vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403106 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 4 juillet 2024, par laquelle la section disciplinaire du conseil académique de l'Université de Bourgogne compétente à l'égard des usagers lui a infligé la sanction de l'avertissement, avec affichage occultant son identité, et a prononcé la nullité des résultats de l'épreuve au cours de laquelle une fraude a été relevée à son encontre.
Il soutient que :
- il est fait état de moyens propres à caractériser l'illégalité de la décision attaquée, laquelle :
•viole la légalité ;
•viole les libertés publiques ;
•viole les droits de la défense, et notamment le droit au silence ;
•viole le droit en matière de charge de la preuve ;
•viole les règles de procédure ;
•est entachée d'excès de pouvoir et de fait du prince ;
•viole l'égalité de traitement devant la loi ;
- l'exécution de la décision attaquée affecte son dossier de scolarité et, ce faisant, risque de lui nuire dans la poursuite de ses études.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 5 septembre 2024 sous le n° 2403043.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, étudiant en deuxième année de licence d'économie à l'Université de Bourgogne, a fait l'objet de poursuites disciplinaires au motif qu'il aurait utilisé une montre connectée lors d'un examen organisé le 12 décembre 2023. Il demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 4 juillet 2024, par laquelle la section disciplinaire du conseil académique de cet établissement compétente à l'égard des usagers lui a infligé la sanction de l'avertissement, avec affichage occultant son identité, et a prononcé la nullité des résultats de l'épreuve au cours de laquelle la fraude a ainsi été relevée.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire " ;
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. En se bornant à faire valoir que la sanction disciplinaire contestée sera inscrite dans son dossier d'étudiant, risquant ainsi de nuire au succès des démarches qu'il sera susceptible d'engager, au sujet desquelles il n'apporte d'ailleurs aucune précision, M. A ne caractérise pas une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions de M. A tendant à la suspension de cette décision doivent être rejetées selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée pour information à l'Université de Bourgogne.
Fait à Dijon, le 13 septembre 2024
Le président du tribunal, juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
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