s'est signalé à partir de 2015 par son évolution dans un processus de radicalisation attestée par l'emploi d'une rhétorique djihadiste ;
- sa décision ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé d'aller et venir, de travailler et de mener une vie privée et familiale normale ; en particulier dès lors que la menace terroriste en France est à un niveau élevé et que rien ne s'oppose à ce que l'intéressé, qui ne justifie d'aucune activité professionnelle, sollicite un aménagement de ses obligations, la durée de trois mois de la mesure est nécessaire et proportionnée.
Par un mémoire enregistré le 13 septembre 2024 à 4 heures 59, M. C représenté par Me Rasoaveloson persiste par les mêmes moyens dans les conclusions de sa requête.
Il conclut, en outre, à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient en outre que :
- la décision est illégale en raison de l'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que contrairement à ce qu'exige l'article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure, ni le procureur de la République territorialement compétent ni le procureur de la République antiterroriste n'ont été informés de la mesure ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a jamais été condamné pour apologie du terrorisme ni commis ou tenté de commettre un quelconque acte terroriste, qu'il n'est plus en relation avec M. E et qu'il n'a jamais adhéré aux thèses djihadistes.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les recours formés contre les décisions portant renouvellement des mesures prises sur le fondement des 1° à 3° de l'article L. 228-2 et du premier alinéa de l'article L. 228-5 du code de la sécurité intérieure.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Rasoaveloson représentant M. C qui persiste par les mêmes moyens dans les conclusions de la requête ;
- les observations de M. C qui précise qu'il n'a plus de contact avec M. E depuis 2015 et qu'il vit de manière habituelle à Paris depuis 2016 ;
- le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 juin 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a, sur le fondement des articles L. 228-1, L. 228-2 et L. 228-5 du code de la sécurité intérieure, pris à l'encontre de M. C des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance d'une durée de trois mois, lui interdisant de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Parigny-Les-Vaux où il séjournait alors, lui faisant obligation de se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Varennes-Vauzelles et de déclarer son habitation s'il devait en changer. Il lui était également fait interdiction pour la même durée d'entrer en contact avec M. E. Ces mesures ont été renouvelées pour une durée de trois mois par un arrêté du 5 septembre 2024 du ministre de l'intérieur et des outre-mer notifié le 9 septembre 2024. Par sa requête, M. C demande au président du tribunal d'annuler ce dernier arrêté.
Sur l'intervention volontaire :
2. Mme D C, mère du requérant qui l'héberge à Parigny-Les-Vaux pendant la durée d'exécution des mesures contestées, a intérêt à l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, son intervention au soutien de la requête est recevable. Elle doit, dès lors, être admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure: " Aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme, toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qui soit entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, soit soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes peut se voir prescrire par le ministre de l'intérieur les obligations prévues au présent chapitre. " Aux termes de l'article L. 228-2 du même code : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à la personne mentionnée à l'article L. 228-1 de :1° Ne pas se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l'intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s'étend, le cas échéant, aux territoires d'autres communes ou d'autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ;2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d'une fois par jour, en précisant si cette obligation s'applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; 3° Déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation. L'obligation prévue au 1° du présent article peut être assortie d'une interdiction de paraître dans un ou plusieurs lieux déterminés se trouvant à l'intérieur du périmètre géographique mentionné au même 1° et dans lesquels se tient un événement exposé, par son ampleur ou ses circonstances particulières, à un risque de menace terroriste. Cette interdiction tient compte de la vie familiale et professionnelle de la personne concernée. Sa durée est strictement limitée à celle de l'événement, dans la limite de trente jours. Sauf urgence dûment justifiée, elle doit être notifiée à la personne concernée au moins quarante-huit heures avant son entrée en vigueur. Les obligations prévues aux 1° à 3° du présent article sont prononcées pour une durée maximale de trois mois à compter de la notification de la décision du ministre. Elles peuvent être renouvelées par décision motivée, pour une durée maximale de trois mois, lorsque les conditions prévues à l'article L. 228-1 continuent d'être réunies. Au-delà d'une durée cumulée de six mois, chaque renouvellement est subordonné à l'existence d'éléments nouveaux ou complémentaires. La durée totale cumulée des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article ne peut excéder douze mois. Les mesures sont levées dès que les conditions prévues à l'article L. 228-1 ne sont plus satisfaites. Toute décision de renouvellement des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article est notifiée à la personne