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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403481

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403481

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403481
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU REFERE ETRANGERS 15 JOURS
Avocat requérantSI HASSEN MYRIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 27 septembre 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif de Dijon la requête, enregistrée le 20 juillet 2024, présentée par M. H E.

Par cette requête, enregistrée au tribunal administratif de Dijon le 9 octobre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 23 octobre 2024, M. E, représenté par Me Grenier, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions contestées sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

- la circonstance que l'agent qui a consulté le fichier des empreintes digitales n'était pas habilité à le faire entache d'illégalité la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français est entachée dans son principe et sa durée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. E la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Des pièces complémentaires enregistrées les 18 et 23 octobre 2024 ont été produites par le préfet de la Côte-d'Or.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. D a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Grenier, pour le compte du requérant qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête ; elle soutient en outre que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors que M. E est père d'un enfant français et que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée ;

- les observations de Mme C représentant le préfet de la Côte-d'Or qui persiste par les mêmes moyens dans ses conclusions tendant au rejet de la requête ;

- M. E était présent et assisté de Mme F interprète en langue arabe.

Des pièces complémentaires, communiquées au préfet de la Côte-d'Or, ont été déposées à l'audience pour M. E.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien né en 1996, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, par un arrêté du 18 janvier 2024 publié le 22 janvier 2024 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation de signature à M. Johann Mougenot, secrétaire général de la préfecture et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme A B, sous-préfète, secrétaire générale adjointe de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. G n'aurait pas été absent ou empêché le 19 juillet 2024. Par suite, le moyen tiré de ce que la signataire de l'arrêté en litige n'était pas compétente à cet effet, qui manque en fait, doit, pour ce motif, être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles pertinents du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 1° de son article L. 611-1. Le préfet a également précisé l'état civil du requérant, sa situation personnelle et familiale, les modalités de son entrée et les conditions de son séjour sur le territoire français et les faits justifiant qu'il représente une menace pour l'ordre public. Il s'ensuit que l'arrêté contesté énonce de manière suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui le fondent pour mettre M. E en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, la circonstance que l'arrêté attaqué aurait été notifié à M. E dans une langue qu'il ne comprend pas, est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu , aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

7. M. E ne conteste pas être entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y être maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il entre dès lors dans les prévisions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et pouvait légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Si le préfet de la Côte-d'Or a par ailleurs estimé que son comportement représente une menace pour l'ordre public, un tel motif est surabondant dès lors que la mesure d'éloignement n'est pas fondée sur le 5° de l'article L. 611-1 précité, lequel permet d'éloigner un étranger dont le comportement constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi, à supposer même que l'appréciation à laquelle s'est livrée le préfet sur ce point soit erronée, une telle erreur d'appréciation demeurerait sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté. Il en va de même, a fortiori, s'agissant du moyen tiré de l'absence d'habilitation de l'agent ayant consulté le fichier automatisé des empreintes digitales, lequel se rapporte à un moyen surabondant et étant, comme tel, dépourvu de portée utile.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

9. M. E soutient que le préfet de la Côte-d'Or a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, il est constant que le requérant, qui déclare être entré en France en 2021, ne séjourne sur le territoire que depuis moins de quatre ans et toujours en situation irrégulière. En outre le requérant, qui a sollicité l'assistance d'un interprète à l'audience, ne soutient pas maitriser la langue française. Par ailleurs, il n'établit pas l'existence d'une communauté de vie ancienne avec la ressortissante française avec laquelle il cohabite. A cet égard, la circonstance que sa compagne était, à la date de la décision attaquée, enceinte de ses œuvres ne lui confère aucun droit au séjour. De même, la circonstance que, postérieurement à l'édiction de l'arrêté en litige, l'intéressé ait reconnu, l'enfant à naitre puis sollicité un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français est sans incidence sur sa légalité. Enfin, M. E qui ne justifie ni de conditions d'existence pérennes ni d'une insertion professionnelle significative en France, n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie où résident ses parents et sa fratrie et où il a lui même vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Dans ces conditions, la décision en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale. Par suite le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.

10. En dernier lieu, M. E ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant pour l'enfant qui n'était pas né à la date de la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

12. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Selon l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

13. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. E, le préfet de la Côte-d'Or s'est fondé sur la circonstance que son comportement représente une menace à l'ordre public et qu'il existe un risque de fuite, dans la mesure où il est entré irrégulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et qu'il a déclaré lors de son audition par les services de police ne pas vouloir regagner l'Algérie. Il n'est pas contesté que le requérant est entré irrégulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet de la Côte-d'Or n'a dès lors pas commis d'erreur d'appréciation en estimant qu'il existait un risque que le requérant se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Par suite, et nonobstant la circonstance alléguée selon laquelle il ne représenterait pas un trouble pour l'ordre public, le préfet de la Côte-d'Or pouvait, pour ce seul motif, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire en se fondant sur le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. L'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.

15. Le moyen tiré de ce que le préfet de la Côte-d'Or aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en fixant l'Algérie comme pays à destination duquel M. E pourrait être renvoyé, n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien fondé.

En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

17. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour fixer la durée de l'interdiction de retour prononcée à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

18. En l'espèce, le requérant justifie de l'existence d'une communauté de vie récente mais réelle avec une ressortissante française. Il établit également que sa compagne était enceinte à la date de la décision attaquée et que depuis elle a donné naissance à leur enfant. Par ailleurs, si le préfet fait valoir qu'il ressort du fichier automatisé des empreintes digitales et de son interpellation le 18 juillet 2024 que l'intéressé est défavorablement connu des forces de police, M. E conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés et n'a jamais été condamné pénalement. Enfin, il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, M. E est fondé à soutenir que la durée de cinq ans de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre est disproportionnée.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. E est seulement fondé à demander l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français contenue dans l'arrêté du 19 juillet 2024.

Sur les frais liés au litige :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. E et par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. E contenue dans l'arrêté du 19 juillet 2024, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. H E et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

O. DLa greffière,

L. Lelong

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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