mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU REFERE ETRANGERS 15 JOURS |
| Avocat requérant | BIGARNET VALENTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2024, Mme D B, représentée par Me Bigarnet, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 30 octobre 2024 par lesquels le préfet du Doubs, d'une part, a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile, d'autre part, l'a assignée à résidence dans le département de la Côte-d'Or pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de la mettre à même de déposer sa demande d'asile en France et de la munir d'une attestation de demande d'asile, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de transfert méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, dès lors que, pour des raisons humanitaires, elle souhaite que sa demande d'asile soit examinée en France ;
- le transfert étant entaché d'illégalité, il en va de même, par voie de conséquence, de la mesure d'assignation à résidence.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2024 le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme B sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zupan,
- et les observations de Me Bigarnet, pour Mme B, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née en 1995 et de nationalité guinéenne, est entrée en France à une date indéterminée et a déposé le 10 octobre 2024 une demande d'asile à l'examen de laquelle il s'est avéré, après consultation du fichier " Eurodac ", qu'elle avait été identifiée en Espagne. Ce pays a dès lors été considéré comme responsable du traitement de la demande d'asile de Mme B, en application de l'article 13.1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dit " C A ". Par deux arrêtés du 30 octobre 2024, le préfet du Doubs a, d'une part, prescrit le transfert de Mme B aux autorités espagnoles et, d'autre part, l'a assignée à résidence dans le département de la Côte-d'Or. Mme B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Mme B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 novembre 2024 ; ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
4. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () / L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16 ".
5. Mme B se prévaut de motifs humanitaires qui, selon elle, auraient dû conduire le préfet du Doubs à estimer que sa demande d'asile devait être traitée en France, en application des dispositions dérogatoires citées au point précédent. Toutefois, elle n'indique en rien la nature et la consistance de ces motifs humanitaires, de sorte que ce moyen doit être écarté comme dépourvu de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
6. Compte tenu de ce qui vient d'être énoncé, d'où il résulte que l'arrêté de transfert, contesté par ce seul moyen, n'encourt pas l'annulation, Mme B excipe en vain de son illégalité à l'appui des conclusions qu'elle dirige par ailleurs contre l'arrêté d'assignation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés du préfet du Doubs du 30 octobre 2024 ni, par voie de conséquence, à solliciter qu'une injonction soit adressée, sous astreinte, à cette autorité.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme B ou à son avocat, par combinaison avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au préfet du Doubs, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Bigarnet.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
David Zupan
La greffière
Laurence LeloongLa République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026