lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403698 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, Mme A B conteste, d'une part, des décisions du président du conseil départemental de Saône-et-Loire lui refusant la délivrance de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " ou " priorité " et de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", d'autre part, une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de Saône-et-Loire lui refusant l'allocation aux personnes handicapées.
Par lettre du 4 novembre 2024, Mme B a été invitée à régulariser sa requête par la production de la décision attaquée concernant la carte mobilité inclusion mention " stationnement ".
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
1. Mme B conteste les décisions lui refusant la délivrance de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " ou " priorité " et de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", d'autre part, une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de Saône-et-Loire lui refusant l'allocation aux personnes handicapées.
Sur le refus d'allocation aux adultes handicapés et le refus de carte mobilité inclusion mention " invalidité " ou " priorité " :
2. Aux termes de l'article 32 du décret du 27 février 2015 : " () lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. () ".
3. D'une part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ". L'article L. 821-5 du même code prévoit que : " L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. () Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux de la sécurité sociale ". L'article L. 142-8 du même code prévoit que : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L.142-1 ".
4. D'autre part, selon l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental sur avis de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées et peut porter la mention " invalidité ", la mention " priorité " ou la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Aux termes du V bis de même article : " Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention " invalidité " ou " priorité " ".
5. Il résulte de ces dispositions que les juridictions de l'ordre judiciaire sont seules compétentes pour connaître des recours dirigés contre les décisions de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées relatives à l'attribution de l'allocation aux adultes handicapés et contre les décisions de l'autorité départementale relatives à la délivrance de la carte mobilité inclusion mention " invalidité " ou " priorité ". Les conclusions de la requête de
Mme B dirigées contre les décisions lui refusant cette allocation et cette carte doivent en conséquence être transmises au tribunal judiciaire de Mâcon (pôle social).
Sur le refus de carte mobilité inclusion mention " stationnement " :
6. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". L'article R. 612-1 du même code dispose : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () / La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
7. Selon l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ".
8. Mme B n'ayant pas joint à sa requête la décision qu'elle entend contester, portant refus de la délivrance de la carte " mobilité inclusion " mention " stationnement pour personnes handicapées ", le greffe du tribunal l'a invitée, par lettre recommandée du 4 novembre 2024 à les produire afin de régulariser son recours. Cette lettre a été retournée au tribunal avec la mention " pli avisé non réclamé ". Mme B n'a ainsi, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, cela à peine d'irrecevabilité, ni produit l'acte attaqué ni argué d'une quelconque impossibilité de le verser au dossier. Sa requête est donc manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B relatives à l'allocation adultes handicapés et à la carte mobilité inclusion mention " invalidité " ou " priorité " sont transmises, avec le dossier, au tribunal judiciaire de Mâcon.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête, relatif à la carte " mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la présidente du tribunal judiciaire de Mâcon.
Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de Saône-et-Loire.
Fait à Dijon, le 9 décembre 2024.
Le président,
David Zupan
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026