LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403338

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403338

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403338
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBREY CÉLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Brey, avocate, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 septembre 2024 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Haute Côte d'Or lui a infligé la sanction disciplinaire de révocation à compter de la notification de cette décision, soit à compter du 6 septembre 2024 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de le réintégrer dans ses fonctions à compter du 6 septembre 2024 et en tirer les conséquences quant à son traitement et droits sociaux, dans un délai de sept jours à compter de la décision à venir, en vertu de l'article L 911-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Haute-Côte d'Or la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée a pour effet de le priver de ses ressources, et de son emploi alors pourtant qu'il assume d'importantes charges notamment de famille ;

- il peut justifier de l'existence de moyens sérieux, et tenant à ce qu'il y a :

o insuffisance de motivation de la décision attaquée ;

o absence de notification du droit de se taire ;

o méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière ;

o absence de faute commise et inexactitude des faits, en ce qui concerne son manque d'investissement professionnel, le refus d'exercer certaines tâches figurant sur sa fiche de poste, l'arrangement des horaires et le fait qu'il ne remplirait pas ses missions, les faits de vol, les manquements à l'égard de ses collègues ;

o disproportion entre la faute commise et la sanction prononcée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le centre hospitalier de Haute Côte d'Or, représenté par Me Renouard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie, et que le requérant ne fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2403337, enregistrée le 26 septembre 2024, tendant à l'annulation de la décision susvisée du 6 septembre 2024.

Vu :

- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- le code de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a, par une décision du 11 janvier 2024, désigné M. B pour exercer les fonctions de juge des référés au titre du livre V du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 9 octobre 2024 en présence de Mme Lelong, greffière, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Brey, pour M. C, et de Me Jacquot, substituant Me Renouard, pour le centre hospitalier de Haute Côte d'Or.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est agent du centre hospitalier de la Haute Côte-d'Or depuis mars 2013, et exerce en qualité d'aide-soignant affecté à l'unité de vie protégée dans le pôle d'activités et de soins adaptés depuis le 21 juillet 2017. A la suite du signalement d'un acte de maltraitance, suite à une inspection de l'Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté, le centre hospitalier de la Haute Côte-d'Or a diligenté une enquête administrative, puis engagé une procédure disciplinaire à l'encontre de M. C. Par une décision du 13 mai 2024, le directeur du centre hospitalier de la Haute Côte-d'Or a prononcé la révocation de M. C. Cette décision ayant été suspendue par une ordonnance du juge des référés du tribunal de céans du 5 juillet 2024, le conseil de discipline a de nouveau été réuni le 2 septembre 2024, émettant un avis favorable à la révocation. Par une décision du 5 septembre 2024, M. C était révoqué à compter du 6 septembre 2024. Celui-ci a demandé l'annulation de cette décision de révocation par une requête n° 2403337, enregistrée le 26 septembre 2024. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En premier lieu, eu égard aux termes de la décision attaquée, le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée n'apparait pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.

4. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision du Conseil constitutionnel n° 2024-1105 du 4 octobre 2024, que le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée doit être informé de son droit à se taire devant le conseil de discipline. Il est constant que M. C a été informé de ce droit lors de son audition par le conseil de discipline le 2 septembre 2024. M. C ne peut pas plus se prévaloir utilement d'une décision de la Cour de justice de l'Union européenne n° C-481/19 du 2 février 2021 et reconnaissant aux Etats membres dans le cadre des opérations d'initiés et des abus de marché la faculté, pour les Etats membres de ne pas sanctionner une personne physique qui refuse de fournir des réponses susceptibles de faire ressortir sa responsabilité pour une infraction passible de sanctions administratives présentant un caractère pénal, cette décision n'ayant pas la portée que lui donne le requérant. Ainsi, le moyen tiré de l'absence de notification du droit de se taire n'apparait pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

5. En troisième lieu, M. C se prévaut d'une décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux n° 464361 du 26 juin 2023, selon laquelle : " Lorsqu'un conseil de discipline, appelé à se prononcer sur les poursuites dirigées contre un agent, a régulièrement procédé à un vote sur une ou des propositions qui n'ont pas recueilli l'accord de la majorité des membres présents, mais qu'une erreur entachant le décompte de ces votes avait conduit dans un premier temps à considérer, à tort, que le conseil de discipline avait donné un avis favorable, il appartient à l'administration de reprendre la procédure afin de la poursuivre conformément aux modalités énoncées au point 2. Si, à cette fin, elle convoque à nouveau le conseil de discipline, sa composition peut ne pas être identique sans que son avis soit, pour ce seul motif, entaché d'irrégularité. En revanche, l'administration, dès lors qu'elle reprend ainsi la procédure, ne peut soumettre au vote une proposition de sanction déjà écartée par une majorité des membres présents lors de la précédente réunion du conseil de discipline ". Toutefois, en l'espèce, le centre hospitalier de Haute-Côte d'Or n'a nullement repris une procédure interrompue après qu'une erreur de décompte a été constatée, mais a initié une nouvelle procédure du fait qu'il estimait que la première procédure était entachée d'un vice de forme en raison de l'absence d'information de l'agent sur son droit à se taire, point sur lequel son attention avait été attirée par une précédente ordonnance du juge des référés du 5 juillet 2024 mentionnée au point 1 ci-dessus. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière du fait que le centre hospitalier de Haute-Côte d'Or a de nouveau proposé la sanction de révocation devant le conseil de discipline réuni le 2 septembre 2024 n'apparait dès lors pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier et des débats à l'audience, que les faits reprochés à M. C et tenant à son manque d'investissement professionnel, à son refus d'exercer certaines tâches figurant sur sa fiche de poste, à l'arrangement des horaires et à son refus de remplir ses missions, à des faits de vol, et à des manquements à l'égard de ses collègues sont suffisamment établis, notamment par des témoignages nombreux, précis et concordants, fussent-ils pour certains anonymes, émanant de ses collègues de travail. Le moyen tiré de l'absence de faute commise et de l'inexactitude des faits n'apparait pas par suite, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

7. En dernier lieu, il ressort des débats à l'audience que si les faits reprochés à M. C devaient être reconnus exacts, le moyen tiré de la disproportion entre la faute commise et la sanction proposée ne serait pas fondé, selon le requérant lui-même. Eu égard à ce qui a été dit au point 6 ci-dessus, ce moyen n'apparait pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

8. Il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens invoqués n'apparait, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de rechercher si la condition d'urgence est en l'espèce remplie, M. C n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision susmentionnée du 5 septembre 2024 du directeur du centre hospitalier de la Haute Côte-d'Or. Sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction, et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du centre hospitalier de Haute Côte-d'Or formulées sur le même fondement.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Haute Côte-d'Or tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au directeur du centre hospitalier de la Haute Côte-d'Or. Copie en sera adressée au ministre de la santé et de l'accès aux soins.

Fait à Dijon le 16 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. B

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

N°2403338

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions