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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403634

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403634

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403634
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du sous-préfet de Chalon-sur-Saône suspendant le permis de conduire de M. B pour six mois suite à une conduite sous stupéfiants. Le requérant contestait la réalité de l'infraction en produisant un bilan sanguin négatif au THC, mais le juge a estimé que ce prélèvement, effectué plus de trois jours après les faits, ne remettait pas en cause le test salivaire initial. Ce moyen n'étant pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la condition de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie. La requête a donc été rejetée sans audience, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, M. A B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 18 septembre 2024, par lequel le sous-préfet de Chalon-sur-Saône a suspendu la durée de validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il soutient que :

- les résultats du test salivaire effectué par la gendarmerie sont erronés, dès lors qu'il n'a pas consommé de cannabis, comme en atteste l'analyse du prélèvement sanguin effectué en laboratoire, mais seulement une tisane de cannabidiol (CBD) ;

- l'arrêté attaqué lui cause un grave préjudice professionnel, alors que son emploi nécessite une mobilité constante et qu'il est sur le point de conclure un contrat à durée indéterminée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond n° 2403623, enregistrée le 24 octobre 2024.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 18 septembre 2024, par lequel le sous-préfet de Chalon-sur-Saône a suspendu la durée de validité de son permis de conduire pour une durée de six mois en conséquence d'une infraction relevée à son encontre quatre jours plus tôt et consistant à avoir pris le volant après consommation de substances stupéfiantes.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du même code dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. M. B conteste la réalité de l'infraction relevée contre lui le 14 septembre 2024 en soutenant qu'il ne consomme pas de cannabis mais seulement du cannabidiol (CBD) sous forme de tisane, et produit un bilan sanguin négatif au tétrahydrocannabinol (THC), composant psychoactif du cannabis, qui établirait, selon lui, le caractère erroné des résultats du test salivaire effectué par les services de la gendarmerie nationale lors de son interpellation. Toutefois, ce document, qui mentionne d'ailleurs lui-même expressément que le métabolite du THC recherché n'est détectable que durant 72 heures pour un consommateur occasionnel de cannabis, retrace les résultats d'une analyse faite à partir d'un prélèvement sanguin opéré le 18 septembre 2024, soit plus de trois jours après l'infraction. Dès lors, cet unique moyen de la requête n'est manifestement pas de nature, en l'état de l'instruction, à susciter un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de de M. B doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de Saône-et-Loire.

Fait à Dijon le 28 octobre 2024.

Le président du tribunal, juge des référés,

David Zupan

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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