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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403900

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403900

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403900
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU REFERE ETRANGERS 15 JOURS
Avocat requérantBIGARNET VALENTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 novembre 2024, Mme E A, représentée par Me Bigarnet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 13 novembre 2024 refusant de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ou, à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision après réexamen de sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, sa situation de vulnérabilité médicale n'ayant pas été prise en considération.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L.921-1 à L.922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 2 décembre 2024 à 9h30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marie-Eve Laurent,

- et les observations de Me Bigarnet, représentant Mme A, qui reprend les moyens et conclusions de la requête et de Mme A, qui indique être hébergée provisoirement chez un ami et avoir un rendez-vous médical en janvier.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E A demande l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 13 novembre 2024 refusant de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme E A.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes d'une décision du 2 juin 2023, régulièrement publiée sur le site internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le directeur général de l'Office a donné délégation à Mme D B, directrice territoriale à Dijon, à l'effet de signer, dans le cadre des instructions qui lui sont données et dans la limite de ses attributions, tous actes, décisions et correspondances se rapportant aux missions dévolues à la direction de Dijon, telles que définies par la décision du 15 mars 2023 portant organisation générale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Aux termes de l'article 11 de cette dernière décision, " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision du 31 octobre 2024 vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne qu'après examen de ses besoins et de sa situation familiale, la demande de Mme A est refusée au motif qu'elle a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Elle comporte ainsi les éléments de droit et fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.

6. En troisième lieu, ux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / ()3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ;()". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 531-41 de ce code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de Mme A a été définitivement rejetée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 février 2024, à la suite de laquelle elle a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Elle se trouvait ainsi dans une situation permettant à l'OFII de refuser les conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et de sa vulnérabilité. Si Mme A produit des certificats médicaux attestant qu'elle a subi par le passé des actes d'excision, et que des soins de reconstruction sont en cours, ces seuls éléments, ne suffisent pas à établir que Mme A se trouverait dans une situation de particulière vulnérabilité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation de la requérante au regard des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 13 novembre 2024, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme E A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme E A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Bigarnet.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le magistrate désignée,

M-E. C

La greffière

S. Kieffer

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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