concernée au plus tard cinq jours avant son entrée en vigueur. La personne concernée peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il délègue l'annulation de la décision dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. Il est statué sur la légalité de la décision au plus tard dans un délai de soixante-douze heures à compter de la saisine du tribunal. Dans ce cas, la mesure ne peut entrer en vigueur avant que le juge ait statué sur la demande. En cas de saisine d'un tribunal territorialement incompétent, le délai de jugement de soixante-douze heures court à compter de l'enregistrement de la requête par le tribunal auquel celle-ci a été renvoyée. La mesure en cours demeure en vigueur jusqu'à l'expiration de ce délai, pour une durée maximale de sept jours à compter de son terme initial. La décision de renouvellement ne peut entrer en vigueur avant que le juge ait statué sur la demande. L'audience est publique. Elle se déroule sans conclusions du rapporteur public. Lorsque la présence du requérant à l'audience est susceptible de méconnaître les obligations résultant de la mesure de surveillance, le requérant peut solliciter un sauf-conduit pour s'y rendre. Le sauf-conduit n'est pas délivré si le déplacement du requérant constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics. La personne soumise aux obligations prévues aux 1° à 3° du présent article peut, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision, ou à compter de la notification de chaque renouvellement lorsqu'il n'a pas été fait préalablement usage de la faculté prévue au huitième alinéa, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision. Le tribunal administratif statue dans un délai de quinze jours à compter de sa saisine. Ces recours, dont les modalités sont fixées au chapitre III ter du titre VII du livre VII du code de justice administrative, s'exercent sans préjudice des procédures prévues au huitième alinéa du présent article ainsi qu'aux articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. ". Aux termes de l'article L. 228-5 du même code : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à toute personne mentionnée à l'article L. 228-1, y compris lorsqu'il est fait application des articles L. 228-2 à L. 228-4, de ne pas se trouver en relation directe ou indirecte avec certaines personnes, nommément désignées, dont il existe des raisons sérieuses de penser que leur comportement constitue une menace pour la sécurité publique. Cette obligation tient compte de la vie familiale de la personne concernée. L'obligation mentionnée au premier alinéa du présent article est prononcée pour une durée maximale de six mois à compter de la notification de la décision du ministre. Au-delà d'une durée cumulée de six mois, le renouvellement est subordonné à l'existence d'éléments nouveaux ou complémentaires. La durée totale cumulée de l'obligation prévue au premier alinéa du présent article ne peut excéder douze mois. L'obligation est levée dès que les conditions prévues à l'article L. 228-1 ne sont plus satisfaites. Toute décision de renouvellement est notifiée à la personne concernée au plus tard cinq jours avant son entrée en vigueur. La personne concernée peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il délègue l'annulation de la décision dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. Il est statué sur la légalité de la décision au plus tard dans un délai de soixante-douze heures à compter de la saisine du tribunal. Dans ce cas, la mesure ne peut entrer en vigueur avant que le juge ait statué sur la demande. En cas de saisine d'un tribunal territorialement incompétent, le délai de jugement de soixante-douze heures court à compter de l'enregistrement de la requête par le tribunal auquel celle-ci a été renvoyée. La mesure en cours demeure en vigueur jusqu'à l'expiration de ce délai, pour une durée maximale de sept jours à compter de son terme initial. La décision de renouvellement ne peut entrer en vigueur avant que le juge ait statué sur la demande. L'audience est publique. Elle se déroule sans conclusions du rapporteur public. Lorsque la présence du requérant à l'audience est susceptible de méconnaître les obligations résultant de la mesure de surveillance, le requérant peut solliciter un sauf-conduit pour s'y rendre. Le sauf-conduit n'est pas délivré si le déplacement du requérant constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics. La personne soumise à l'obligation mentionnée au premier alinéa du présent article peut, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision, ou à compter de la notification de chaque renouvellement lorsqu'il n'a pas été fait préalablement usage de la faculté prévue au quatrième alinéa, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision. Le tribunal administratif statue dans un délai d'un mois à compter de sa saisine. Ces recours, dont les modalités sont fixées au chapitre III ter du titre VII du livre VII du code de justice administrative, s'exercent sans préjudice des procédures prévues au quatrième alinéa du présent article ainsi qu'aux articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. ". Il résulte de ces dispositions que ces mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance doivent être prises aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme et sont subordonnées à deux conditions cumulatives, la première tenant à la menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics résultant du comportement de l'intéressé, la seconde aux relations qu'il entretient avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ou, de façon alternative, au soutien, à la diffusion ou à l'adhésion à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes.
