mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403516 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2410541 du 10 octobre 2024, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Dijon la requête de Mme B A enregistrée au greffe de cette juridiction le 24 août 2024.
Par cette requête, désormais enregistrée au greffe du tribunal administratif de Dijon le 14 octobre 2024 et un mémoire enregistré le 8 novembre 2024, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision " 48 " du 23 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a retiré trois points de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 18 juin 2023 et de condamner l'Etat à lui rembourser l'amende forfaitaire qu'elle a acquittée au titre de cette infraction.
Elle soutient que l'infraction du 18 juin 2023 ne lui est pas imputable dès lors qu'elle a été constatée postérieurement à la cession de son véhicule.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conclusions tendant au remboursement de l'amende sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre et que le moyen tiré de ce que la requérante ne serait pas l'auteur de l'infraction est inopérant pour contester la décision de retrait de points.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () 7° Rejeter, après expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
Sur les conclusions à fin de remboursement de l'amende consécutive à l'infraction commise le 18 juin 2023 :
2. Les contraventions de police infligée pour une infraction au code de la route ont, en vertu de l'article L. 121-5 du code de la route et des articles 521 et suivants du code de procédure pénale, un caractère pénal. Dès lors les conclusions formées par Mme A, tendant au remboursement de l'amende consécutive à l'infraction commise le 18 juin 2023, ne relève manifestement pas de la juridiction administrative mais de celle de l'autorité judiciaire, et doivent être, par application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 18 juin 2023 (3 points) :
3. En soutenant qu'elle n'est pas l'auteur de l'infraction commise le 18 juin 2023, Mme A conteste l'imputabilité et la matérialité de cette infraction. Or, un tel moyen est inopérant pour contester devant le juge administratif la légalité d'une décision portant retrait de points d'un permis de conduire, dès lors que l'appréciation, tant de l'imputabilité à un conducteur d'une infraction au code de la route, que de la matérialité de cette même infraction entraînant le retrait de points, relève de la seule compétence du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit, par application des dispositions précitées du 2° et du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.
O R D O N N E:
Article 1er : Les conclusions à fin de remboursement de l'amende consécutive à l'infraction commise le 18 juin 2023 sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Fait à Dijon, le 4 décembre 2024.
Le président,
O. Rousset
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026