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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403978

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403978

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403978
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU REFERE ETRANGERS 15 JOURS
Avocat requérantNOURANI LYLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Nourani, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

3°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence sur la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui-même s'il ne bénéficiait pas à titre définitif de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans qu'ait été respecté son droit à être entendu, garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'admission exceptionnelle au séjour prévue à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- cette décision est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans qu'ait été respecté son droit à être entendu, garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation, en l'absence de tout risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

- cette décision est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L.612-6 et L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- cette décision est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Des pièces nouvelles déposées pour M. A ont été enregistrées le 5 décembre 2024.

Par une décision du 9 décembre 2024, M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 décembre 2024 à 10 heures :

- le rapport de Mme D ;

- les observations de Me Nourani, représentant M. A, qui persiste par les mêmes moyens dans les conclusions de la requête.

Le préfet de la Côte-d'Or n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 27 juillet 2000, est entré irrégulièrement en France en 2021. Par un arrêté du 8 septembre 2022, le préfet de la Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Il l'a également assigné à résidence pour une durée de six mois. M. A s'est soustrait à l'exécution de ces décisions. Le 19 novembre 2024, l'intéressé a été découvert en situation irrégulière par les services de la police aux frontières de la Côte-d'Or et a été placé en garde à vue. Par un arrêté du 19 novembre 2024, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé la Tunisie comme pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence sur le territoire communal de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Par décision du 9 décembre 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, par un arrêté du 28 octobre 2024, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, et aisément consultable en ligne, le préfet de la Côte-d'Or a délégué sa signature à Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale par interim de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme B n'était pas compétente pour signer les décisions attaquées, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En second lieu, les décisions en litige visent les textes dont elles font application, rappellent les décisions administratives dont l'intéressé a précédemment fait l'objet et relèvent qu'il se maintient irrégulièrement en France. Elles font état de sa situation familiale, ainsi que de des faits de " détention et usage de faux documents administratifs ". Les décisions attaquées détaillent les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prononcer, respectivement, une obligation de quitter le territoire français, le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour durant deux ans. S'agissant de la décision d'assignation à résidence, le préfet a rappelé la décision d'éloignement prise à l'encontre de M. A et indique qu'il ne peut être immédiatement éloigné mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Il a ainsi été satisfait à l'exigence de motivation, pour chacune des décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, M. A soutient que le préfet de la Côte-d'Or a méconnu les dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Si ces dispositions n'ont pas elles-mêmes vocation à s'appliquer à l'intéressé, dès lors qu'elles régissent seulement les relations entre les organes de l'Union et leurs interlocuteurs, et non pas entre les États membres et leurs administrés, le requérant peut en revanche utilement se prévaloir du droit d'être entendu préalablement à la prise d'une décision défavorable, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union.

6. En l'espèce, si M. A se prévaut de l'impossibilité de faire valoir des observations quant à sa situation, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, il a été invité à porter à la connaissance des services préfectoraux de la Côte-d'Or tout élément nouveau depuis la dernière mesure d'éloignement qui lui avait été notifiée le 8 septembre 2022 et, d'autre part, il a été informé des mesures susceptibles d'être prises à son encontre. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pu être entendu avant que ne soit prise une décision administrative défavorable ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort pas de l'arrêté en litige que la décision obligeant M. A à quitter le territoire français aurait été prise sans que le préfet de la Côte-d'Or ait procédé, au préalable, à l'examen de sa situation particulière. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

8. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui fixe les conditions de délivrance des titres de séjour qu'il mentionne, est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement contestée.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

10. M. A se prévaut de sa durée de présence en France depuis 2021 et de son insertion sur le territoire français. Toutefois, il est constant que sa durée de séjour en France est due à son maintien sur le territoire français en dépit d'une mesure d'éloignement qui lui a été notifiée en 2022 et à laquelle il s'est soustrait. L'intéressé, qui est célibataire, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans. Enfin, la circonstance qu'il ait été embauché comme serveur, cuisinier, puis boulanger entre novembre 2023 et novembre 2024 est, en tout état de cause, compte tenu de la brièveté de cette expérience, insuffisante pour démontrer qu'il serait inséré professionnellement. Compte tenu de la durée et des conditions de séjour de M. A en France, la décision en litige n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

12. En deuxième lieu, et pour des motifs identiques à ceux exposés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pu être entendu avant que ne soit prise une décision administrative défavorable ne peut qu'être écarté.

13. En troisième lieu, et pour des motifs identiques à ceux exposés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : " () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () ".

15. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. A, le préfet de la Côte-d'Or s'est fondé sur les 4°, 5° et 7° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la mesure où il n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement en date du 8 septembre 2022, qu'il a fait usage de faux documents d'identité et qu'il a déclaré, lors de son audition par les services de gendarmerie le 8 septembre 2022, qu'il souhaitait rester en France lorsqu'on lui a demandé s'il acceptait de regagner son pays d'origine. M. A, qui se borne à soutenir que le risque de fuite n'est pas caractérisé, ne critique pas sérieusement les motifs qui lui sont opposés, ni la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Dès lors, le préfet de la Côte-d'Or pouvait, pour ces seuls motifs, refuser, sur le fondement du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui accorder un délai de départ volontaire. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

17. En second lieu, et pour des motifs identiques à ceux exposés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, et pour des motifs identiques à ceux exposés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

20. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour fixer la durée de l'interdiction de retour prononcée à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

21. En l'espèce, le préfet de la Côte-d'Or a visé les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne dans son arrêté que M. A, entré en France irrégulièrement en 2021, s'y maintient depuis trois ans en dépit d'une mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2022, qu'il est célibataire, sans enfant et qu'il est dépourvu de toute attache familiale sur le territoire français. En outre, contrairement à ce que soutient M. A, le préfet de la Côte-d'Or a pu à bon droit estimer que la détention frauduleuse d'une carte nationale d'identité espagnole était de nature, compte tenu de l'usage qui peut être fait d'un tel document, à créer une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L.612-6 et L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

22. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui est dépourvu de toute argumentation distincte venant à son soutien, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

23. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision d'assignation à résidence.

24. En deuxième lieu, et pour des motifs identiques à ceux exposés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

25. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

26. M. A se trouve dans l'une des hypothèses permettant de prononcer à son encontre une mesure d'assignation à résidence en vue de l'exécution de la mesure d'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet. Il ressort des mentions de l'arrêté prononçant cette assignation que le départ de l'intéressé ne peut être envisagé de manière immédiate, mais demeure une perspective raisonnable. Par suite, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant la décision d'assignation contestée, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.

27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 19 novembre 2024 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

28. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Nourani.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.

La magistrate désignée,

V. DLa greffière,

S. Kieffer

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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