4. M. C soutient que le ministre de l'intérieur et des outre-mer a commis une erreur d'appréciation et porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et professionnelle normale en renouvelant pour une durée de trois mois les mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance prescrites par l'arrêté du 10 juin 2024 alors qu'il ne représente pas une menace pour la sécurité et l'ordre publics, qu'il n'est plus en relation avec M. E, qu'il n'a jamais adhéré aux thèses djihadistes et qu'il a le centre de ses intérêts personnels à Paris et non à Parigny-Les-Vaux.
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la note des services de renseignement versée à l'instance que M. C, s'il n'a jamais été condamné pour des faits en rapport avec une entreprise terroriste, est un délinquant multirécidiviste de droit commun connu pour son comportement violent qui s'est encore manifesté lors de sa dernière incarcération en 2022 puis, après sa libération, au cours de l'été 2023 lorsqu'il a déclaré vouloir " utiliser une kalachnikov pour tuer tout le monde ". Par ailleurs, M. C s'est inscrit à partir de 2015 dans un parcours de radicalisation marqué par son soutien à l'engagement djihadiste et sa conception intégriste de l'islam. Il ressort ainsi de la note des services de renseignement, qui n'est pas sérieusement contestée sur ces points, qu'il a déclaré les 17 décembre 2015 et 5 janvier 2016 qu'il allait devenir djihadiste, qu'il ne respectait plus la loi des hommes mais seulement celle de dieu et que ceux qui se battaient au nom de dieu aurait une place au premier rang à ses côtés. Le requérant, qui reprend à son compte, dans ses écritures, les théories complotistes selon lesquelles " Al Quaida, Daech et autres ne sont que des créations des Etats-Unis ", n'établit pas avoir renoncé à ses convictions religieuses radicales. Dans ces conditions, alors même qu'il n'est pas démontré que l'intéressé aurait maintenu des relations habituelles avec M. E, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a pu estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation, qu'il existait toujours des raisons sérieuses de penser que le comportement de M. C constituait une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qu'il adhérait à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes.
6. Toutefois, dès lors, d'une part, que les jeux olympiques et paralympiques de Paris, qui constituaient un évènement particulièrement ciblé par la menace terroriste et qui justifiaient les premières mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance prescrites à l'intéressé par l'arrêté du 10 juin 2024, ont pris fin, d'autre part, que l'administration n'établit pas l'existence, au-delà de cette date, d'une menace terroriste propre à justifier les sujétions imposées et, enfin, que la prolongation pour une nouvelle durée de trois mois de cette interdiction de se déplacer sauf dérogation hors du territoire de Parigny-les-Vaux constitue un obstacle majeur à la réinsertion du requérant qui n'est pas domicilié dans cette commune de la Nièvre mais vit habituellement à Paris, M. C est fondé à soutenir que l'arrêté contesté du 5 septembre 2024 porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et professionnelle. Il s'ensuit que le moyen tiré de la disproportion des mesures contestées, qui au sens des dispositions du code la sécurité intérieure citées au point 3, ne peuvent être prescrites qu'aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme et doivent être compatibles avec la poursuite d'une vie normale sur le lieu habituel de résidence de l'intéressé, doit être accueilli. Il convient en conséquence, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'intervention volontaire de Mme C est admise.
Article 2 : L'arrêté du 5 septembre 2024 du ministre de l'intérieur et des outre-mer est annulé.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le jugement sera notifié à M. F C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme D C
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
O. B La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026