lundi 25 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403770 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU REFERE ETRANGERS 15 JOURS |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 18 novembre 2024, M. B E, représenté par Me Clemang, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence dans le département de la Côte-d'Or, sur la commune de Beaune, pour une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient que :
S'agissant du moyen commun aux deux arrêtés attaqués :
- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ; l'arrêté produit par le préfet n'a pas été publié régulièrement avant la décision attaquée et il est n'est pas signé ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ; l'existence d'une prétendue menace à l'ordre public n'a pas été retenue par l'administration au moment de l'édiction de l'arrêté en litige et il bénéficie de la présomption d'innocence ; la simple possession d'un titre de séjour contrefait ne constitue pas une menace à l'ordre public et il n'a utilisé ce document que pour travailler et subvenir à ses besoins ;
S'agissant de la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ; sa relation avec Mme A est antérieure à la décision attaquée ;
- il ne pourra pas être éloigné à destination de l'Algérie, dès lors que cet Etat ne délivre pas de laissez-passer consulaire ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation et d'une erreur matérielle ; l'existence d'une prétendue menace à l'ordre public n'a pas été retenue par l'administration au moment de l'édiction de l'arrêté en litige et il bénéficie de la présomption d'innocence ; la simple possession d'un titre de séjour contrefait ne constitue pas une menace à l'ordre public et il n'a utilisé ce document que pour travailler et subvenir à ses besoins ;
- il justifie de circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale ;
S'agissant de l'assignation à résidence :
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir, dès lors qu'il n'existe strictement aucune perspective raisonnable d'éloignement ; il respecte les modalités de contrôle fixées par l'arrêté attaqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête ou, en cas d'annulation des décisions attaquées, à ce que la somme demandée au titre des frais irrépétibles soit ramenée à de plus justes proportions, et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a lieu, concernant la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, de substituer le motif tiré de ce que la présence de M. E en France constitue une menace à l'ordre public à celui tiré de ce que sa présence sur le territoire national ne constitue pas une telle menace ;
- les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cherief, conseiller, par une décision du 28 août 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 19 novembre 2024 à 10 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue en présence de Mme Roulleau, greffière d'audience :
- le rapport de M. Hamza Cherief,
- les observations de Me Grenier, substituant Me Clemang, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 08 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né en 1995, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2018. Il a été découvert en situation irrégulière, le 4 novembre 2024, dans le cadre d'une enquête pour des faits, commis sur la période du 10 août 2022 au 4 novembre 2024, d'obtention frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation, de détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs, et d'usage de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation. Il a fait l'objet, le même jour, d'un placement en garde à vue. A l'issue de son audition par les services de la communauté de brigade de Beaune, le préfet de la Côte-d'Or a, par un arrêté du 5 novembre 2024, obligé M. E à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, modifié, en ce qui concerne le lieu de pointage, par un arrêté du 7 novembre 2024, le préfet a également assigné M. E à résidence dans le département de la Côte-d'Or, sur la commune de Beaune, pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. E demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux deux arrêtés :
2. Par un arrêté du 28 octobre 2024 référencé 21-2024-10-28-00004, régulièrement publié le jour suivant au recueil des actes administratifs spécial n° 21-2024-151 de la préfecture de la Côte-d'Or, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme C D, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, secrétaire générale par intérim de la préfecture de la Côte-d'Or, signataire des arrêtés en litige, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de la Côte-d'Or, ainsi que tous recours juridictionnels, mémoires et documents se rapportant à la saisine des juridictions judiciaires en matière de rétention administrative, à l'exception des déclinatoires de compétences et arrêtés de conflit. Si le requérant soutient que cet arrêté de délégation n'est pas signé, l'extrait produit en défense comporte la mention " signé " à côté des prénom et nom du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, préfet de la Côte-d'Or. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués, de ce que l'arrêté du 28 octobre 2024 a été publié postérieurement l'intervention de ces arrêtés et n'est pas signé doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
4. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 5 novembre 2024 en litige que, pour obliger M. E à quitter le territoire français, le préfet s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé est entré irrégulièrement sur le territoire français en 2018 et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 18 octobre 2020 par le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se maintenant ainsi irrégulièrement sur le territoire national sans être, par conséquent, titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Cette seule circonstance était de nature à justifier que soit prononcée à l'encontre du requérant une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la circonstance que le préfet aurait considéré, par ailleurs, qu'il était célibataire et ne justifiait d'aucune attache sur le territoire national alors qu'il entretiendrait une relation avec une ressortissante française est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. En tout état de cause, et contrairement à ce qu'il fait valoir dans ses écritures, M. E a déclaré lors de son audition, le 17 octobre 2020, par les services de gendarmerie de Villefranche-Sur-Saône et, le 4 novembre 2024, par la communauté de brigade de Beaune être célibataire et sans enfants. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E est entré, selon ses déclarations, irrégulièrement sur le territoire français en 2018 sans chercher à régulariser sa situation et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre, le 18 octobre 2020, par le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se maintenant, par conséquent, irrégulièrement sur le territoire national. Si M. E se prévaut de la relation qu'il entretiendrait avec une ressortissante française, il ne produit à l'appui de sa requête aucune pièce de nature à établir la réalité de cette relation, ni son ancienneté et sa pérennité, alors qu'il est constant que l'intéressé et sa compagne ne partagent pas de vie commune. L'intéressé n'établit pas davantage la réalité et l'intensité des rapports qu'il allègue entretenir avec les deux enfants de sa compagne, ni au demeurant qu'il participerait effectivement à leur éducation et à leur entretien. Par ailleurs, M. E ne justifie pas d'une insertion professionnelle particulière en France par la seule production d'une attestation de la société General Logistic Systems France, laquelle n'indique au demeurant pas la nature des fonctions occupées par l'intéressé. Enfin, il est constant que le requérant a été placé en garde à vue pour des faits, commis sur la période du 10 août 2022 au 4 novembre 2024, d'obtention frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation, de détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs, et d'usage de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation, faits dont il ne conteste pas la matérialité et pour lesquels il a fait l'objet, le même jour, d'un placement en garde à vue. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, la décision attaquée ne porte pas une atteinte au droit de M. E à une vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle de ce qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation doivent être écartés.
6. En troisième lieu, la décision attaquée n'est pas fondée sur la menace à l'ordre public que représenterait la présence en France de M. E, ce motif étant uniquement développé, comme le souligne d'ailleurs l'intéressé, par le préfet de la Côte-d'Or dans son argumentation en défense. Dès lors, M. E ne peut utilement faire valoir qu'il bénéficie de la présomption d'innocence et que la simple possession d'un titre de séjour contrefait, qu'il n'a utilisé que pour travailler et subvenir à ses besoins, ne constitue pas une menace à l'ordre public. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne de la décision refusant un délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour refuser un délai de départ volontaire à M. E, le préfet de la Côte-d'Or s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé a déclaré, lors de son audition par les gendarmes de la communauté de brigade de Beaune, le 4 novembre 2024, qu'il ne souhaitait pas regagner l'Algérie, son pays d'origine, et qu'il souhaitait résider définitivement en France, le risque de fuite étant, par conséquent avéré. Dès lors, la circonstance que le préfet aurait considéré qu'il était célibataire et ne justifiait d'aucune attache sur le territoire national alors qu'il entretiendrait une relation avec une ressortissante française est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. En tout état de cause, et contrairement à ce qu'il fait valoir dans ses écritures, M. E a déclaré lors de son audition, le 17 octobre 2020, par les services de gendarmerie de Villefranche-sur-Saône et, le 4 novembre 2024, par la communauté de brigade de Beaune être célibataire et sans enfants. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle doit être écarté.
8. En deuxième lieu, pour des motifs identiques à ceux exposés au point 5 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation doivent être écartés.
