jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403403 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, M. A C représenté par Me Moundounga, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision " 48SI " du 11 mai 2024 du ministre de l'intérieur et des outre-mer portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui restituer son permis de conduire ou à défaut de lui fournir un document officiel lui permettant de conduire tout véhicule à moteur de catégorie B dans l'attente de la restitution de son permis de conduire avec l'ensemble des points afférents.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision litigieuse préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation en ce qu'elle l'expose à perdre son emploi et qu'elle le contraint à recourir à sa mère ou à ses collègues pour se rendre à son travail ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est également satisfaite, dès lors qu'une erreur administrative ayant conduit à lui retirer deux fois quatre points à la suite de l'unique infraction commise le 14 mai 2020 à Saint-Loup-de-Varennes est établie ainsi que l'ont reconnu plusieurs autorités administratives et judiciaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction.
Il fait valoir que les mentions relatives à l'infraction commise le 14 mai 2020 à 12h05 ont été supprimées, que la décision " 48SI " en litige est réputée avoir été retirée, que le solde du permis de conduire de M. C affecté de huit points est positif et que son permis de conduire est valide.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties, le 14 octobre 2024, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 16 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a fait l'objet d'une décision " 48SI " datée du 11 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son titre de conduite pour défaut de points. M. C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision et d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui restituer son permis de conduire.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ".
3. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un évènement rendant sans objet la requête. S'agissant d'une requête présentée au juge des référés du tribunal administratif, son président ainsi que les magistrats qu'il désigne à cet effet, peuvent alors, par ordonnance prise sur le fondement du 3° de l'article R. 222-1 et sans tenir d'audience, constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête.
4. Il ressort du relevé d'information intégral de M. C produit par le ministre de l'intérieur à l'appui de son mémoire en défense, que les mentions relatives à l'infraction commise le 14 mai 2020 à 12h05 ont été supprimées et que le permis de conduire de l'intéressé qui présente désormais un solde positif de huit points est valide. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision " 48 SI " du 11 mai 2024 en litige. Par suite, les conclusions à fin de suspension, et par voie de conséquence à fin d'injonction, présentées par M. C ont perdu leur objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. C.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.
Fait à Dijon, le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
O. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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