jeudi 3 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BREY CÉLINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 octobre et 6 décembre 2024, Mme B G épouse C et M. F C, agissant en leur nom personnel et en qualité de représentants légaux A C, représentés par Me Brey, demandent au tribunal, dans le dernier de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a refusé de leur délivrer un document de circulation pour étranger mineur au profit A C ainsi que la décision rejetant implicitement leur recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision du 1er octobre 2024 par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a expressément refusé de leur délivrer un document de circulation pour étranger mineur au profit A C ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de leur délivrer un document de circulation pour étranger mineur au profit A C dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, en cas de rejet de leur demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme C soutiennent que :
- la décision du 1er octobre 2024 est entachée d'un vice d'incompétence ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de leur situation personnelle ;
- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête été communiquée au préfet de la Côte-d'Or qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et départements ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bois,
- et les observations de Me Brey, représentant M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsqu'un requérant conteste, dans le délai de recours contentieux, une décision implicite et qu'une décision expresse de rejet intervient postérieurement, ses conclusions à fin d'annulation doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision qui s'est substituée à la première décision implicite.
2. Mme C, de nationalité française, et son époux, M. C, ressortissant algérien, ont adopté par kafala judiciaire la jeune A, née en 2022 en Algérie. M. C est entré sur le territoire français régulièrement en janvier 2023 avec un visa de long séjour avec A, cette dernière détenant également un visa. M. C est depuis titulaire d'un certificat de résidence algérien valable du 28 mai 2024 au 27 mai 2034. Mme et M. C ont présenté, le 9 mars 2023, une demande de circulation pour étranger mineur au profit de leur fille. Le préfet de la Côte-d'Or a, d'abord implicitement puis, expressément, le 1er octobre 2024, rejeté leur demande. Compte tenu de ce qui a été dit au point 1, Mme et M. C doivent être regardés comme demandant l'annulation de cette décision du 1er octobre 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Par un arrêté du 18 janvier 2024, publié le 22 janvier 2024 au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. E, alors préfet de la Côte-d'Or, a délégué sa signature à M. Mougenot, secrétaire général de la préfecture et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les documents de circulation des étrangers mineurs.
4. Par un arrêté du 21 septembre 2024, publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2024, M. E a été nommé directeur de cabinet du ministre de l'intérieur. Par un décret du 1er octobre 2024, il a été mis fin à sa demande aux fonctions de préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté exercées par M. E à compter du 21 septembre 2024.
5. Par un arrêté du 2 octobre 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture et portant délégation de signature durant l'intérim des fonctions de préfet de la Côte-d'Or exercé par M. Mougenot, secrétaire général de la préfecture, " à compter de date d'effet de la cessation des fonctions " de M. E, le 21 septembre 2024, M. Mougenot a notamment délégué sa signature, en cas d'absence ou d'empêchement de sa part, à Mme Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer, à compter du 21 septembre 2024,tous les documents visés à l'article 2 de l'arrêté du 18 janvier 2024.
6. Tout d'abord, l'arrêté du 18 janvier 2024 analysé au point 3 est devenu caduc le 21 septembre 2024. Ensuite, en application de l'article 45 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 en vertu duquel " () En cas de vacance momentanée du poste de préfet, l'intérim est assuré par le secrétaire général de la préfecture ", M. Mougenot, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or régulièrement nommé par un décret du 3 janvier 2024, assurait depuis le 21 septembre 2024 l'intérim du préfet et était ainsi habilité, par ses fonctions, à signer toutes les décisions prises par un préfet et, notamment, les décisions relatives au refus de séjour et à l'éloignement d'un étranger. Enfin, si M. Mougenot, pendant la période d'intérim, a régulièrement pu déléguer sa signature à des agents placés sous son autorité, une telle délégation n'a pu toutefois légalement prendre effet qu'à compter de la date à laquelle elle a été publiée et était ainsi opposable aux tiers.
7. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 6 que, le 1er octobre 2024, Mme Ghayou ne pouvait légalement signer la décision attaquée ni par délégation de M. E -laquelle est devenue caduque le 21 septembre 2024- ni par délégation de M. Mougenot -qui n'était opposable qu'à compter du 2 octobre 2024-. Les requérants sont dès lors fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme et M. C sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Si, compte tenu du motif retenu au point 7 pour annuler la décision attaquée, l'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement que le préfet de la Côte-d'Or délivre aux requérants un document de circulation pour étranger mineur au profit de la jeune A, elle implique en revanche nécessairement qu'il procède au réexamen de la situation personnelle des intéressés. Il y a dès lors lieu d'ordonner au préfet de la Côte-d'Or de procéder au réexamen de la demande de Mme et M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Toutefois, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement au profit du conseil des requérants de la somme demandée à ce titre.
DECIDE :
Article 1er : La décision du préfet de la Côte-d'Or du 1er octobre 2024 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Côte-d'Or de procéder au réexamen de la demande de document de circulation pour étranger mineur présentée par Mme et M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par Mme C et M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B G épouse C et M. F C, au préfet de la Côte d'Or et à Me Brey.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2025 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2025.
La rapporteure,
C. BoisLe président,
L. BoissyLa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
No 2403440
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026