LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403413

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403413

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403413
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBEN HADJ YOUNES SANA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 30 septembre 2024 enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Besançon a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. B.

Par cette requête, enregistrée le 19 août 2024 au tribunal administratif de Besançon, M. A B, représenté par Me Ben Hadj Younes, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° DCL-BMI-2024 non daté, notifié par voie administrative le 19 juillet 2024, par lequel le préfet du Jura l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, lui donnant acte de ce qu'il renonce en ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- elles méconnaissent le principe général du droit à être entendu ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de retour :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2024, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Nicolet a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue en l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant turc né le 10 novembre 1994, est entré irrégulièrement en France le 20 avril 2022. Il a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui a rejeté sa demande par deux fois, le 23 septembre 2022 et le 30 janvier 2023, confirmé par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 18 septembre 2023. Par un arrêté du 28 novembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or lui a refusé le séjour au titre de l'asile et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un arrêté du 10 juin 2024, la préfète de l'Ain lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Par un arrêté n° DCL-BMI-2024 non daté et notifié par voie administrative le 19 juillet 2024, dont il est demandé l'annulation, le préfet du Jura lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a notamment été entendu dans le cadre de son audition menée par les services de police de Dôle le 19 juillet 2024 à 13 heures. L'intéressé a ainsi été mis à même de faire valoir tout élément utile tenant à sa situation personnelle et n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait, par la suite, été empêché d'apporter d'autres observations. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que son droit à être entendu préalablement à l'édiction de l'arrêté litigieux aurait été méconnu.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit ".

5. La décision attaquée mentionne que M. B est démuni de documents de séjour, qu'il est destinataire d'une première obligation de quitter le territoire français en date du 28 novembre 2022 adressée à la suite du rejet de sa demande d'asile et qu'il se maintient sur le territoire français irrégulièrement en y travaillant sans autorisation depuis le 20 avril 2022. Elle indique également que son épouse réside dans son pays d'origine et que la cellule familiale pourrait se reconstituer en Turquie. La seule circonstance que le requérant occupe un emploi, qui n'est pas de nature à lui ouvrir un droit au séjour en France, n'est de nature à caractériser ni un défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé, ni une méconnaissance de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

6. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant refus de délai de départ volontaire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (). ".

8. En premier lieu, la décision contestée mentionne les dispositions de l'article L. 612-6 et de L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose de manière suffisante les motifs de fait sur lesquels elle se fonde et atteste de la prise en compte par le préfet du Jura de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

9. En second lieu, le requérant, qui est présent sur le territoire français depuis un peu plus de deux ans à la date de la décision attaquée et ne justifie pas disposer de liens stables, intenses et anciens sur ce même territoire, n'allègue pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour et ne fait état d'aucune insertion significative sur le territoire français. Dans ces conditions, et alors qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en 2022 ainsi que d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois le 10 juin 2024, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans à l'encontre du requérant, le préfet aurait commis une erreur d'appréciation.

10. Enfin, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et portant refus de délai de départ volontaire n'étant pas entachées d'illégalité, les moyens invoqués, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, tirés de l'illégalité de ces décisions, doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et portant refus de délai de départ volontaire n'étant pas entachées d'illégalité, les moyens invoqués, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tirés de l'illégalité de ces décisions, doivent être écartés.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ben Hadj Younes et au préfet du Jura.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Nicolet, président,

- Mme Hascoët, première conseillère,

- M. Chérief, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

Le Président-rapporteur,

P. Nicolet

L'assesseure la plus ancienne,

P. Hascoët La greffière,

L.Curot

La République mande et ordonne au préfet du Jura en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

lc

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions