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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403371

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403371

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403371
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme B, professeure des écoles, qui demandait des injonctions et une indemnisation pour le traitement de sa demande de poste adapté. Les conclusions à fin d’injonction ont été jugées manifestement irrecevables car le juge ne peut adresser de telles injonctions à titre principal en dehors des cas prévus par le code de justice administrative. Les conclusions indemnitaires ont également été rejetées comme irrecevables, faute de décision préalable de l’administration sur la réclamation de Mme B, conformément aux articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 612-1 du code de justice administrative. Enfin, la demande de médiation a été refusée, le juge n’estimant pas utile d’y recourir en l’état.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale dans l'Yonne, d'une part, d'instruire immédiatement sa demande de poste adapté selon les critères et la procédure prévus et, d'autre part, de dispenser aux agents une information suffisante compatible avec les dispositions réglementaires concernant les postes adaptés ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser, d'une part, la somme de 5 000 euros pour n'avoir pas appliqué à ses demandes un traitement régulier et avoir organisé le parcours vers un poste adapté de façon à ce que ses demandes ne soient ni examinées ni satisfaites et, d'autre part, la somme de 10 000 euros pour ne pas avoir pris en compte son état de santé et avoir affecté ses conditions d'exercice et d'existence.

Par un courrier du greffe du 2 octobre 2024, Mme B a été invitée à régulariser ses conclusions indemnitaires en communiquant la décision prise par l'administration sur sa réclamation préalable ou, en l'absence d'une telle décision, la justification avec date certaine du dépôt de cette réclamation.

Par un mémoire enregistré le 2 octobre 2024 Mme B informe le tribunal qu'elle a saisi le 2 octobre 2024 le rectorat de l'académie de Dijon d'une réclamation indemnitaire et qu'elle sollicite l'organisation d'une médiation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. () ".".

Sur les conclusions à fin d'injonction :

2. En dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, le juge administratif ne peut adresser des injonctions à titre principal à l'administration.

3. Par sa requête, Mme B, professeure des écoles en poste à l'école élémentaire de Sépeaux Saint-Romain, demande au tribunal d'enjoindre au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale dans l'Yonne, d'une part, d'instruire immédiatement sa demande de poste adapté selon les critères et la procédure prévus et, d'autre part, de dispenser aux agents une information suffisante compatible avec les dispositions réglementaires concernant les postes adaptés. De telles conclusions d'injonction formées à titre principal sont manifestement irrecevables.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Il résulte des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 612-1 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant saisit le juge administratif avant que l'administration ne se soit prononcée sur sa demande, ses conclusions, dirigées contre une décision qui n'est pas encore née, sont irrecevables. Si cette irrecevabilité peut être couverte, en cours d'instance, par l'intervention d'une décision expresse ou implicite, il est loisible au juge, tant qu'aucune décision n'a été prise par l'administration, de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi. Une telle irrecevabilité étant manifeste et le juge ne pouvant inviter le requérant à la régulariser, puisqu'une telle régularisation ne peut résulter que de l'intervention ultérieure d'une décision expresse ou implicite, les conclusions qui en sont entachées peuvent être rejetées par ordonnance sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. En l'espèce si la requérante fait valoir, sans du reste en justifier en versant à l'instance une preuve d'envoi ou de dépôt de son courrier, qu'elle a adressé le 2 octobre 2024 au recteur de l'académie de Dijon une réclamation tendant au versement d'une somme de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis dans le cadre de l'examen de sa demande d'affectation sur un poste adapté, il est constant qu'il n'existe, au jour de la présente ordonnance, aucune décision de l'administration lui refusant l'indemnité sollicitée qu'elle serait recevable à déférer au tribunal. Il s'ensuit que ses conclusions indemnitaires sont manifestement irrecevables.

Sur l'organisation d'une médiation :

6. Aux termes de l'article L. 213-7 du code de justice administrative : " Lorsqu'un tribunal administratif () est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, (), ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci ". Mme B demande au tribunal d'organiser une médiation avec le rectorat de l'académie de Dijon. Toutefois, la mise en œuvre d'une médiation telle que mentionnée à l'article L. 213-7 du code de justice administrative est un pouvoir propre du juge. Dans le cas d'espèce et compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, il n'y a pas lieu d'ordonner une médiation.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête présentée par Mme B est manifestement irrecevable et peut dès lors être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Dijon, le 10 octobre 2024.

Le président,

O. Rousset

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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