9. En troisième lieu, la décision attaquée n'ayant pas pour effet d'éloigner le requérant à destination de son pays d'origine et étant fondée, par ailleurs, ainsi que cela a été dit au point 7 du présent jugement, sur la circonstance qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, M. E ne peut utilement faire valoir, sans d'ailleurs l'établir par aucune pièce du dossier, qu'il ne pourra pas être éloigné à destination de l'Algérie, dès lors que cet Etat ne délivre pas de laissez-passer consulaire. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
10. En premier lieu, M. E fait valoir que la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle, dès lors que le préfet a considéré qu'il était célibataire et ne justifiait d'aucune attache sur le territoire national alors qu'il entretiendrait une relation avec une ressortissante française. Toutefois, et contrairement à ce qu'il fait valoir dans ses écritures, M. E a déclaré lors de son audition, le 17 octobre 2020, par les services de gendarmerie de Villefranche-sur-Saône et, le 4 novembre 2024, par la communauté de brigade de Beaune être célibataire et sans enfants. Par ailleurs, par la seule production de deux attestations rédigées par sa compagne et le père de sa compagne, l'intéressé n'établit ni la réalité de cette relation, ni son ancienneté et sa pérennité, alors qu'il est constant que le requérant et sa compagne résident à deux adresses différentes. Enfin, M. E n'établit pas la réalité ni l'intensité des rapports qu'il allègue entretenir avec les deux enfants de cette dernière. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle doit être écarté.
11. En deuxième lieu, pour des motifs identiques à ceux exposés au point 5 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ".
13. En se bornant à faire valoir qu'il pourrait revenir en France sous couvert d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français afin de mener une vie privée et familiale normale, M. E, qui n'établit ni la réalité ni l'ancienneté et la pérennité de sa relation avec une ressortissante française, ne justifie d'aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que sa compagne serait de nouveau enceinte, ce moyen doit être écarté.
14. En quatrième lieu, dès lors que la décision attaquée précise que la présence de l'intéressé sur le territoire français ne constitue pas une menace pour l'ordre public, M. E ne peut utilement faire valoir qu'il bénéficie de la présomption d'innocence et que la simple possession d'un titre de séjour contrefait, qu'il n'a utilisé que pour travailler et subvenir à ses besoins, ne constitue pas une menace à l'ordre public. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la substitution de motif invoquée en défense par le préfet, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
16. En premier lieu, la décision attaquée indique que l'intéressé est démuni de tout document d'identité ou de voyage, qu'il est nécessaire d'obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire et de prévoir l'organisation matérielle de son départ. Si M. E soutient que l'Algérie ne délivre pas de laissez-passer consulaires, de sorte qu'il n'existerait pas de perspective raisonnable d'éloignement, cette allégation n'est étayée par aucun élément, de sorte que l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet demeure une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir, dès lors qu'il n'existe strictement aucune perspective raisonnable d'éloignement en raison de l'état des relations diplomatiques entre la France et l'Algérie, doit être écarté.
17. En second lieu, la circonstance qu'il respecte les modalités de contrôle fixées par l'arrêté attaqué est sans influence sur la légalité de ce dernier. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence dans le département de la Côte-d'Or, sur la commune de Beaune, pour une durée de quarante-cinq jours.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du préfet de la Côte-d'Or tendant au remboursement des frais exposés par lui et non compris dans les dépens, alors qu'au demeurant le préfet ne justifie pas avoir exposé des frais particuliers dans cette instance. Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, en tout état de cause, celles tendant à ce que, en cas d'annulation des décision attaquées, la somme demandée au titre des frais irrépétibles soit ramenée à de plus justes proportions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant à ce que, en cas d'annulation des décisions attaquées, la somme demandée au titre des frais irrépétibles soit ramenée à de plus justes proportions sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet de la Côte-d'Or.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
H. Cherief
La greffière,
A. Roulleau
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026